Gros arbres, grosses tronçonneuses : soyez vigilants !

Stihl présente la nouvelle tronçonneuse MS 462 C-M. Ses points forts : un poids de seulement 6 kg, une puissance de 4,4 kW, une accélération très rapide (0 à 100 km/h en 0,3 seconde), un rendement moteur efficient par tous les temps, un guide de 45, 50, 55, 63 ou 65 cm…

En présence d’arbres urbains imposants en diamètre, parfois proche de 200 cm, les tronçonneuses version ‘XXL’ s’imposent. Caractérisés par un long guide de 45 à 90 cm (voire plus) et une cylindrée supérieure à 70 cm3, ces outils puissants mais lourds ont
l’avantage d’être productifs et de faire gagner du temps aux professionnels. Sans oublier, bien entendu, de respecter les règles de sécurité et les techniques d’abattage. Ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas aux dires des experts… Un rappel s’impose.

A chaque arbre correspond une tronçonneuse ! Sur ce principe partagé par tous les experts du tronçonnage, les constructeurs ont développé des modèles ultra-puissants afin d’abattre plus rapidement des arbres corpulents (confection en un rien de temps de l’entaille directionnelle et du trait d’abattage). Evidemment, il est toujours possible d’abattre un arbre avec une tronçonneuse moins puissante, dotée d’un guide de 40 cm, d’une chaîne bien aiguisée et d’une cylindrée inférieure à 50 cm3. Seulement l’opération sera plus longue, le matériel s’usera plus vite (moteur sur-sollicité, consommation excessive de carburant, chaîne usée plus rapidement…), sans compter que l’utilisateur risquera notamment de laisser une charnière plus épaisse, ce qui limitera la précision dans l’abatage. D’où le recours à des tronçonneuses ‘XXL’… “Dans un contexte urbain, en présence d’arbres imposants et isolés au sein d’un parc (séquoias géants, hêtres centenaires… avec des contreforts conséquents), ou camouflés dans une forêt communale, les professionnels des espaces verts utilisent généralement, au maximum, des tronçonneuses de 90 cm3, pour environ 7 kg à portée de main” précise Maximilien Potignon, démonstrateur conseil chez Stihl.

Généralités

Peu importe la cylindrée, la puissance ou le poids, toutes les tronçonneuses possèdent des caractéristiques techniques identiques. A commencer par la double gâchette d’accélération, les silents-blocs, la poignée avant antidérapante, le frein de chaîne (feuillard de métal qui bloque automatiquement la cloche d’embrayage en un 12e de seconde), le guide, le réservoir… Mais avec les tronçonneuses dites ‘XXL’, autrement dit les plus puissantes, les constructeurs ont vu en grand : un guide parfois supérieur au mètre, une cylindrée doublée par rapport aux modèles traditionnels (passant de 50 à près de 120 cm3 selon les modèles)… ce qui exclut les versions à batterie. “Il est assez simple de calculer l’énergie contenue dans une batterie. Si vous voulez la puissance de sortie de l’une de ces grandes tronçonneuses, le stockage d’énergie n’est pas suffisant pour durer le temps nécessaire à la chute d’un arbre de cette taille. Cela signifie que des batteries plus grandes ou plus volumineuses sont nécessaires, ce qui n’est pas applicable aux produits portatifs, car ils deviennent trop lourds. Au fur et à mesure que la technologie de la batterie se développera, le contenu énergétique sera plus élevé, mais d’après ce que nous savons de ce développement, il faudra beaucoup de temps avant que les plus grands modèles de tronçonneuses puissent être remplacés par des batteries. Husqvarna se concentre bien entendu sur la technologie de la batterie et souhaite proposer les meilleurs produits pour les différents utilisateurs et applications. Nous ne sommes pas axés sur la technologie mais plutôt sur les applications” développe Apolline Collet, chef de marché chez Husqvarna. Autre changement avec les tronçonneuses ‘XXL’ : le poids qui, généralement, double aussi selon les modèles en raison des blocs moteurs plus imposants. C’est peut-être le seul défaut de ces outils portatifs imposants…

EPI : à ne pas oublier !

