Coronavirus : à situation exceptionnelle,
mesures exceptionnelles

Télétravail, activité partielle, autorisation d’absence rémunérée, chantiers et marchés publics reportés… Alors qu’en pleine crise sanitaire le confinement vient d’être logiquement prolongé, les entreprises et les collectivités continuent, avec plus ou moins de difficultés, à organiser leur activité. Objectifs : mettre en place les gestes barrières, distancer les équipes, maintenir un minimum d’activité… et surtout, tenir bon ! Voici les témoignages et les stratégies adoptées par des dirigeants d’entreprises et des collectivités.

L’ennemi est partout, invisible. Dans ce contexte si particulier, les règles ont changé. Désormais, les entreprises, institutions privées et publiques, sans aucune distinction, doivent réinventer leur manière de gérer leurs équipes, de produire, de livrer et d’assurer des services dans le respect le plus strict des mesures sanitaires édictées par le gouvernement (et le bon sens commun !). Mais rien n’est possible sans un minimum de main d’œuvre, de têtes pensantes, de fournitures et de matières premières.

Blocage total ou partiel

“Nous ne sommes plus en mesure de fabriquer nos produits, faute d’approvisionnement en matières premières (acier, tuyaux…) en raison de la fermeture brutale de nos fournisseurs. Nous avons fermé notre entreprise et mis le personnel au chômage partiel… On ne peut que subir, c’est du stress pour la santé de nos collaborateurs, de nos familles…” déplore la direction de l’entreprise Cornu, spécialisée et reconnue dans la fabrication de matériels d’entretien (désherbeurs, cuves…). Et quand l’activité est maintenue, le doute règne. Même réaction chez le fabricant de mobilier urbain Tôlerie Forezienne. “L’usine est passé en chômage partiel depuis le 17 mars, à la fois pour protéger nos salariés mais aussi car la majorité de nos clients sont à l’arrêt. Nous restons cependant à l’écoute de nos clients pour préparer le redémarrage et éventuellement répondre à des demandes urgentes, notamment dans le secteur médical” indique Joël Lemoine, le directeur.

Pour beaucoup d’entreprises, si la chaîne de production et/ou commerciale n’est pas bloquée, à l’image du Groupe Fabemi dont les usines restent ouvertes pour alimenter les négoces de matériaux toujours ouvertes (ndlr : à l’heure de la rédaction de cet article), un service minimum est assuré. Direction les usines de Proludic, spécialisée dans les aires de jeux. “Notre entreprise a réduit ses activités depuis le 23 mars, tout en mettant en place une organisation à même de répondre aux sollicitations de nos clients dans les activités essentielles de relation commerciale, de SAV, d’expédition, de prestations de service et de facturation (…) Nous avons déjà connu, par le passé, des situations de crise, parfois particulièrement impactante et préoccupante (incendie au printemps 2017 ayant détruit 50 % de nos moyens de production et 25 % de nos moyens administratifs). Notre volonté, notre détermination et l’implication de l’ensemble de notre personnel nous ont toujours permis de surmonter ces crises en préservant notre développement commercial à court et long termes. Ces expériences passées nous permettent aujourd’hui d’aborder cette nouvelle situation avec bien sûr tout le sérieux nécessaire mais aussi avec la confiance et la certitude de pouvoir en sortir renforcés, mieux préparés et humainement plus forts” indique Thierry Chambolle, directeur dénéral de Proludic. Heureusement, “notre trésorerie actuelle est très saine et nous permet de rester serein sur nos capacités financières à court et moyen termes et sur le soutien de nos partenaires bancaires. La visibilité sur la situation actuelle est restreinte et complexe et ses conséquences sur la trésorerie le sont tout autant. L’exercice de prévision est donc difficile mais nous y travaillons autant que possible” précise-t-il.

