Comment réduire
vos factures ?

Moderne, ‘Tchatcha’ de Velum fait partie des nouvelles générations de luminaires à LED, qui permettent de réaliser d’importantes économies en énergie.

Alors que 37 % des consommations électriques des collectivités sont consacrés
à l’éclairage public*, la technologie LED, aujourd’hui arrivée à maturité, est l’un
des principaux leviers de la transition énergétique. Elle génère, en moyenne,
des économies de l’ordre de 50 à 70 % par rapport aux anciennes lampes à décharge.
Le déploiement du ‘smartlighting’, en particulier la gradation des puissances, contribue fortement à diminuer les consommations, donc les factures dédiées à l’éclairage public, et améliore la préservation de la biodiversité.

L’un des derniers chiffres diffusé par l’Association Française de l’Eclairage (AFE) indique que le taux de pénétration de la technologie LED dans l’éclairage public est évalué à 15 %. Est-ce suffisant ? Oui, non ? En tout cas, malgré les bons chiffres, les professionnels du secteur estiment que la marge de progression reste encore importante. Aux collectivités de s’investir et d’investir durablement dans la LED qui, pour rappel, permet de réduire significativement les consommations électriques, jusqu’à 70 %. Une technologie mature qui arrive d’ailleurs à point nommé : en effet, l’éclairage public absorbe aujourd’hui près de 40 % de la facture d’électricité des collectivités. A l’heure où les dépenses publiques sont scrutées à la loupe, ces dernières ont donc tout intérêt à s’engager dans une démarche visant à rendre l’éclairage public ‘plus juste’, en optant notamment pour la LED. Mais pas de précipitation hasardeuse de la part des gestionnaires de l’espace public. “Tout d’abord, il faut bien connaître son patrimoine afin de définir le potentiel d’économie sur les consommations. Il est donc important de disposer d’un bon diagnostic de ses installations, couplé à une connaissance parfaite des consommations dédiées à l’éclairage public. Ensuite, il faut définir les attentes de la collectivité à travers un schéma directeur d’aménagement lumière. La conjugaison de tous ces éléments permettra de définir les choix techniques et le plan d’investissement pluriannuel générateur de ces économies” indique Samuel Szymusiak, responsable marketing chez Eclatec, fabricant de solutions d’éclairage.
Bien que les investissements de départ s’avèrent parfois importants, tous les fabricants de solutions d’éclairage ayant des collectivités comme clients, indiquent que les retours sur investissement de la LED sont courts, entre 5 et 8 ans. Et après, on économise ! De plus, grâce à la LED, le confort des usagers et la biodiversité nocturne sont respectés. Mais si les budgets ne permettent pas d’investir suffisamment, les petites communes peuvent avoir recours à un Conseil en Energie Partagé (CPE), un dispositif mis en place par l’Ademe dans le but d’accompagner les collectivités dans leur maîtrise énergétique (identification des postes énergivores, solutions d’amélioration…). C’est un bon départ pour mieux investir par la suite.

Les détecteurs infrarouge, comme ceux proposés
par la société Eclatec, permettent de graduer le niveau d’éclairement suivant la présence ou non des piétons
et des cyclistes.

Abaissement de puissance : des communes témoignent

“Des collectivités hésitent encore à faire le pas. Mais aujourd’hui, les inquiétudes sont levées, et tout le monde s’accorde à dire que le prix de l’électricité va continuer à augmenter dans les années qui viennent. La transition est donc indispensable. La lumière doit être maintenue dans nos collectivités car elle est le lien pour garantir la sécurité et permet également d’augmenter les heures de présence des populations dans le cœur et le centre des villes, valorisant ainsi les commerces et enseignes” insiste Frédéric Buge, directeur commercial chez Velum. Aussi, bon nombre de collectivités qui se sont engagées sur la voie de la LED ne regrettent rien. A l’image de la Ville de Miribel (01). “Elle a remplacé 81 luminaires, équipés de lampes mercure de 125 W, par des LED de 70 W. Durant la nuit, par l’intermédiaire des drivers, la commune a également choisi d’abaisser l’éclairage à 50 % pendant 7 h. Résultat, l’économie réalisée sur la consommation électrique est de 65 %, soit environ 40 € par an et par point lumineux. S’ajoutent à cela les économies réalisées sur la maintenance : la durée de vie des LED étant bien plus importante, les opérations d’entretien sont fortement réduites” explique Lucile Vicaigne, responsable communication de l’entreprise Selux. Autre exemple : la commune de Choisey (39) qui, avant de passer à la technologie LED, n’actionnait qu’un luminaire sur deux et éteignait la ville une partie de la nuit dans le but de réaliser des économies. “Aujourd’hui en LED, l’éclairage de la commune fonctionne toute la nuit, avec un abaissement en milieu de nuit. La consommation en électricité a été réduite de 18 % par rapport à la situation antérieure, tout en améliorant considérablement le confort des usagers. En effet, l’éclairage est plus uniforme, plus homogène et procure maintenant un sentiment de sécurité aux riverains durant toute la nuit” développe-t-elle.

 

A Miribel (01), les lampadaires LED ‘Tessia’ de Selux’,
avec abaissement de puissance, ont permis de réduire
la consommation électrique de 65 %, soit environ 40 €/an
et par point lumineux.