Le port des EPI (Equipements de Protection Individuels) est essentiel, d’autant plus en utilisant des outils puissants, parfois sujets au rebond lors qu’un objet entre en contact avec la quart supérieur du nez du guide. Baptiste Hubert, entrepreneur et formateur Stihl, comme tant d’autres, ne le répétera jamais assez. “Il y a deux écoles, ceux qui sont ‘pros’, et ceux qui travaillent à l’aveuglette si je puis dire. De toute évidence, encore trop de professionnels négligent de porter des casques, des protections auditives… Je m’en aperçois chaque jour sur le terrain” déplore-t-il.
Voici les EPI règlementaires, en détail :
• Protections de la tête : protégeant l’utilisateur des chutes de branches, le casque intégral (protections auditives et oculaires intégrées), de couleur vive afin d’être vu, doit répondre aux normes EN 397, EN 352 et EN 1731 ;
• Protections auditives : conformes aux normes EN 352, elles sont à utiliser dès que le moteur tourne. A nettoyer régulièrement avec un produit antiseptique. Certains communiquent par radio et d’autres isolent les conversations en cours de chantier ;
• Protections oculaires (visière grillagée ou lunettes type ‘SecureFit® série 600 de 3M) : ces équipements protègent le visage des branches, des éclats de fibres lors du tronçonnage… Elles doivent être conformes à la norme EN 1731 ;
• Protections du corps :
– Veste de protection : estampillée EN 340, elle protège des risques de blessures dues aux contacts avec les végétaux ;
– Pantalon de protection anti-coupures : constitué de 6 à 9 couches de protection (fibres de nylon et couche extérieure), il doit répondre à la norme EN 381 classe 1,2 ou 3 (vitesse de chaîne de 20, 24 ou 28 m/s). Par exemple, le pantalon ‘Gladiator II’, distribué par Hévéa, est de classe 2. Les modèles les plus performants ‘bloquent’ automatiquement la chaîne au contact du tissu.
• Protections des mains et des pieds :
– Bottes ou chaussures de sécurité : conformes aux normes EN 344, EN 345, EN 381 classe 1, 2 ou 3, ces équipements peuvent être renforcés en bout de pied par une coquille. Les semelles sont anti-dérapantes et anti-perforations ;
– Gants de travail : ils doivent être conformes à la norme EN 38, voire EN 420 classe 1 en présence de renforts de protection contre les coupures. Par ailleurs, ils jouent un rôle important dans la réduction des vibrations transmises aux mains et aux avant-bras.
Abattage (cas d’un arbre droit) : les règles à suivre

Pour l’abattage des gros arbres, les tronçonneuses les plus puissantes facilitent le travail. Mais les méthodes restent les mêmes. A vrai dire, à un moment donné, tout dépend de la longueur du guide…
• Mise en route : levier universel en position d’allumage, réservoirs remplis et chaîne bien tendue, le démarrage se réalise au sol. La chaîne doit être libérée de tout obstacle, avec une main sur la poignée tubulaire et un pied dans la poignée arrière. Ensuite, le lanceur peut être tiré (ne jamais sortir toute sa longueur) pour un retour à la verticale. Lorsque le moteur tousse, le starter (s’il y en a un !) peut être levé avant de continuer de lancer et donner une impulsion avec la gâchette d’accélération.
• Observation et balisage : “il faut d’abord observer l’arbre (état sanitaire, cavités, empâtements, branches mortes, inclinaison naturelle…), mesurer sa hauteur par le théorème de Thalès avec la ‘croix du bûcheron’ (outil de mesure très simple) et repérer les dangers liés à l’environnement (fils électriques, clôtures, talus)” résume Baptiste Hubert. Après avoir défini la direction de chute de l’arbre, un périmètre de sécurité doit être balisé avec des rubans de signalisation et des panneaux (accès interdit au public). “Le périmètre de sécurité doit correspondre à 2,5 fois la hauteur de l’arbre” précise-t-il.
• Avant de réaliser l’entaille : il convient de définir des chemins de repli (à 45° de chaque côté à l’opposé de la direction de chute de l’arbre), nettoyer la zone de travail et le tronc. En présence d’un arbre imposant, avec des contreforts importants, il faut les supprimer par égobelage (confection d’un tronc cylindrique à la base pour diminuer le diamètre). Mais avec une tronçonneuse puissante, possédant un long guide, le problème ne se pose pas.
• Réalisation de l’entaille : étape cruciale, elle représente, aux dires des professionnels, 80 % du travail et des risques en moins. Deux traits de coupe sont à réaliser : le plafond (coupe à 45° dans le tronc jusqu’à 1/4 du diamètre de l’arbre) et le plancher (coupe verticale). Ces deux traits doivent parfaitement se rejoindre afin de former un ‘bec ouvert’, déterminant la direction de chute.
• Réalisation du trait d’abattage : placé de l’autre côté de l’arbre, soit à l’opposé de l’entaille directionnelle, l’utilisateur doit réaliser le trait d’abattage. Il se situe au-dessus du plancher de l’entaille directionnelle. Cette différence de hauteur, nommé épaulement, facilite le basculement de l’arbre et l’empêche de reculer.
A noter : si le guide dépasse le diamètre de l’arbre (d’où l’intérêt d’utiliser des tronçonneuses ‘XXL’ dotées de longs guides pour abattre des gros sujets !), le trait d’abattage se réalise rapidement jusqu’à la charnière. Des coins en aluminium ou en plastique, placés dans l’ouverture du trait d’abattage avec un merlin, peuvent être utilisés pour éviter que le guide ne se coince dans le bois. Astuce : si l’entaille ne correspond pas tout à fait à la direction de chute souhaitée, l’utilisateur peut compenser cette erreur en réalisant une charnière asymétrique. Il faut alors laisser plus d’épaisseur de charnière du côté où il souhaite que l’arbre tourne.
Par contre, si le diamètre du tronc est supérieur à la longueur du guide, les méthodes changent : méthode par ‘moitié’ (trait de coupe de chaque côté de l’arbre), méthode de ‘l’éventail tiré’ (coupe périphérique du tronc suivie d’un perçage à cœur)…
Enfin, ces techniques d’abatage ne peuvent être mises en application qu’avec une chaîne bien affûtée. Mais gouges carrées ou demi-rondes ? “Les gouges carrées attaquent davantage le bois, mais elles engendrent plus de vibrations et la tronçonneuse est plus ‘réactive’, contrairement aux gouges demi-rondes, moins sensibles à la qualité du bois. Cependant aujourd’hui, le problème réside moins dans le matériel, mais dans la protection des utilisateurs” indique Baptiste Hubert. Alors à quand un permis tronçonneuse obligatoire ? L’avenir le dira mais le sujet fait actuellement débat.

