Désherbage à eau chaude : l’offre matérielle s’agrandit

Le ‘Steam Tec’ de la société Entech est une machine polyvalente qui transforme l’eau en vapeur à 150 °C en moins d’une minute. La vapeur diffusée en pression sur les surfaces à traiter permet, sur le même principe d’éclatement cellulaire, de neutraliser en un seul passage le collet de la plante, la base racinaire et les graines en dormance dans les premiers centimètres du sol (effet curatif et préventif à la fois).

Il n’existe pas de solutions miracles ! Mais la méthode séduit, mise aujourd’hui en application par des machines polyvalentes qui neutralisent les herbes indésirables qui poussent sur n’importe quel type de surface. Entre les modèles à transporter, sur roues façon remorque, adaptables à l’avant de porte-outils et ceux ressemblant à des balayeuses compactes, les professionnels ont le choix.

A défaut de pouvoir engager une armée d’agents munis de binettes, les gestionnaires de l’espace public ont accès à plusieurs méthodes de désherbage, testées et approuvées avec plus ou moins de succès. L’une d’entre elles, le désherbage à eau chaude, continue de séduire les collectivités. Sans doute est-ce dû à la diversité d’usages de l’eau chaude (désherbage, nettoyage, lavage…) et à l’offre matérielle, plutôt conséquente et fonctionnelle, qui décline autour de cette méthode plusieurs outils adaptés à chaque contexte urbain. Encore une fois, rien n’est parfait, mais le désherbage à eau chaude complète efficacement la stratégie de lutte déjà mise en place, du moins on l’espère, par les collectivités : instauration d’un plan de gestion différenciée, enherbement de certains espaces, plantation de couvre-sols, utilisation de produits de biocontrôle…

Doté d’une cuve de 500 à 1 000 L, le désherbeur-nettoyeur Alterno 24 V + HP de Cornu est à adapter sur remorque ou dans la benne d’un véhicule. En mode désherbage, l’eau (y compris les eaux pluviales et les eaux recyclées filtrées) est portée à 125 °C par batterie pour venir à bout des adventices.

Principe de la méthode

Peu importe l’outil à disposition, les désherbeurs à eau chaude pulvérisent de l’eau bouillante directement sur la plante à éliminer, à des températures comprises entre 95° et 150 °C. “L’avantage est de pouvoir utiliser de l’eau recyclée ou de l’eau de pluie” précise Jean-Pierre Barre, fondateur et gérant d’Oeliatec. Certains fabricants préconisent toutefois une plage de température stricte de 98° à 99,6 °C. Des machines permettent de détruire les racines jusqu’à 3 cm de profondeur pour un désherbage ‘de fond’. Doit-on alors redouter une levée de dormance en réchauffant le sol ? “Après un premier passage, une levée de dormance est inévitable. Sachant cela, il faut travailler intelligemment et réaliser un deuxième passage 6 semaines plus tard au maximum afin de neutraliser les repousses et les plantules issues de cette levée de dormance. Mais les graines d’adventices sont de toute façon ‘stockées’ dans le sol, elles pousseront un jour ou l’autre… Le fait de créer cette levée de dormance est positif sur le long terme, car cela permet de nettoyer durablement le sol. C’est ce qui permet à cette méthode d’avoir de la rémanence sur le long terme” indique Muriel Lavé, codirigeante de la société Entech. Dans tous les cas, les désherbeurs à eau chaude désherbent bien évidemment, mais nettoient, désinfectent, lavent et éliminent aussi les graffitis, les chewing-gums, les algues…
En pratique, l’opérateur, muni d’une lance manuelle de pulvérisation, reliée à un véhicule spécifique ou un système remorqué, s’attaque aux adventices. En une fraction de seconde, les gouttelettes éclatent la partie chlorophyllienne, brûlent le cœur de la plante jusqu’à atteindre les radicelles sous-jacentes à des profondeurs variables suivant le temps d’application et le matériel à disposition. Les plantes les plus coriaces nécessitent une application d’eau chaude pendant une trentaine de secondes. Toutes s’assèchent quelques jours après l’application. “Le désherbage à eau chaude garantit un travail en toute sécurité pour l’opérateur et son environnement de travail (pas de risque de brûlure, de feu ou d’explosion)” ajoute Christophe Desmoulin, chef des ventes environnement d’Europe Service.
Quid des machines utilisant de l’eau chaude ‘et’ de la mousse ? La mousse, biodégradable à 100 %, permet de maintenir la chaleur en surface et de la diffuser efficacement et progressivement vers les racines. Un désherbage efficace.

Véhicule caréné tout en un, ‘Mollen Artiflex’ d’Oeliatec, peut être utilisé par les services techniques des collectivités pour d’autres usages que le désherbage : lavage à haute pression (170 bars), arrosage (cuve de 500 L), hydro-curage, porte-outils… Son châssis articulé, fruit du bureau de recherche et de développement de l’entreprise, permet d’atteindre très facilement des zones d’accès difficile.

