Rénovation des aires
de jeux :
analyser le problème avant d’agir !

Rénover un sol amortissant dégradé ou des équipements à bout de souffle à l’heure des baisses budgétaires n’est pas si simple : il s’agit de minimiser les dépenses, d’engager des travaux tout en respectant les normes de sécurité en vigueur, et de maintenir l’attractivité du site par des couleurs chatoyantes, des structures qui donnent ‘envie’… Doit-on faire appel à des prestataires ou faire confiance à la régie ? Dans tous les cas, comment s’y prendre ? Faut-il rénover l’intégralité de l’aire de jeux ? Eléments de réponses.

Les signes ne trompent pas : un sol amortissant fissuré, bullé, décollé en périphérie, sur lequel le gestionnaire de l’espace public ne sait plus s’il est jaune, rouge, vert ou cramoisi sans consulter les dossiers techniques, ou bien encore des structures aux couleurs délavées, dégradées de bas en haut… Il faut agir. Mais tout ne se répare pas avec un pinceau et un tube de colle ! Le problème est plus sérieux, il en va de la sécurité des plus jeunes, de la crédibilité du site aux yeux des citadins et, bien évidemment, des moyens financiers mis à disposition par la collectivité pour rénover les aires de jeux existantes. Cependant, il est possible de rénover une aire de jeux, du moins partiellement, avec un minimum de dépenses en suivant la règle suivante : analyser le problème avant d’agir ! Car dans certains cas de figure, rénover n’est pas toujours la meilleure option…

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En cas de dégradation du revêtement, les agents doivent découper toute l’épaisseur du sol, appliquer un primaire d’accroche et coulé un nouveau sol. Selon l’importance des dégâts, il est préférable de rénover l’ensemble du sol coulé.
En cas de dégradation du revêtement, les agents doivent découper toute l’épaisseur du sol, appliquer un primaire d’accroche et coulé un nouveau sol. Selon l’importance des dégâts, il est préférable de rénover l’ensemble du sol coulé.

En présence d’un sol amortissant dégradé

Premièrement, il faut savoir si la dégradation du sol amortissant constatée lors des contrôles annuels (et obligatoires !) engendre un problème de sécurité. C’est notamment le cas des zones de réception des toboggans, des balançoires…

  • Si le test HIC est négatif, indiquant une capacité amortissante insuffisante, la rénovation du sol s’impose. Et peu importe la cause (affaissement ou mauvaise épaisseur de mise en œuvre par l’installateur), l’intervention est urgente ; la responsabilité de la collectivité étant en jeu lors d’un éventuel accident. A ce stade, une solution est envisagée : les techniciens de la régie rajoutent une épaisseur de sol, appelée topping. Techniquement, l’agent en charge des aires de jeux, muni d’un cutter à lame fixe, découpe l’intégralité de la zone affaissée et d’épaisseur insuffisante. A sec, il applique une résine en polyuréthane au rouleau ou au pinceau pour accrocher le nouveau topping (par temps sec, sur un support propre). A noter : des kits de réparation, comme le propose la société Kompan, sont disponibles pour faciliter la tâche, notamment si la sous-couche doit aussi être rénovée. La mise en œuvre du topping est simple : il suffit de mélanger les granulats avec de la résine dans un seau (ou un malaxeur si les quantités sont plus importantes) et de couler le tout dans la zone préalablement découpée. « Attention à ne pas ensevelir les ressorts et systèmes rotatifs des équipements lors du talochage du topping, ce serait ajouter un problème au problème» interpelle Sylvain Hubert, président de la société Récré’Action.

Régie ou prestataire ? Au choix, bien que le prestataire soit à coup sûr la garantie d’un travail bien fait, surtout si l’intégralité du sol doit être refaite. En faisant appel à un prestataire, c’est aussi l’occasion pour le gestionnaire de multiplier les réparations dans toutes les aires de jeux de la ville ; en effet, il y a rarement qu’une seule zone dont l’épaisseur laisse à désirer. Cependant, les petits ‘bobos’ du sol souple peuvent être réparés efficacement par les agents, pour peu qu’ils connaissent les étapes de mise en œuvre d’un sol amortissant, étape par étape, en distinguant par ordre chronologique le support, la base (sous-couche) et la couche de finition (topping). Par exemple, il ne faut pas découper le sol amortissant jusqu’au support si le topping est seulement endommagé.