Husqvarna 3120XP,  une grosse cylindrée !

Tronçonneuse la plus imposante proposée par Husqvarna, le modèle 3120XP® est conçu pour l’abattage des arbres imposants. Grâce au système Smart Start® et à ses propriétés anti-vibrations, cette tronçonneuse ‘XXL’ possède une cylindrée de près de 120 cm3,
pour une puissance de sortie de 6,2 kW et un régime moteur maxi de 12 000 rpm. Un carter en magnésium robuste soutient ces régimes élevés. A noter, le vilebrequin est trifurqué afin d’offrir une résistance optimale même lorsque le moteur est mis à rude épreuve. Pesant plus de 10 kg, cet outil possède un guide de 105 cm, venant à bout des grosses sections d’un seul coup. Le niveau de pression sonore est évalué à 102 dB, pour des vibrations estimées d’environ
7 m/s² sur la poignée AV/AR. Une tronçonneuse référence !

MS 500i de Stihl : la première tronçonneuse à injection électronique au monde !

Dernière innovation du constructeur Stihl, la tronçonneuse MS 500i, dotée d’un moteur à injection électronique, qui présente un excellent rapport poids/puissance (6,2 kg pour une cylindrée de 79,2 cm3 et une puissance de 5 kW). Son couple élevé facilite le travail des professionnels lors de l’abattage des arbres de forte section (cf. photo, réalisation du plafond de l’entaille directionnelle). Le dosage du carburant, piloté par des capteurs garantit des performances optimales du moteur, et ce, peu importe la température et la pression de l’air. Véritable innovation, qui n’est pas sans rappeler les performances de la technologie M-Tronic, la MS 500i se distingue par une accélération très rapide. Il faut 0,25 seconde pour passer de 0 à 100 km/h avec une puissance de coupe immédiate. Par ailleurs, elle n’a pas de starter, de carburateur, de bobine d’allumage, possède un guide allégé ES Stihl Light (50, 63 ou 71 cm)… ce qui la rend plus légère. Côté pression sonore, cette tronçonneuse émet moins de 106 dB. Niveau de vibrations affiché : environ 4 m/s². Les réparations sont aussi facilitées grâce à un capot du filtre à air démontable sans outil.

 

article du numéro de Novembre-Décembre 2018, abonnez-vous

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