Des outils adaptés

A chaque contexte urbain et/ou usage correspond une machine de désherbage à eau chaude adaptée aux besoins (largeur de travail, exiguïté du site à désherber, rendements élevés…). Si la plupart des modèles actuels fonctionnent au fuel (environ 2 à 6 kg/h), d’autres sont alimentés par batterie. Leur autonomie est d’environ 8 heures.
• Désherbeurs adaptables sur remorque, benne ou plateau de véhicule : ce sont les machines les plus représentatives du marché, à l’image du modèle Alterno 24 V + HP de la société Cornu, sur châssis en acier mécanosoudé, qui peut utiliser de l’eau de pluie (ou recyclée filtrée) portée à 125 °C pour venir à bout des adventices. En mode haute pression (eau chaude ou froide), le désherbeur se transforme en nettoyeur. Sa capacité de cuve est de 500 à 1 000 L. Autre machine, tout aussi efficace également, le ‘Steam Tec’ d’Entech, capable, à l’aide de lances spécifiques, de désherber à 150 °C et sur une profondeur de 3 cm, une largeur de terrain de 10 à 100 cm. Cette machine se transforme aussi en nettoyeur basse pression vapeur, très utile pour éliminer la crasse, les poussières ou bien encore les algues présentes sur des façades, des toitures, du mobilier urbain, des panneaux… Dans cette catégorie de machines, on peut citer également la désherbeuse ‘Houat Skid’ d’Oeliatec. Une potence permet de passer ‘au-dessus’ des voitures stationnées’. De son côté, Europe Service propose le modèle ‘Heatweed Mid 3.0’. Rendement affiché : 2 000 à 3 000 m2/jour ; tout dépend de la pression des adventices, du bon usage du matériel… Particularité, il émet peu de bruit (de l’ordre de 70 dB). Sa portée est de 45 m autour de la cuve (500 L). Version miniature, le modèle ‘Mini 2.1’ ne pèse que 150 kg. On peut facilement l’imaginer sur le plateau d’un petit transporteur, d’un dumper… Enfin, Weedingtech propose la machine compacte ‘Foamstream Municipal’, développée spécifiquement pour un usage dans les communes. Grâce à l’action de l’eau chaude et de la mousse (biodégradable à 100 %), les herbes indésirables et les graines contenues dans le sol, pointées avec l’extrémité des lances (brosse, haute pression, à double jet rotatif…), dépérissent en quelques jours. Les chewing-gums, très tenaces sur les sols, sont également éliminés.

Le modèle ‘Heatweed Mid 3.0’ d’Europe Service affiche un rendement de 2 000 à 3 000 m2/jour. Il émet peu de bruit (de l’ordre de 70 dB) et sa portée est de 45 m autour de la cuve (500 L).

• Désherbeurs ‘remorques’ : pratiques, ces machines s’accrochent à l’arrière de n’importe quel véhicule léger ou utilitaire. Exemple : le ‘Heatweed Multi M’, la ‘désherbeuse-nettoyeuse-laveuse’ proposée par Europe Service. Utilisable par un ou deux opérateurs, grâce à deux enrouleurs de 40 m situés sous le capot aérodynamique, cette machine polyvalente de 1 050 kg possède un réservoir de 450 L. La température en mode désherbage est de 99 °C (consommation d’eau maximal : 16 L/min). L’un des best-sellers d’Oeliatec est aussi un désherbeur-remorque, à savoir le modèle ‘Belle-Île’, d’une capacité de 600 L. Un écran tactile permet de sélectionner son mode de travail : désherbage en un ou deux postes, lavage haute pression et à quelle température, arrosage, ou bien encore hydro-curage.
• Désherbeurs sur porte-outils : montées spécialement sur des porte-outils, ces machines sont faites pour désherber rapidement de longs trottoirs, des zones industrielles, de vastes surfaces pavées… Le réservoir d’eau peut atteindre 1 150 L, comme c’est le cas sur le modèle ‘Sensor 2.0’ d’Europe Service. L’un des derniers nés d’Oeliatec, nommé ‘Mollen Artiflex’, est quant à lui un véhicule spécifique. Large d’1,2 m, il possède un châssis articulé (d’où son nom) et remplit une multitude de fonctions (désherbage, curage, arrosage, lavage…).
• Désherbeurs mobiles : pour les endroits difficiles d’accès (ruelles, cimetières…), les solutions mobiles, semblables à des chariots, sont très appréciées. Elles s’immiscent partout ! Compactes, ces machines possèdent une cuve de quelques centaines de litres, un système de pompage, une lance et sont alimentées par une motorisation à batterie, comme c’est le cas du modèle ‘Hoedic CM’ d’Oeliatec.
Mobiles, sur porte-outils, sur plateau… Les désherbeurs à eau chaude se déclinent aujourd’hui en une multitude de modèles. Il suffit d’identifier clairement ses besoins pour s’équiper du meilleur matériel.

Développé spécialement pour les collectivités, le ‘Foamstream Municipal’ de Weedingtech élimine adventices, mousses, chewing-gum et graffitis grâce à de l’eau chaude couplée à de la mousse biodégradable, stoppant la germination des graines contenues dans le sol.

article du numéro d’Octobre 2018, abonnez-vous

 

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