Le smartlighting, à votre service

De nombreuses solutions permettent d’affiner l’éclairage et de réaliser des économies : des détecteurs de présence à infrarouge pour les piétons et les cyclistes, des radars ‘Doppler’ pour les véhicules motorisés à faible vitesse… “Evidemment, le passage à la LED est une source indéniable d’économies pour les villes. Mais trop souvent, le changement de technologie se limite à la LED alors qu’une fois les modifications engagées sur un luminaire, autant en profiter pour rajouter l’intelligence qui va permettre de faire encore plus d’économies et de rendre le luminaire flexible aux changements temporels (un événement par exemple), aux cycles de vie… En effet, une source LED peut suréclairer ou sous éclairer selon le(s) contexte(s) urbain(s). Avoir la possibilité de modifier les niveaux d’éclairement permettra de gérer ces modifications. Il est donc nécessaire de ne pas s’arrêter à la LED” avoue Catherine Rambaud, responsable marketing de Citylone (Groupe Arcom). Mais encore une fois, tout est question de réflexion. “Il faut bien réfléchir à son environnement : une ville n’est pas uniforme, elle est constituée de différents espaces avec des contraintes individuelles, des besoins, et ce n’est pas parce que le centre-ville sera télégéré que toute la ville doit l’être. Et de la même manière, ce n’est pas parce que certains secteurs sont coupés en cœur de nuit que ce fonctionnement doit être identique partout” ajoute-t-elle. La télégestion n’a d’intérêt que si cette technologie est installée en réponse à des besoins clairement identifiés. Dans tous les cas, elle permet d’avoir un retour en temps réel sur l’état des points lumineux et d’organiser au mieux les tournées d’entretien, ce qui réduit inévitablement les dépenses. Voilà encore une solution à déployer massivement dans les villes. Sous réserve, bien entendu, de sources LED fonctionnelles. Rien qu’à Vaucresson (92), qui a fait le choix d’implanter des LED et un système de télégestion, les consommations électriques ont été divisées par deux. A qui le tour maintenant ?

*Etude de l’Ademe

 

SL Easy de Citylone est une solution de gestion locale de l’éclairage,
programmable en Bluetooth. À tout moment, les paramètres de gradation peuvent être modifiés.

Eclairage solaire : des économies globales

“Les prix des sources LED ne font que chuter alors que leur performance augmente. Aujourd’hui, un bloc LED génère 180 lm/W, contre 30 à 40 pour un halogène. Pour un niveau d’éclairement supérieur, sa puissance est également plus faible (environ 60 à 80 W en LED pour 250 W en SHP). Question maintenance, le remplacement d’une source LED est beaucoup moins fréquent et coûteux qu’un modèle à décharge. Il n’y a pas de doute, la LED est une technologie sûre… Le solaire aussi” soutient Bastien Lanta, manager chez Fonroche, fabricant d’équipements d’éclairage solaires. Pour rappel, les avantages des lampadaires solaires sont nombreux : exit les câbles électriques, les réseaux d’extension, les tranchées, les armoires… “Rien que le fait de creuser des tranchées pour installer des câbles coûte environ 40 €/mètre linéaire. En choisissant un éclairage solaire, la collectivité fait donc des économies pendant la phase des travaux” précise-t-il. Et d’ajouter, pour les communes les plus sceptiques : “grâce à des batteries fonctionnelles équipées de drivers, les lampadaires solaires sont efficaces 365 jours/an. Et leur consommation électrique est nulle, donc aucune facture n’est à prévoir”. Hormis celle concernant l’achat des lampadaires solaires, qui sont, il faut l’avouer, 20 à 30 % plus chers que leurs homologues traditionnels. Mais au regard des économies de consommation, leur intérêt n’est plus à prouver dans l’espace public.

Bagnères-de-Bigorre (65) : des gains astronomiques

Au cœur d’une Réserve Internationale du Ciel Etoilé (RICE), la commune de Bagnères-de-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées, disposait d’un éclairage vétuste sur la station de ski de La Mongie. Un halo lumineux, accentué en hiver par la présence du manteau neigeux, était important et impactait l’étude des étoiles depuis l’observatoire astronomique du Pic du Midi. En effet, 45 % du halo lumineux provenant de la station de ski était visible à cet endroit. C’est pourquoi, la commune et le Syndicat Départemental de l’Energie (SDE 65) ont décidé de changer la donne et de mettre en place une mise en lumière adaptative, aussi bien à la fréquentation des lieux qu’aux conditions climatiques et aux besoins d’observation du ciel. Plusieurs luminaires de la société Comatelec Schréder ont été retenus : Citea NG, Stylage et Ampera, tous équipés de LED de 2 700 K. Cette température n’a pas été choisie au hasard, car son spectre émet peu de lumière bleue, impactant l’observation scientifique du ciel. Tous les luminaires sont pilotés en temps réel par un logiciel de télégestion, qui adapte l’éclairage en fonction des saisons, de l’enneigement et des nuits d’observation nocturne. Depuis l’installation de ces luminaires ‘intelligents’, la puissance a été réduite de 40 %, pour un niveau d’éclairement supérieur (8 319 kW au lieu de 13 928 kW).
• Nombre de luminaires : 101
• Puissance installée : 8 319 kW
• ULOR : 0
• Gains énergétiques pour la commune : 5 184 €/an

 

Article du numéro de Janvier 2020, abonnez-vous

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