Du côté des usines et des agences de Lambert Clôtures, l’activité est réduite progressivement, faute de livraisons et de sollicitations du service commercial. “Nous avons la chance de travailler dans des conditions qui permettent de préserver la santé des collaborateurs (ateliers et entrepôts qui sont très vastes et aérés) en respectant scrupuleusement les consignes et gestes barrières qui empêchent la propagation du virus. Nous avons toutefois dû fermer progressivement 4 agences sur 5 car nos clients ayant arrêté leurs entreprises, l’activité s’est arrêtée brutalement :  aucun passage dans les agences depuis mardi 17 mars. Nous n’avons pas pu livrer les commandes qui étaient prêtes. Une seule agence reste ouverte à nos clients professionnels, sur RDV pour pouvoir préparer les commandes à l’avance. Nous sommes fermés à tout autre public. Nous sommes donc en service minimum, et pour nos équipes, cela signifie une mise en chômage technique” indique Carine Chesneau, présidente de l’entreprise. Et d’ajouter : “je remarque que je reçois beaucoup d’informations de la CCI, des banques, de l’expert-comptable, commissaire aux compte, mon réseau de dirigeant CJD. Tout le monde est très mobilisé pour être au chevet des entreprises dans cette tourmente. Le soutien est précieux pour accéder à la bonne information et éviter de prendre de mauvaises décisions”.

MGE Green Service, le distributeur de broyeurs, de tondeuses et autres rogneuses de souches, adopte une stratégie identique. “Nous avons décidé, en accord avec l’ensemble du personnel, de réduire de 50 % notre effectif, qui est donc aujourd’hui en chômage partiel à hauteur de 50 % de son temps habituel de travail pour, dans un premier temps, la période du 18 au 31 mars 2020. Ceci évidemment avec le respect des consignes données : distanciation, lavage des mains, organisation encore plus rigoureuse compte tenu des contraintes sanitaires… ” déclare Marc Denoueix, co-fondateur de l’entreprise avec Gérard Crosnier. “La bonne gestion d’une entreprise implique d’agir en permanence au niveau de la trésorerie car il s’agit d’une action au long cours. Nous le faisons avec nos partenaires bancaires avec qui nous partageons notre stratégie, nos objectifs. Le cas particulier de la crise du Covid-19 aura sans doute des répercutions sur nous comme sur la plupart des entreprises. Si elles vont au-delà de ce qui est mis en place chez nous, c’est seulement à ce moment-là que nous déciderons de faire appel ou non aux aides et soutiens de l’Etat, de la région ou autres”.