  • Si le gestionnaire constate des dégradations diverses, des désagrégations, des fissures ou des bulages, inutile de vouloir tout réparer. « Ces problèmes sont souvent causés par une mise en œuvre défaillante (exemple : dosages incorrects), par l’utilisation de matériaux de mauvaise qualité, par des conditions météo défavorables. Même si une désagrégation est visible à un endroit précis, et en particulier si ces problèmes apparaissent peu après la mise en œuvre, c’est le signe que l’intégralité du sol subira, à terme, les mêmes conséquences » indique le président de Récré’Action. La réfection intégrale du sol est alors nécessaire, ce qui sera aussi coûteux qu’une multitude de petites réparations qui, d’ailleurs, ne résoudront pas le problème. Question budget, d’une manière générale, « il est important de prévoir un budget à N+3 en prenant en compte l’historique de chaque jeu. La tenue d’un registre de sécurité et des dossiers de base de chaque aire de jeux (avec tous les documents techniques des jeux, les rapports…) facilitera également la prise de décision, car les informations collectées seront précieuses (anomalies détectées, frais engagés plusieurs fois pour le même module de jeu… » ajoute-t-il. Autre conseil : rien n’empêche le gestionnaire de faire jouer la garantie de l’installateur, le plus souvent comprise entre 2 et 5 ans, pour espérer que les réparations soient à sa charge.
  • Si le sol se décolle en périphérie, c’est peut-être la conséquence de trop fortes chaleurs, un manque de primaire d’accroche ou tout simplement un sol trop dégradé, s’effritant à la moindre sollicitation. L’absence d’un support en béton en périphérie est aussi un facteur de décollement. Dans ce cas, l’installation d’un solin en béton peut être envisagée, notamment en présence d’un support en enrobé. Néanmoins, cette solution est temporaire. C’est l’adjonction de sol souple justement sans solin béton qui est temporaire. Avec un solin béton, le sol repose sur support dur et plan.
  • Si des actes de vandalisme sont avérés, des découpes, suivies d’un retopping, ou des rustines règlent le problème. Ces réparations sont aussi l’occasion de couler des motifs si les découpes sont soigneuses. Beaucoup évoquent le fait que les motifs présents sur les sols souples limitent les actes de dégradation. Comme quoi, la créativité peut être source d’économie…
Des opérations peuvent être réalisées en régie, mais le prestataire, disposant d’un matériel spécifique et de compétences avérées, est la garantie que les pièces défectueuses seront comme neuves.
Des opérations peuvent être réalisées en régie, mais le prestataire, disposant d’un matériel spécifique et de compétences avérées, est la garantie que les pièces défectueuses seront comme neuves.

En présence d’équipements vieillissants

Vieillissant… Est-ce cela signifie que les activités proposées par la structure ne peuvent plus être réalisées correctement ? Si tel est le cas, le remplacement est inévitable. Ou alors, est-ce seulement une partie de la structure qui présente des défaillances esthétiques ou techniques mais qui ne modifie en rien les conditions de jeu ? Par exemple, de la quincaillerie absente, des panneaux décolorés, des cordages broutés… Dans ce cas, la régie ou le prestataire intervient sans changer de structures.

Premier réflexe du gestionnaire : est-ce que le jeu est sous garantie ? Si oui, les pièces détachées peuvent être fournies gratuitement. Hors périodes de garantie, plusieurs solutions sont préconisées :

  • remplacement de la pièce d’origine : si la pièce détachée est encore disponible, le prestataire aura la possibilité d’effectuer la réparation. Mais il faudra payer… ;
  • fabrication de la pièce : c’est une possibilité, très économique en régie, surtout s’il s’agit d’éléments en bois, et sous réserve que le résultat final soit identique à la pièce originale. « Par ailleurs, seules les pièces en bois qui ne vont pas maintenir ou fixer la structure sont concernées. Le reste étant obligatoirement réalisé par une entreprise spécialisée» précise Gaël Engelbach, responsable du centre technique de La Croix Valmer (Var, 3 600 habitants). Pour les éléments en acier ou en plastique, mieux vaut ne pas s’amuser à reproduire la pièce, ce serait trop coûteux et difficile sur le plan technique (distorsion, résistance…). « Si les pièces sont différentes (matériaux, formes, dimensions…), le jeu ne sera plus conforme aux normes » rappelle Amaury Duprat, conducteur de travaux chez Kompan ;
  • trouver une pièce alternative : en effet, un autre fabricant peut proposer une pièce similaire, mais cette alternative n’est valable que pour les pièces génériques : sièges de balançoires, roulements, chaînes, poignées… ;
  • retirer un jeu ou une partie défaillante du jeu : c’est possible, à condition de respecter les normes en vigueur après modification.

Enfin, il faut savoir que les équipements, une fois modifiés par des ajouts et des retraits de pièces, doivent être contrôlés par un bureau spécialisé pour certifier à nouveau leur conformité.

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