Goutte par goutte, racine par racine

Le schéma d’implantation des lignes de goutteurs dépend, en partie, de la nature du substrat en place. Plus le sol est léger, plus les lignes seront resserrées ! Et plus le sol est argileux, plus les lignes seront distancées.

Correctement positionnés et dotés, dans le meilleur des cas, de goutteurs autorégulés, les systèmes de goutte-à-goutte apportent la juste quantité d’eau au plus près des racines en formant un ‘bulbe’ humide. Pas une goutte n’est perdue, sous réserve d’un bon réglage, dépendant du matériel, de la nature du sol, des végétaux en place…

Intervention indispensable pour assurer la pérennité des espaces verts, l’arrosage permet de compléter l’offre hydrique assurée par les précipitations naturelles. Parmi les solutions proposées : les systèmes de goutte-à-goutte, qui génèrent localement de faibles débits, de l’ordre de 1,6 L/m2, et assurent une diffusion homogène de l’eau, ‘goutte par goutte’, dans le substrat. Positionnés en surface ou enterrés, ces dispositifs d’arrosage se caractérisent par des tuyaux porteurs en polyéthylène basse densité (traité anti UV) et perforés (extrudés) de goutteurs plus ou moins distancés. En espaces verts, il est conseillé d’utiliser des goutteurs autorégulés, c’est-à-dire à compensation de pression, qui permettent d’obtenir un débit invariable du premier au dernier goutteur, et peu importe le niveau de pente du terrain (dans la limite technique du fabricant). Ainsi, l’arrosage est beaucoup plus efficace, en formant des ‘bulbes humides’ (bulbes d’eau) bien dimensionnés à proximité des goutteurs et donc, des racines.

Caractéristiques techniques et réglages

• ligne ou tube porteur : de dimension variable selon la configuration du site à arroser, les lignes sont ponctuées de goutteurs en série ou en dérivation. Plus le tube porteur est long, plus le débit varie, d’où l‘importance d’utiliser des goutteurs autorégulés.
Selon les produits, les lignes peuvent être disposées en surface ou enterrées (on parle de sub-irrigation). L’enfouissement des lignes permet de limiter les actes de vandalisme et d’arroser au plus près de la rhizosphère, sans irriguer les horizons superficiels et sous-jacents où se développent les adventices. Par contre, un système enterré oblige les professionnels à ne pas travailler le sol au-delà de 10 cm de profondeur ;
• débit des goutteurs : idéalement invariable d’un goutteur à un autre, et sur tout le ‘tubing’, le débit moyen est d’environ 1,6 L/h (20 L/h maximum). Soit 1,6 kg d’eau que le sol devra répartir et retenir en une heure ;
• espacement des goutteurs : les goutteurs sont généralement séparés de 30 à 50 cm. En présence d’un sol léger (exemples : terre de bruyère, sol sableux…), il est préférable d’opter pour de faibles écartements afin de couvrir l’intégralité du système racinaire et d’éviter des pertes d’eau en profondeur. Des goutteurs additionnels peuvent être ajoutés dans l’objectif d’arroser des plantes isolées ;
• écartement des lignes de goutteurs : il est compris entre 10 et 50 cm. Là encore, tout dépend de la texture et de la granulométrie du sol sur lequel se développent les plantes à arroser. Plus le substrat est léger, plus les lignes seront resserrées lors de l’implantation du système d’arrosage en goutte-à-goutte. La règle est simple : 20 cm pour les sols légers, contre 30 à 50 cm pour les sols lourds, type argileux. On réserve un écartement de 10 cm dans le cas d’une surface engazonnée, de sorte à ce que chaque brin d’herbe et donc chaque système racinaire qui lui est propre soit arrosé (avec un dispositif enterré) ;
• pluviométrie : mesurée en mm d’eau/h, la pluviométrie correspond à la quantité d’eau apportée (Q). Son calcul est le suivant :
Exemple :
– Débit des goutteurs : 1,6 L/h ;
– Espacement des goutteurs : 3 m ;
– Ecartement des lignes : 0,5 m.
Q (en mm/h) = (débit goutteur) / (espacement des goutteurs x écartement des goutteurs) = 1,6 / (3 x 0,5) = 1,06 mm/h.
Soustraite aux hauteurs d’eau des précipitations, cette valeur est ensuite corrélée à l’ETP/ETR pour déterminer les temps d’arrosage. Avec une ETP évaluée à 3 mm/h par exemple, le temps d’arrosage est de : 3/1,06 = 2,83. Il convient donc, dans ce cas présent, d’arroser pendant une durée programmée de 3 heures.
A noter : en présence d’un sol à dominante argileuse, des apports d’eau irrationnels, aussi bien en durée qu’en fréquence, auront tendance à créer des petits chemins dans le substrat, autrement dit des zones de ruissellement d’où percolera plus facilement l’eau en profondeur, le tout, sans avoir été en contact avec les racines des végétaux à arroser.

Points de vigilance

• colmatage : pour limiter le colmatage, la qualité de l’eau est essentielle. “On conseille même de réaliser une analyse avant toute intervention d’arrosage en goutte-à-goutte. Pas d’eau contenant un taux important de fer. La dureté de l’eau est aussi à vérifier, au risque de colmater les orifices par des dépôts calcaires” indique Christophe Derbez, responsable marketing chez Netafim. Des systèmes de filtration (130 µm minimum) existent et peuvent être disposés au début du réseau. Des goutteurs plats avec des membranes internes ‘autonettoyantes’ sont à privilégier.
En cas de colmatage, le débit peut varier de 30 à 40 % par goutteur !
• perforation du tube porteur : les professionnels sont parfois confrontés à un tube percé, ne serait-ce que par vandalisme. “Pas de rustines, car rien ne colle sur du polyéthylène basse densité. Ce serait peine perdue. Au point de rupture, il faut sectionner le tube et le manchonner avec un tube spécifique, que seul le fabricant/distributeur est capable de fournir” explique-t-il.
• perforation volontaire : pour ajouter un goutteur, les professionnels doivent parfois percer le tube. “Il faut un porte-pièce spécifique, car chaque goutteur possède des têtes de vipère (entrée/sortie) différentes” précise-t-il. Rien ne s’improvise !

Systèmes de goutte-à-goutte en nappe : faits pour les toits !

Présentés sous la forme de rouleaux, ces dispositifs d’arrosage sont composés de deux nappes non tissées, chimiquement inertes, emprisonnant des lignes de goutteurs autorégulés, caractérisées par un écartement fixe de 40 cm. Si ces toiles ont pour objectif d’apporter une capacité de rétention en eau supplémentaire (environ 5 L/ml²), elles séparent également le système d’arrosage du substrat en place et de la surface portante. L’installation de ce système est simple et rapide. Ces dispositifs constituent une solution de choix pour irriguer des toitures végétalisées.

Article du numéro d’Août-Septembre 2018, abonnez-vous

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