Organisation du travail : quelques exemples

  • Lambert Clôtures : “nos équipes administratives et commerciales sont en télétravail depuis le début de la semaine. Mais, peu à peu, le travail sédentaire se tarit faute d’activité commerciale, et les équipes, même en télétravail, sont placées en chômage technique (après épuisement des reliquats de RTT et de congés)” avoue Carine Chesneau. Reste à bien organiser le travail à distance. « La semaine dernière a été consacrée à organiser le télétravail pour certains, beaucoup à expliquer et rassurer les collaborateurs qui restent travailler dans l’entreprise, à vérifier le respect des gestes barrières, à produire les attestations de circulation, à comprendre les différentes annonces gouvernementales et leurs impacts sur notre quotidien, à se renseigner sur les dispositifs que nous pouvons actionner pour faire face à cette situation sans précédent… Il est bien difficile de se poser pour réfléchir à l’avenir étant données les circonstances et toutes les sollicitations dont le chef d’entreprise fait l’objet. La réflexion viendra peut-être après, si la situation perdure et que malheureusement l’activité se réduit complètement. Dans la situation actuelle, la priorité est de faire le plan de trésorerie et d’activer les aides à disposition».
  • MGE Green Service : pour la nouvelle organisation de l’entreprise, l’aménagement des temps de travail ont été pris en compte : les fonctions dans l’entreprise (maintien d’un service minimum vis-à-vis de la clientèle : pièces détachées, service hot line, logistique), les enfants, le partage de la garde des enfants avec le conjoint, le télétravail ou non du conjoint, les trajets domicile travail et la charge de travail au sein de l’entreprise selon les postes. “Nous avons immédiatement pris des décisions : arrêt de tous les déplacements programmés en France et à l’international, annulation et report de tous les rendez-vous tant avec les fournisseurs qu’avec les clients, même chose pour les formations prévues, annulation de toutes les réunions extérieures, limitation de l’accueil au strict minimum (le facteur, les camionneurs pour les livraisons ou les expéditions). Nous avions également prévus de participer à différents salons ou événements qui ont tous été annulés ou repoussés. Nous avons donc décidé d’annuler également tous les événements commerciaux prévus par nos soins d’ici à la fin juin 2020. Donc le début de la semaine dernière a été pris en grande partie pour tout annuler ou reporter, en gros contacter les clients, les fournisseurs les hôtels, les prestataires… Un contact de courtoisie est toujours bien perçu dans ces moments-là et c’est le minimum selon nous. Au niveau de la publicité et de la communication, pas de changement” indique Marc Denoueix.
  • Proludic :  “la nouvelle organisation se construit autant que possible sur la base du télétravail et permet aussi la poursuite des activités de recherche et développement, des ressources humaines, des services informatiques et communication. C’est, au final, l’ensemble des services de l’entreprise qui a adapté son fonctionnement pour rester opérationnel” indique Thierry Chambolle. “Les activités, en cette période, ne manquent pas et il faut aborder ces difficultés avec sérieux, calme et sérénité. Il s’agit tout d’abord de gérer au mieux la situation à court terme et en fonction des évolutions du contexte général et des préconisations de nos gouvernants. Comme dans toute crise, la communication et la pédagogie, tant vers nos équipes internes que vers nos parties prenantes externes, demandent une énergie et un temps important. Il s’agit, en effet, d’adapter au mieux l’organisation, dans l’intérêt de tous, et de bien faire comprendre les décisions prises. Dans un second temps, il faut d’ores et déjà réfléchir et préparer le retour à une situation et à une activité normales. Il s’agit donc d’imaginer différents scénarii de ‘’sortie de crise’’, d’anticiper les difficultés et les décisions à prendre dans les domaines de la stratégie commerciale, des recrutements, des investissements et de la politique sociale. Il faut, enfin, déjà tirer des leçons des événements actuels et des modes de gestion mis en place par l’entreprise afin de capitaliser sur ceux-ci et enrichir notre ‘’plan d’expérience’’. Cela permet sans cesse de s’améliorer, de sortir plus fort de cette épreuve et d’envisager sereinement l’avenir”.

Un peu d’optimisme

Jérôme de Mauroy, directeur marketing et communication chez Fabemi, affiche un certain optimisme. “Nous vivons une période très bizarre, qui nous pose pleins de questions : qu’avons-nous fait, ou plutôt, qu’est-ce que nous n’avons pas fait pour en arriver là ? Nous sommes tous concernés par cette situation car nous participons tous à notre vie économique, de près ou de loin. Nous ne pouvons pas dire que nous subissons, car nous avons tous le choix de décider pour nous ! Profitons de ce moment plus calme pour se poser les bonnes questions, pour regarder autour de nous et faire le point. Par exemple, comment je peux apporter le meilleur de moi-même en étant heureux dans mon ‘job’ en famille, avec mes amis… Notre activité va forcément en prendre un ‘coup’ alors que nous démarions l’année sur de très belles bases, grâce à votre travail (ndlr : le magazine Espace Public et Paysage !). Après le combat du virus, nous nous tournerons vers une autre mission : aller rechercher le chiffre d’affaires perdu. Je suis persuadé que les Français vont se tourner vers eux, rester plus en famille, chez eux, dans leur pays… D’ailleurs, combien de jeunes couples aujourd’hui cherchent à partir vivre à la campagne pour une vie plus proche de la nature ? Et avec ces évènements, heureux sont ceux qui ont un jardin ! Ils ne reprendrons pas les avions de sitôt, au moins pour 2020. Dans ce contexte, ils feront aussi peut-être plus confiance à nos entreprises, commerces, artisans… Préparons-nous à ce changement, soyons disponibles pour vite mettre en place des actions avec nos clients. Vous verrez, ils vont vite déclencher des opérations de reconquête. Nous sommes déjà sollicité… Dans certaines sociétés, les services marketing sont déjà sur le pied de guerre (en télétravail) pour trouver et imaginer toutes les actions marketing et communication à venir (sites internet, newsletter, réseaux sociaux…). Les gens ont du temps pour lire et s’informer. Profitez-vous aussi de notre position en télétravail pour faire un point avec nos interlocuteurs (s’ils sont connectés, bien sûr) et leur dire que nous sommes à leur écoute pour mettre en place des actions correctives (points sur les expositions, le stock, les actions futures…). Organisons nous !”.

