Mobiliers urbains connectés : ‘tech in the city’

Rondino propose ‘e-banc’. Il est composé de deux bancs et d’un mât solaire assurant l’alimentation d’une double connectique USB. Il ne nécessite aucun réseau de câblage électrique.

Alors que de nouvelles pratiques urbaines plaident en faveur d’un espace public plus connecté, plus intelligent, des fabricants greffent des usages additionnels aux objets urbains, notamment le mobilier. Avec la progression fulgurante de la Smart City, ce mobilier serviciel est en pleine expansion, notamment pour dynamiser les centres villes.

Le mobilier connecté est-il l’avenir du genre urbain ? Certainement. En tout cas, cela n’aura échappé à personne, les écrans des abris voyageurs se numérisent, les candélabres s’équipent de points d’accès Wifi, des contrôleurs carottés dans l’enrobé des zones de stationnement indiquent les places libres en temps réel sur des applications smartphone, des drones seront même capables, à en croire le constructeur Husqvarna, de transporter et de déployer des robots de tonte dans les espaces verts où l’herbe mérite d’être coupée… Bref, la Smart City est sans limite. Pour autant, il ne s’agit pas d’un déferlement technologique tonitruant, mais bel et bien de solutions techniques et/ou numériques adaptées. Tout est réfléchi, programmé. En effet, l’espace public ne doit pas scintiller comme les rues de Tokyo ou Time Square, ce quartier new-yorkais bardé d’écrans et d’objets numériques en tout genre, mais intégrer judicieusement des solutions adaptées aux nouveaux usages. L’une d’entre elles consiste à transformer le mobilier urbain. Pas le dénaturer, car il possède des fonctions propres à conserver (s’asseoir, se détendre, trier ses déchets…), mais lui ajouter de nouvelles fonctionnalités correspondantes aux usages de la société moderne. “Le mobilier urbain rend les villes plus attractives, une prise de conscience qui est prouvée par la croissance du marché. Cependant, le monde change et nous devons répondre aux mutations des usages. L’intégration des nouvelles technologies dans certains de nos équipements permet de répondre aux nouvelles attentes d’une population de plus en plus connectée et mobile. Le mobilier connecté est un marché de niche qui permet de proposer de nouveaux services aux utilisateurs pour plus de praticité et de confort” indique Marlène Gallien, directrice générale de l’entreprise Rondino. Pour les collectivités, intégrer du mobilier connecté fait partie des impératifs de la ville moderne : il s’agit d’offrir des services complémentaires aux usagers, l’homme étant au centre de la smart city.

Le mobilier ‘Buron’ de Rondino est un espace de détente et de partage abrité par une toiture solaire, qui alimente des prises USB et un système d’éclairage led. Ce mobilier est fabriqué à partir de pin classe 4, d’acier thermolaqué et d’HPL.