Faire confiance aux entreprises françaises. Un avis partagé par Carine Chesneau. “En tant que personne, je suis inquiète, comme tout le monde, pour la santé de la population, de ma famille, de mes proches, de mes collaborateurs. S’ajoutent l’inquiétude et la responsabilité pour la santé économique et le devenir de mon entreprise. Il a été moralement très difficile de vivre les injonctions paradoxales des derniers jours : ‘restez chez vous’ (si vous ne le faites pas vous êtes irresponsables) et ‘il ne faut pas arrêter la machine économique et continuer à travailler quand c’est possible’ (message adressé aux entreprises). Le choix de fermer ou pas s’est reporté sur les chefs d’entreprise : soit on ferme pour protéger tout le monde et on met en danger encore plus son entreprise car les aides ne seront pas forcément au RDV, soit on continue à faire tourner l’entreprise au risque de passer pour un patron indélicat qui met ses collaborateurs en danger… La réflexion sur les opportunités viendra après, quand la crise sera passée. J’espère toutefois déjà, voyant la pénurie que certaines entreprises ont connu très tôt pour leurs approvisionnements lointains, qu’elles envisageront, à l’avenir, une stratégie d’achats plus locale et donc plus responsable à plusieurs titres (social, environnemental)”.

Le direction de MGE Green Service intègre la crise sanitaire actuelle dans un désordre plus global. “Avant le Covid-19 nous étions déjà dans une période de grandes turbulences avec les nombreuses transitions auxquelles nous devons tous faire face : transition climatique, transition numérique, transition géo-politico-économique. Le Covid-19 va sans doute chambouler la donne sur quelques sujets. On peut s’attendre à une relocalisation de certaines productions stratégiques (médicaments, équipements médicaux) et à certaines exigences nouvelles au plan sanitaire (secteur des plantes, secteur agro-alimentaire, hygiène). Il ne sera plus concevable de ne pas avoir de stocks de masques, de gants… à l’avenir. Donc il y aura un avant Covid-19 et un après. Nous travaillons déjà depuis pas mal de temps sur les nouvelles évolutions de nos métiers. Nous sommes dans une période de grandes ruptures qui vont bousculer nos habitudes dans des délais très courts. Le télétravail va sans doute sortir renforcé de cette épreuve du Covid-19. Comme tout le monde est touché, il faut espérer qu’un retour à la qualité et au sérieux sera mieux considéré par le grand public, par les professionnels et les collectivités. Sur le plan humain, tout le monde le sait mais tout le monde ne le dit pas : il est clair que le capital humain est le plus important dans un pays ou dans une entreprise. Quand on voit le dévouement du personnel médical et celui de ceux qui acceptent de continuer à venir travailler, on peut être fier des valeurs de notre pays. Au niveau européen, nous pouvions sans doute espérer un peu plus de solidarité, notamment envers nos amis italiens. Et puis, si tout le monde ferme, l’économie se retrouve à un niveau zéro. Si les entreprises qui le peuvent continuent de fonctionner, même à minima, alors le pays repartira non pas de zéro mais de 30, 40 ou 60 % et aura moins de mal à rebondir ensuite. Il ne faut pas se cacher que la distribution dans son ensemble est soumise à un effet de ‘ciseau’ important. D’un côté des fournisseurs ayant livré et facturé des matériels, d’un autre côté des clients ayant arrêté de travailler et, étant fermés et donc pas forcément intéressés de recevoir du matériel, qui ne payent pas. C’est ce décalage de règlement et donc de trésorerie qui peut faire très mal dans le secteur du machinisme alors que la période avril -mai -juin représente habituellement près de 50 % du chiffre d’affaires annuel. Un décalage de 2 à 4 mois peut être extrêmement dommageable. Ceci arrivant après une année horrible en 2019 pour les tondeuses et les épisodes ‘gilets jaunes’. L’Etat français, l’Europe, les collectivités locales doivent tous tenir leurs engagements de soutien à l’économie et surtout respecter les annonces faites. Ceci tant vers les employés (financement du chômage partiel), que vers les entreprises (prise en charge du chômage partiel, soutiens économiques divers…). Si, par grand malheur, le Covid-19 devait occasionner plusieurs dizaines de milliers de décès, des pertes d’emplois énormes (on est déjà à 500 000 postes d’intérim équivalents temps plein en moins entre le début et la fin mars 2020 !), des faillites en grand nombre…. alors ce serait bien plus grave que la déjà très grave crise des ‘gilets jaunes’… Mais je veux terminer sur une note optimiste. Oui, soyons optimistes car ce pays, son peuple, ses services publics et ses entreprises ont des ressources insoupçonnées que beaucoup nous envient à travers le monde”.