Du mobilier tout en un

Si les start-up, proposant des prototypes et des solutions connectées pour les collectivités, foisonnent, peu d’entreprises déjà bien implantées dans le secteur du mobilier urbain prennent le virage du numérique, ne serait-ce qu’en partie seulement. En effet, s’il est difficile d’imaginer la ville de demain sans mobilier urbain, il est inconcevable que celui-ci n’entame pas sa petite révolution numérique. Rondino fait partie de ces entreprises conscientes que l’espace public est un territoire en pleine mutation et qui nécessite de nouvelles solutions, notamment pour vitaliser les centres villes. “Nos concepts sont conçus dans une approche éco-environnementale grâce à l’utilisation de l’énergie solaire et du bois, naturel, renouvelable et 100 % français. Leur installation est facile et rapide car nos solutions ne nécessitent pas de raccordement à un réseau électrique” indique la directrice générale. Par exemple, l’entreprise propose ‘e-banc’, qui peut être installé dans de nombreux sites, sans travaux lourds de terrassement, ni de câblage électrique. Il est composé de deux bancs et d’un mât solaire assurant l’alimentation d’une double connectique USB. Ce modèle existe en version banquette et banc simple. “Notre banc connecté autonome répond aux attentes et usages observés d’une population de plus en plus connectée. Il permet aux usagers de recharger leurs objets électroniques tout en profitant d’une pause en ville, à proximité d’une gare, le long des sentiers de randonnées…” ajoute-t-elle. Autre solution proposée par l’entreprise, prenant en compte que l’utilisation des technologies numériques de communication accompagnent des comportements nomades de travail : ‘Buron’, un lieu de détente et de partage abrité par une toiture solaire, qui alimente des prises USB et un système d’éclairage led. Imaginé par le designer Jean-Sébastien Poncet, ce mobilier d’un nouveau genre est fabriqué à partir de pin classe 4, d’acier thermolaqué et d’HPL noir volcan. Poids total : 300 kg. A disposer partout.
Sur le segment du mobilier connecté, le fabricant Tôlerie Forezienne n’est pas en reste avec la borne de recharge solaire ‘Solar Stick’. C’est une station autonome pour téléphone portable. “Elle se distingue par des panneaux solaires positionnés sur ses quatre faces, ce qui permet de capter la lumière dans toutes les configurations. Sa batterie au lithium-ion lui assure un fonctionnement sur de longues durées, de jour comme de nuit, y compris par mauvais temps” indique Joël Lemoine, directeur de l’entreprise. Par ailleurs, la station intègre deux prises USB à rechargement rapide et deux supports pour téléphone afin de faciliter l’ergonomie du chargement. Le mât est personnalisable selon les options choisies : un système d’éclairage urbain intégré, des flèches signalétiques directionnelles, un à trois places d’assises, un assis debout, une voile d’ombrage, une à deux tablettes de travail et un cendrier urbain. La pose du mât de rechargement se réalise par fixation rapide (4 points) ou avec une embase (auto stable), ce qui en fait une borne nomade utilisée lors d’évènements tels que des concerts, des salons ou autres manifestations.
De nos jours, le mobilier urbain connecté, qualifié d’intelligent, est une solution nécessaire dans nos villes où citadins et smartphones sont indissociables. En attendant qu’un banc devienne un hot spot Wi-Fi ou ne transmette des informations aux gestionnaires des villes (on parle d’internet des objets, cf. encadré), que les citadins parlent aux lampadaires pour trouver leur chemin… le mobilier connecté actuel est promis à un bel avenir dans l’espace public.

La borne de recharge ‘Solar Stick’ de Tôlerie Forezienne est une station autonome pour téléphone portable. Elle se distingue par des panneaux solaires positionnés sur ses quatre faces, ce qui permet de capter la lumière dans toutes les configurations. La station intègre deux prises USB à rechargement rapide et deux supports pour téléphone. Le mât est personnalisable (système d’éclairage urbain intégré, flèches signalétiques directionnelles, intégration d’un voile d’ombrage, d’un cendrier urbain…).

Internet des objets

L’internet des objets désigne des objets connectés,
à l’instar du mobilier urbain, qui sont capables
de communiquer entre eux (Wifi, réseau MtoM, ondes radio…). Les données récoltées sont stockées et traitées pour améliorer la qualité des services. En effet, aujourd’hui, de nombreuses collectivités utilisent des réseaux de capteurs pour obtenir des informations utiles et réaliser des économies (quand vider les corbeilles de propreté, combien de places de stationnement sont disponibles sur tel parking…). Ainsi, la présence de capteurs communicants, mais aussi de simples flashcodes, permet d’affirmer qu’un mobilier urbain est connecté. Des collectivités expérimentent et approuvent ce mobilier serviciel. Attendons nous à ce qu’un banc ou une chaise possèdent, dans un avenir proche, bien d’autres fonctionnalités.

Article du numéro de Mai 2019, abonnez-vous

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