Saurons-nous sortir de cette crise sanitaire la tête haute ? Saurons-nous également gérer une autre urgence, celle du dérèglement climatique ? Cette dernière prend du temps. Trop sans doute. Ne faisons pas les mêmes erreurs, apprenons et agissons. Rappelez-vous qu’un arbre planté peut tout changer !

Crépy-en-Valois (60) : autrefois épicentre de l’épidémie, aujourd’hui modèle à suivre

Aux dires de Nicolas Inglebert, directeur des services techniques de la Ville de Crépy-en-Valois, l’une des premières villes touchées par le coronavirus Covid-19, quasiment 100 % des services publics sont assurés. “Prenons l’exemple de la voirie. L’entretien est fait, pas plus ni moins que d’habitude. En toute objectivité, notre réputation de ville propre est maintenue. Par ailleurs, nous avons pris la décision de fermer nos toilettes publiques, question d’hygiène. Dans tous nos véhicules, dédiées ou non à la voirie, nous avons également fait le choix de mettre à disposition des lingettes désinfectantes (volant, poignée de vitesse…) et du gel hydroalcoolique. Pour ces consommables, nous avons anticipé nos achats avant la crise actuelle et avons suffisamment de stock” précise-t-il. Du côté des espaces verts, tous les agents sont mobilisés, exceptés ceux dont le conjoint travaille dans le domaine médical, afin de pouvoir garder les enfants à la maison. “Sur le terrain, ils travaillent vite car ils ne sont plus dérangés par la circulation, la population… Cependant, les règles sont strictes : pas de travail côte-à-côte ni de réunions de plus de deux personnes. D’ailleurs, les réunions de service ont été annulées. Tout fonctionne par messagerie interposée, type WhatsApp, y compris avec la gendarmerie nationale et l’éduction nationale”. D’autres agents travaillent de chez eux, notamment dans le secteur administratif. “Nous leur avons prêté des PC pour ceux qui n’en avaient pas. Les logiciels de finance, de dessin… habituels ont été installés. Instauré depuis quelques semaines, ce mode de travail fonctionne très bien… Les procédures sont juste un peu plus longues car les connexions sont plus difficiles. Mais je crois qu’on en tirera des leçons pour l’après crise et qu’on réfléchira pour instaurer du télétravail”.

En ce qui concerne les paiements, la Ville paie toujours dans les temps. “Là où ça coince, c’est dans les entreprises prestataires, qui ont pris du retard dans les facturations” indique-t-il. “Le problème se situe aussi chez les fournisseurs, notamment en pièces détachées. Peut-être envisagerons-nous d’en fabriquer en interne. On réfléchit au jour le jourEn tout cas, les entreprises ont la qualification et les outils que nous n’avons pas (exemple : la taille en rideau). Nous sommes dépendants, en quelque sorte, de leur activité”.

Malgré des services bien rôdés, gérés parfois par messagerie interposée, Nicolas Inglebert exprime un certain pessimisme. “Comme mes confrères, je me pose beaucoup de questions. Admettons que ce coronavirus soit dissipé, je crois que le redémarrage ne sera pas si rapide car il faudra relancer la production, les livraisons et rattraper le retard accumulé. Des appels d’offres seront à nouveau lancés mais les entreprises y répondront-elles ? N’est-il pas temps que les collectivités retrouvent une certaine autonomie, qu’il faudra mettre en place avec le temps ? Quoi qu’il en soit, on est tous dans le même bateau. Pour nous, la priorité sera de terminer les chantiers engagés avant de réfléchir aux investissements futurs”.

Des aides de l’Etat ? Nicolas Inglebert n’attend rien. “Dans les collectivités, nous attendons juste plus de clarté sur ce qu’on peut faire ou pas sur le terrain : qui peut travailler ? Dans quelles conditions ?… Tout est flou. On peut néanmoins se demander comment le gouvernement va gérer le financement des arrêts de travail, car actuellement, c’est la commune qui paye” avoue-t-il.

LES EDITIONS DE BIONNAY :
une diffusion exceptionnelle de tous nos magazines

Nous sommes tous sur le pont et engagés pour vous accompagner, avec l’ADN qui est le nôtre depuis plus de 25 ans, être à vos côtés et à votre écoute”, explique Erick Roizard. “Dès le lundi 16 mars, nous avons mis notre équipe rédactionnelle en télétravail, et le lendemain l’équipe commerciale. Pour limiter les déplacements, les proximités… et respecter les consignes de sécurité et de protection sanitaire tous en assurant la continuité de service auprès de nos lecteurs et de nos annonceurs.
La première semaine a été consacrée à cette organisation car pas si simple de travailler à distance, notamment pour les jeunes recrues qui vont devoir acquérir une expérience un peu inédite sans être complétement aguerris aux procédures alors que, habituellement, notre équipe est rassemblée sur un seul site. Avec Martine Meunier, nous passons aussi beaucoup de temps à refaire nos budgets prévisionnels et nos plans de trésorerie selon diverses hypothèses, à étudier différentes stratégies. Notre entreprise est saine mais nous savons tous que des circonstances exceptionnelles peuvent révéler certaines vulnérabilités en matière d’organisation. Dans une PME comme la nôtre, même si nous avons toujours encouragé la polyvalence, nous en profitons pour réécrire et réactualiser certaines procédures.

Nos annonceurs sont présents, ils anticipent déjà la reprise même s’il y a des incertitudes. Ce qui est sûr, c’est qu’être proche de la nature, de chez soi, dans un parc, un jardin ou un terrain de foot, ce sont des besoins que nos concitoyens vont redécouvrir, avec avidité et grand plaisir, dès la fin du confinement et à ce moment-là, ce seront les entreprises de nos filières, les services espaces verts et les services des sports qui seront en première ligne.   

Pour ce qui est des magazines et des éditions en cours, notre imprimeur est en chômage technique depuis quelques jours, donc les n° d’avril ne seront pas imprimés. Nous avons donc décidé de les sur-diffuser par PDF à nos abonnés et à tous nos prospects par e-mails (il est vrai que nous disposons de super bases de données qualifiées) et les mettre aussi gracieusement à disposition de tous les professionnels sur nos sites* car ce temps est aussi un temps de lecture, d’informations, de réflexion…

Cette crise est aussi une opportunité de développer et d’accélérer la digitalisation de nos services, nous avions déjà le BHPENLIGNE.COM et développé la plateforme PLACEDUPRO.COM pour présenter à tous les professionnels de la ville, du sport et du paysage, tous les produits et services des fournisseurs, avec de nombreuses actualités. Avec plus de
7 000 lecteurs par mois, et de nombreux partenaires, elle progresse et s’impose comme la première plateforme professionnelle de nos filières. Là encore, ce temps suspendu est pour certains annonceurs le moment de prendre le temps de rattraper du retard et de nous envoyer les informations (textes, photos…) pour mettre en ligne leurs produits. Nous sommes donc très attentifs, très vigilants et, comme toute notre équipe, à votre écoute. Et nous entendons bien relever, avec vous, cet incroyable défi”
.

*espacepublicetpaysage.com ou placedupro.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *