Archives de catégorie : Actualités

Les espaces verts, une priorité pour les électeurs.

Au lendemain du confinement et à quelques jours des élections municipales, l’Observatoire des Villes Vertes a interrogé les Français sur leur rapport aux espaces verts publics, en lien avec YouGov. Le constat est sans appel : 7 Français sur 10 (69 %) déclarent que les espaces verts publics leur ont manqué durant le confinement. Et, à l’approche du second tour des élections municipales, accorder plus d’importance aux espaces verts dans la ville doit être une priorité pour 8 Français sur 10 (78 %). Ainsi, il semble que les espaces verts publics soient devenus l’une des priorités pour les électeurs…

« Le confinement aura éloigné de nombreux citadins français du végétal durant plus de deux mois. Cette absence n’aura pourtant pas fait oublier aux Français les atouts et bénéfices que leur procurent les espaces verts au quotidien ; bien au contraire. Les appels à la réouverture des parcs et jardins publics lors de la première phase du déconfinement ont mis en lumière un besoin de nature renforcé par plusieurs semaines d’isolement, mais aussi le rôle majeur que les espaces verts jouent au sein de la ville pour répondre à des attentes personnelles et collectives ».

Conférence web sur les stations météo connectées

Compo Expert organise un webinar sur :
les stations météo connectées : anticipez les prises de décisions
pour vos gazons avec ces outils modernes d’aide à la décision
Le mardi 23 juin, à 14h00, Compo Expert organise un webinar sur ‘les stations météo connectées : anticipez les prises de décisions pour vos gazons avec ces outils modernes d’aide à la décision ». Inscription sur https://www.surveymonkey.de/r/KHRTZGB. A vos agendas !

Covid-19 :
les services s’adaptent

Si les mesures de confinement ont fortement impacté le quotidien de millions de Français, tant sur le plan personnel que professionnel, les services municipaux s’organisent, non sans difficultés, pour remplir certaines de leurs missions compte tenu des urgences et priorités.

Soignants, chauffeurs-livreurs, magasiniers dans la grande distribution… Autant de personnes dévouées et volontaires. Mais dans la gestion de cette crise, les grands oubliés sont certainement les agents des services techniques, toujours en première ligne pour nettoyer (et désinfecter) nos rues ainsi que le mobilier urbain, ramasser les ordures, embellir notre cadre de vie, continuer certains chantiers en régie, anticiper une sécheresse précoce…
Le tout, avec des effectifs souvent réduits, qui doivent d’ailleurs respecter scrupuleusement les gestes barrières sur le terrain, et des approvisionnements ralentis de matériels, parfois au compte-goutte (notamment des masques !).

Taux de présence des agents

D’une collectivité à une autre, le taux est très variable, aux alentours de 30 à 50 %.
A Lunéville, en Meurthe-et-Moselle, le service parcs et jardins, composé habituellement de 18 agents, n’en compte plus que 7.
Les effectifs ont été réduits afin de permettre aux agents de respecter les distances ‘barrières’, et travailler ainsi dans le respect des consignes données par la municipalité et par le gouvernement” précise Claire Lefevre, responsable du service parcs, jardins et aménagements paysagers à la Ville. Même constat à Calais. “Au niveau des effectifs, nous avons mis en sécurité tous les agents présentant des risques pour leur santé. Les principaux cadres sont en télétravail. Nous avons des agents qui sont disponibles en cas de besoin, mais la plupart sont en confinement. Nous assurons une permanence avec un cadre présent chaque jour dans le service” indique Éric Bouton, responsable des espaces verts. D’une façon générale, tout évolue au rythme des décisions politiques.
“A l’annonce du confinement, en mars dernier, tous les agents ont été renvoyés chez eux, tout en restant joignables et en se tenant à disposition si besoin (astreinte). Puis, fin mars, nous avons pris la décision de reprendre certaines missions, notamment la tonte des sites stratégiques” précise Thierry Suire, responsable du service espaces verts du Passage d’Agen, une commune de 9 500 habitant ssituée dans le Lot-et-Garonne.

Mobilisation des agents sur le terrain

Pour assurer un service minimum, les agents qui sont mobilisés sur le terrain le sont uniquement parce que leur intervention est jugée impérative : ramassage des ordures, tonte, arrosage… “Tout d’abord, il a fallu justifier la nécessité de continuer à entretenir les espaces verts auprès des élus. Je l’ai justifié en indiquant qu’une minorité des agents travaillerait, et que pour le moral de la population, cela était très bénéfique de voir des espaces bien entretenus, dont ils profiteront après le confinement. Actuellement, nous avons deux agents qui travaillent 4 heures le matin et 4 heures l’après-midi en décalé d’une demi-heure” explique Emmanuel Corbin, responsable du service espaces verts de Divonne-les-Bains, dans l’Ain.
A La Roche-sur-Yon, en Vendée, Christian Rautureau a mis en place la stratégie suivante :
“à la fin de première semaine de confinement, on a organisé la reprise de la tonte pour les squares et parcs du centre-ville, ainsi que les espaces verts qui bordent les axes principaux. Quatre ‘tondeurs’, qui travaillent depuis deux entrepôts, se sont portés volontaires. Dans les faits, la tonte a démarré la deuxième semaine. Nous avons aussi agrandi nos zones de fauche pour diminuer nos zones de tonte” indique-t-il. De l’avis de tous, les tontes et les fauches ont vraiment marqué le ‘déconfinement des agents’. “Les tontes ont seulement été arrêtées pendant 15 jours, donc ce n’était pas dramatique, d’autant qu’avec les fraîcheurs tardives, l’herbe n’avait pas beaucoup poussé. Nous avons la chance d’avoir mis en place une gestion différenciée depuis de nombreuses années, et de façon assez étendue. Dans de nombreux sites (environ 60 au total), nous ne tondons que les cheminements et les bandes de propreté. Et chaque semaine, pendant deux jours, deux agents sont mobilisés sur les autoportées. Pas plus de deux agents par mission, avec chacun un véhicule pour intervenir séparément” précise Thierry Suire. Notons aussi la reprise des tontes sur les terrains de sports. “Depuis le 23 mars, les tontes des stades ont également repris et les réseaux d’arrosage ont tous été remis en route. J’ai aussi deux agents qui préparent les structures pour notre jardin éphémère que nous devons installer début juin en centre-ville, Place du Théâtre. Nous avons aussi recontacté les quatre entreprises qui ont des contrats d’entretien avec nous ; trois ont repris partiellement depuis début avril. Nous avons vérifié leur plan de continuité d’activité” indique Christian Rautureau.

Maintenir le contact avec les agents

Dès la deuxième semaine de confinement, j’ai créé un mailing avec les mails personnels de nos agents. J’ai appelé ce groupe ‘Coronavert’, et j’ai déjà diffusé cinq bulletins où je donne les informations du service, de la direction, de la mairie. J’ai eu de très bons retours des gars et de la direction générale. Pour l’instant, j’arrive à toucher 70 agents” détaille Christian Rautureau. Surtout, ne pas rompre les liens avec les agents. “Pour garder le fil, je les appelle chacun au moins une fois par semaine pour les tenir informer des évolutions, des tendances à venir. Beaucoup de questions fusent mais tous les agents sont très motivés… Ils veulent reprendre du service ! Pour l’heure, afin d’assurer la continuité de nos missions, l’adresse mail des services techniques, qui permet de remonter toutes les demandes des usagers (branches cassées, panneaux couchés…), est accessible depuis l’ordinateur privé des responsables. Je suis moi-même en contact quasiment tous les jours avec la directrice des services techniques. Je passe au bureau tous les jours également, sinon je télétravaille” indique Thierry Suire.

Production, plantation, livraison…

Le confinement s’est opéré en pleine période de production. “Nous avons mis en place une équipe réduite qui assure le repiquage des jeunes plants livrés récemment et celui des plants semés en début d’année. Là encore, nous espérons que quand tout rentrera dans l’ordre, nous aurons de quoi assurer un cadre agréable à ceux qui redécouvriront la joie de se promener en ville. Nous avons aussi assuré le repiquage des vivaces que nous avions reçues juste avant le confinement en pots de plus grand calibre afin de pouvoir les planter si la reprise est rapide, ou tout du moins les conserver pour une plantation à l’automne. Dans la même logique, nous avons planté dans notre pépinière les arbres qui venaient d’être livrés pour les différents remplacements en ville, ils sont suivis grâce à l’arrosage automatique” indique Éric Bouton. Pépinière toujours, “nous avons deux agents en production sous serres (un responsable et un agent). Dès le début, ils ont maintenu l’activité d’autant que nous avons reçu le 18 mars notre livraison de micromottes. Il était indispensable de procéder à leur repiquage, ainsi qu’au repiquage de nos propres semis” précise la responsable des espaces verts de Lunéville. “Les travaux concernant le fleurissement estival doivent commencer début mai pour les préparations de sol. Logiquement, nous devrons mobiliser plus d’agents, mais espérons que d’ici là, le confinement sera levé, dans le cas contraire, nous nous adapterons. L’activité étant réduite, les achats le sont également, toutefois ils peuvent se faire car nos fournisseurs habituels assurent les livraisons, nous pouvons réaliser nos bons de commandes en télétravail et fonctionner par mail et par téléphone” ajoute-t-elle. Une chose est sûre, les prochaines semaines seront décisives : déconfinement ou pas ? De façon progressive ? Masques obligatoires ? Quelles interventions pourront se programmer à nouveau dans l’espace public ? Beaucoup s’interrogent, notamment sur le rattrapage du retard accumulé (nettoyage des massifs, plantations estivales…). Mais nul doute que les responsables de service et les agents sauront, encore une fois, s’adapter.

A Maisons-Alfort, dans le Val de Marne

Dans cette ville 4 fleurs, les services municipaux sont mobilisés au minima pour entretenir et garder la commune propre et belle. “Nous avons tout organisé” précise Nicolas Fritz, directeur général des services techniques de la Ville. “Et tout mis en branle pour assurer, en respectant les gestes barrières, les opérations de propreté et de nettoyage, pour intervenir si nécessaire en matière d’éclairage urbain… Peu d’agents sont en télétravail. Pour ma part, je suis tous les matins au bureau pour gérer les dossiers urgents, donner les instructions. Le travail est réduit car nous n’avons pas de travaux à gérer et on est peu dérangé. Même si on est sollicité par les habitants qui sont confinés et qui en profitent pour ranger et débarrasser, et souhaitent que l’on enlève les encombrants. Mais là encore, on a réduit nos interventions car ce n’est pas une priorité. Les agents mobilisés assurent les opérations de ramassage des ordures pour maintenir l’hygiène publique et garder notre ville propre. Pour le service espaces verts, on a organisé un roulement de nos agents en mobilisant chaque jour une personne sur deux pour la tonte et la taille. Et si cela s’avère nécessaire, on appelle du renfort. En ce qui concerne le fleurissement de cet été, tout est commandé, mais rien n’a été encore réceptionné. Par ailleurs, pour les espaces verts et les terrains de sports, nos prestataires interviennent pour les travaux d’entretien avec une organisation spécifique pour eux aussi afin de respecter les gestes barrières sur les chantiers. Enfin, compte tenu des incertitudes relatives aux élections municipales, on ne peut pas non plus travailler sur les projets de mandat… Quelle drôle de vie !”.

A Nancy, autour de la place Stanislas

“Depuis le début du confinement, nous avons été 15 jours sous l’eau” explique Pierre Didierjean, directeur parcs et jardins de la Ville. “Il a fallu réorganiser les équipes, et les réduire pour respecter les consignes sanitaires et n’avoir qu’un agent par véhicule (équipé de gel et lingettes). On a réduit nos interventions aux tontes tout en les espaçant, aux travaux de propreté (débroussaillage…). Mais le printemps est là et la sécheresse aussi, on a donc mobilisé des agents pour procéder à deux arrosages hebdomadaires des bacs et jardinières. Chaque matin, deux agents sont mobilisés pour nourrir les animaux de l’espace animalier. Dans les serres, alors que nous recrutons beaucoup en CDD en avril-mai pour faire face aux opérations de repiquage, avec cette crise, on gère l’urgence. Aussi, j’organise le service et nos interventions le matin et l’après-midi. Je me challenge avec trois autres agents du service à celui qui repiquera le plus de plantes tout en respectant les distances sanitaires. Dans cette ville 4 fleurs, nous sommes attachés au cadre de vie mais dans la situation actuelle, nous maintenons notre belle cité propre et nous serons sûrement amenés à réduire de 50 % notre fleurissement estival ”.

 

Prolongation
des inscriptions

aux Victoires du Paysage !

Prolongation des inscriptions aux Victoires du Paysage !
J
usqu’au 2 juin 2020 12h !

Les Victoires du Paysage 2020 se déroulent dans un contexte inédit. Les priorités se rappellent à tous : agences, entreprises, employeurs, indépendants, maîtres d’ouvrage…et participer à un concours pourrait ne pas en faire partie.
Néanmoins, il est plus que jamais important de mettre en lumière la filière du végétal et du paysage dans son ensemble, de la soutenir pour contribuer à la relance de l’activité.

Le concours des Victoires du Paysage est fait pour cela : mettre en valeur les professionnels du végétal et du paysage, et les maîtres d’ouvrage qui s’engagent avec eux.
C’est pourquoi l’équipe de VAL’HOR et des Victoires du Paysage est mobilisée aux côtés de tous ceux qui souhaitent poser leur candidature à cette 7ème édition.
Le dépôt des candidatures est exceptionnellement prolongé jusqu’au mardi 2 juin 2020 12h pour laisser à tous le temps de finaliser ou de constituer leur dossier.

Solidarité :
don de voile d’hivernage
pour confectionner
des sur-blouses

@Javoy Plantes

Pépiniéristes, coopératives, fermes, gîtes et horticulteurs
de Saint-Cyr-en-Val (45), se sont alliés dans un élan de solidarité pour aider les hôpitaux à affronter cette crise sanitaire, en donnant du voile d’hivernage permettant de fabriquer des sur-blouses
de protection.

Depuis 2 semaines, Tony Cunha, responsable du service courses logistiques, travaillant pour les hôpitaux de Saint-Maurice (situés
à côté du Zoo de Vincennes – Val de Marne) sillonne les campagnes pour récolter du voile d’hivernage auprès des producteurs, horticulteurs et coopératives agricoles…

Le 16 avril dernier, les pépinières Javoy Plantes basées
à St Cyr en Val ont donné 1 000 m2 de voile d’hivernage spontanément. Les 150 couturières bénévoles des hôpitaux de St Maurice ont pu continuer à confectionner les sur-blouses
de protection à une vitesse spectaculaire. L’objectif est de couvrir
les besoins quotidiens 800 sur-blouses par jour. Cette tournée
a démarré il y 2 semaines, une quinzaine de rouleaux ont été récoltés à ce jour et 2 800 blouses ont été confectionnées.

Les entreprises solidaires : Villa Paul Cressonnières, Caahmro Jardin, Javoy Plantes, Verte Ligne Pépinière, La Ferme de la Patte d’Oie, les Jeunes Agriculteurs d’Ile de France,le Potager d’Olivier
et La Cueillette de Torfou.

Qualipaysage :
Thierry Muller
élu président

© Clément Vidon

Après onze ans passés en tant que vice-président du Bureau de QualiPaysage, l’organisme de qualification des entreprises du paysage, Thierry Muller en prend la présidence. Élu en janvier dernier pour trois ans, cet entrepreneur strasbourgeois place deux chantiers au cœur de son mandat : la finalisation de la refonte de la nomenclature et la création de labels. Thierry Muller succède ainsi à Marc Loiseleur.

Engagé de longue date

Diplômé de l’École supérieure d’architecture des jardins de Paris (ESAJ) en 1977, Thierry Muller est Chevalier du Mérite Agricole. En 1980, il fonde l’entreprise d’ingénierie et de travaux du paysage Thierry Muller SAS, à l’origine de nombreux travaux d’aménagements extérieurs à Strasbourg et dans sa région. Thierry Muller a toujours multiplié les engagements pour la profession “dont la particularité est de travailler avec le vivant : nos ouvrages sont des infrastructures vertes que nous accompagnons tout au long de leur durée de vie”, explique-t-il. Dès 1983, l’entreprise est qualifiée QualiPaysage, le seul organisme professionnel qui attribue, sous la tutelle du Ministère de l’Agriculture, des qualifications relatives aux métiers du paysage.

En 2006, Thierry Muller intègre le conseil d’administration de QualiPaysage, et devient président de la commission technique en 2011. Constitué de chefs d’entreprises, de maîtres d’ouvrage publics et privés et de maîtres d’œuvre, QualiPaysage joue un rôle pédagogique auprès des entreprises qu’il accompagne, tout en restant au plus près des besoins des donneurs d’ordre publics et privés. “Cet équilibre paritaire est l’ADN de notre organisation qui a gagné en professionnalisme, en impartialité, en transparence et en représentativité ces dernières années, juge le nouveau Président. Je suis honoré par ce mandat que je conduirai avec engagement et conviction”.

 La révision des référentiels des titres de qualification

Avec son nouveau bureau composé de 8 membres, Thierry Muller poursuit le travail engagé par ses prédécesseurs, et finalise la refonte des référentiels visant à améliorer la lisibilité des titres de QualiPaysage. D’ici la fin de l’année, la nomenclature des métiers ne comportera plus que deux statuts (“Confirmé” et “Spécialisé”) au lieu de trois aujourd’hui. Saluée par l’ensemble des adhérents en 2019, la refonte des référentiels permettra une meilleure concordance entre la demande des donneurs d’ordre et l’offre des entreprises.

Les labels QualiPaysage, nouveaux gages de qualité des entreprises du paysage

“La création de labels par métiers est une formidable opportunité pour les entreprises de montrer le meilleur d’elles-mêmes”, déclare Thierry Muller. Cette mission, prioritaire sur sa feuille de route, intervient au moment où la demande de gage de qualité n’a jamais été aussi forte de la part des donneurs d’ordre.

En effet, depuis son entrée en vigueur le 1er avril 2019, le Code de la commande publique permet aux acheteurs d’exiger un label pour sélectionner leurs futurs prestataires. “A nous d’en déterminer l’ossature et d’identifier les éléments transversaux attendus des entreprises”, explique le Président de QualiPaysage. Nul doute que la défense de l’écologie y sera centrale : “nos entreprises doivent être le fer de lance de la réintégration de la biodiversité dans les écosystèmes urbains et périurbains”. Les labels métiers devront également intégrer d’autres piliers, parmi lesquels le niveau technique, le respect de la sécurité, la politique de formation, la qualité de la communication, la maîtrise des règles professionnelles ou encore la responsabilité sociétale. “Autant de défis à la fois passionnants et indispensables pour l’avenir”, conclut Thierry Muller.

Découvrez le magazine Espace public & PAYSAGE

Découvrez le numéro d’avril 2020, en cliquant ici

Espaces verts pour la conception, réalisation et gestion des espaces verts et des aménagements urbains. C’est le magazine le plus lus dans les services espaces verts des collectivités locales, depuis plus de 20 ans.
Profitez de ce moment pour lire et rejoindre le plus grand réseau professionnel, additionnez vos connaissances et partagez vos expériences
DANS CHAQUE NUMERO :
• de débats sur l’actualité et les tendances du secteur
• des témoignages de paysagistes concepteurs
• des projets et chantiers novateurs d’espaces publics, parcs et jardins..
• des partages d’expériences
• des nouveautés et innovations matériel et équipements
• des solutions en matière d’hygiène publique…

Appel aux dons
de masques, de blouses…

Le Samu Social 75 réitère à toute la communauté agricole son appel à don de masques, lunettes, combinaisons ou blouses.
Voici, ci-dessous, leur demande précise. Christine Laconde, directrice générale du Samusocial de Paris, a lancé un appel au don auprès du monde industriel, agricole et agroalimentaire pour disposer d’urgence de matériel de protection pour ses équipes qui en manquent cruellement. Les acteurs du monde agricole se sont déjà mobilisés sur le sujet, avec une invitation des Jeunes Agriculteurs à faire don de certains de leurs équipements aux personnes les plus exposées, notamment de masques, lunettes, combinaisons ou blouses généralement utilisés pour l’épandage de produits phytosanitaires. “Nos équipes sont actuellement en première ligne pour tenter de maintenir ouvertes nos structures d’hébergement, de soins de personnes sans-abris, nos maraudes. Mais les salariés, en particulier nos soignants, sont exposés à des risques de contamination au covid-19 compte tenu de la pénurie terrible d’équipements de protection. Outre les masques, nous n’avons plus du tout de stocks de vêtements jetables – surblouses, pyjamas, combinaisons, charlottes – et de lunettes de protection. C’est absolument urgent, dès dimanche nous n’aurons plus de stock… ” a indiqué la directrice.

Coronavirus : à situation exceptionnelle,
mesures exceptionnelles

Télétravail, activité partielle, autorisation d’absence rémunérée, chantiers et marchés publics reportés… Alors qu’en pleine crise sanitaire le confinement vient d’être logiquement prolongé, les entreprises et les collectivités continuent, avec plus ou moins de difficultés, à organiser leur activité. Objectifs : mettre en place les gestes barrières, distancer les équipes, maintenir un minimum d’activité… et surtout, tenir bon ! Voici les témoignages et les stratégies adoptées par des dirigeants d’entreprises et des collectivités.

L’ennemi est partout, invisible. Dans ce contexte si particulier, les règles ont changé. Désormais, les entreprises, institutions privées et publiques, sans aucune distinction, doivent réinventer leur manière de gérer leurs équipes, de produire, de livrer et d’assurer des services dans le respect le plus strict des mesures sanitaires édictées par le gouvernement (et le bon sens commun !). Mais rien n’est possible sans un minimum de main d’œuvre, de têtes pensantes, de fournitures et de matières premières.

Blocage total ou partiel

“Nous ne sommes plus en mesure de fabriquer nos produits, faute d’approvisionnement en matières premières (acier, tuyaux…) en raison de la fermeture brutale de nos fournisseurs. Nous avons fermé notre entreprise et mis le personnel au chômage partiel… On ne peut que subir, c’est du stress pour la santé de nos collaborateurs, de nos familles…” déplore la direction de l’entreprise Cornu, spécialisée et reconnue dans la fabrication de matériels d’entretien (désherbeurs, cuves…). Et quand l’activité est maintenue, le doute règne. Même réaction chez le fabricant de mobilier urbain Tôlerie Forezienne. “L’usine est passé en chômage partiel depuis le 17 mars, à la fois pour protéger nos salariés mais aussi car la majorité de nos clients sont à l’arrêt. Nous restons cependant à l’écoute de nos clients pour préparer le redémarrage et éventuellement répondre à des demandes urgentes, notamment dans le secteur médical” indique Joël Lemoine, le directeur.

Pour beaucoup d’entreprises, si la chaîne de production et/ou commerciale n’est pas bloquée, à l’image du Groupe Fabemi dont les usines restent ouvertes pour alimenter les négoces de matériaux toujours ouvertes (ndlr : à l’heure de la rédaction de cet article), un service minimum est assuré. Direction les usines de Proludic, spécialisée dans les aires de jeux. “Notre entreprise a réduit ses activités depuis le 23 mars, tout en mettant en place une organisation à même de répondre aux sollicitations de nos clients dans les activités essentielles de relation commerciale, de SAV, d’expédition, de prestations de service et de facturation (…) Nous avons déjà connu, par le passé, des situations de crise, parfois particulièrement impactante et préoccupante (incendie au printemps 2017 ayant détruit 50 % de nos moyens de production et 25 % de nos moyens administratifs). Notre volonté, notre détermination et l’implication de l’ensemble de notre personnel nous ont toujours permis de surmonter ces crises en préservant notre développement commercial à court et long termes. Ces expériences passées nous permettent aujourd’hui d’aborder cette nouvelle situation avec bien sûr tout le sérieux nécessaire mais aussi avec la confiance et la certitude de pouvoir en sortir renforcés, mieux préparés et humainement plus forts” indique Thierry Chambolle, directeur dénéral de Proludic. Heureusement, “notre trésorerie actuelle est très saine et nous permet de rester serein sur nos capacités financières à court et moyen termes et sur le soutien de nos partenaires bancaires. La visibilité sur la situation actuelle est restreinte et complexe et ses conséquences sur la trésorerie le sont tout autant. L’exercice de prévision est donc difficile mais nous y travaillons autant que possible” précise-t-il.

Du côté des usines et des agences de Lambert Clôtures, l’activité est réduite progressivement, faute de livraisons et de sollicitations du service commercial. “Nous avons la chance de travailler dans des conditions qui permettent de préserver la santé des collaborateurs (ateliers et entrepôts qui sont très vastes et aérés) en respectant scrupuleusement les consignes et gestes barrières qui empêchent la propagation du virus. Nous avons toutefois dû fermer progressivement 4 agences sur 5 car nos clients ayant arrêté leurs entreprises, l’activité s’est arrêtée brutalement :  aucun passage dans les agences depuis mardi 17 mars. Nous n’avons pas pu livrer les commandes qui étaient prêtes. Une seule agence reste ouverte à nos clients professionnels, sur RDV pour pouvoir préparer les commandes à l’avance. Nous sommes fermés à tout autre public. Nous sommes donc en service minimum, et pour nos équipes, cela signifie une mise en chômage technique” indique Carine Chesneau, présidente de l’entreprise. Et d’ajouter : “je remarque que je reçois beaucoup d’informations de la CCI, des banques, de l’expert-comptable, commissaire aux compte, mon réseau de dirigeant CJD. Tout le monde est très mobilisé pour être au chevet des entreprises dans cette tourmente. Le soutien est précieux pour accéder à la bonne information et éviter de prendre de mauvaises décisions”.

MGE Green Service, le distributeur de broyeurs, de tondeuses et autres rogneuses de souches, adopte une stratégie identique. “Nous avons décidé, en accord avec l’ensemble du personnel, de réduire de 50 % notre effectif, qui est donc aujourd’hui en chômage partiel à hauteur de 50 % de son temps habituel de travail pour, dans un premier temps, la période du 18 au 31 mars 2020. Ceci évidemment avec le respect des consignes données : distanciation, lavage des mains, organisation encore plus rigoureuse compte tenu des contraintes sanitaires… ” déclare Marc Denoueix, co-fondateur de l’entreprise avec Gérard Crosnier. “La bonne gestion d’une entreprise implique d’agir en permanence au niveau de la trésorerie car il s’agit d’une action au long cours. Nous le faisons avec nos partenaires bancaires avec qui nous partageons notre stratégie, nos objectifs. Le cas particulier de la crise du Covid-19 aura sans doute des répercutions sur nous comme sur la plupart des entreprises. Si elles vont au-delà de ce qui est mis en place chez nous, c’est seulement à ce moment-là que nous déciderons de faire appel ou non aux aides et soutiens de l’Etat, de la région ou autres”.

Organisation du travail : quelques exemples

  • Lambert Clôtures : “nos équipes administratives et commerciales sont en télétravail depuis le début de la semaine. Mais, peu à peu, le travail sédentaire se tarit faute d’activité commerciale, et les équipes, même en télétravail, sont placées en chômage technique (après épuisement des reliquats de RTT et de congés)” avoue Carine Chesneau. Reste à bien organiser le travail à distance. « La semaine dernière a été consacrée à organiser le télétravail pour certains, beaucoup à expliquer et rassurer les collaborateurs qui restent travailler dans l’entreprise, à vérifier le respect des gestes barrières, à produire les attestations de circulation, à comprendre les différentes annonces gouvernementales et leurs impacts sur notre quotidien, à se renseigner sur les dispositifs que nous pouvons actionner pour faire face à cette situation sans précédent… Il est bien difficile de se poser pour réfléchir à l’avenir étant données les circonstances et toutes les sollicitations dont le chef d’entreprise fait l’objet. La réflexion viendra peut-être après, si la situation perdure et que malheureusement l’activité se réduit complètement. Dans la situation actuelle, la priorité est de faire le plan de trésorerie et d’activer les aides à disposition».
  • MGE Green Service : pour la nouvelle organisation de l’entreprise, l’aménagement des temps de travail ont été pris en compte : les fonctions dans l’entreprise (maintien d’un service minimum vis-à-vis de la clientèle : pièces détachées, service hot line, logistique), les enfants, le partage de la garde des enfants avec le conjoint, le télétravail ou non du conjoint, les trajets domicile travail et la charge de travail au sein de l’entreprise selon les postes. “Nous avons immédiatement pris des décisions : arrêt de tous les déplacements programmés en France et à l’international, annulation et report de tous les rendez-vous tant avec les fournisseurs qu’avec les clients, même chose pour les formations prévues, annulation de toutes les réunions extérieures, limitation de l’accueil au strict minimum (le facteur, les camionneurs pour les livraisons ou les expéditions). Nous avions également prévus de participer à différents salons ou événements qui ont tous été annulés ou repoussés. Nous avons donc décidé d’annuler également tous les événements commerciaux prévus par nos soins d’ici à la fin juin 2020. Donc le début de la semaine dernière a été pris en grande partie pour tout annuler ou reporter, en gros contacter les clients, les fournisseurs les hôtels, les prestataires… Un contact de courtoisie est toujours bien perçu dans ces moments-là et c’est le minimum selon nous. Au niveau de la publicité et de la communication, pas de changement” indique Marc Denoueix.
  • Proludic :  “la nouvelle organisation se construit autant que possible sur la base du télétravail et permet aussi la poursuite des activités de recherche et développement, des ressources humaines, des services informatiques et communication. C’est, au final, l’ensemble des services de l’entreprise qui a adapté son fonctionnement pour rester opérationnel” indique Thierry Chambolle. “Les activités, en cette période, ne manquent pas et il faut aborder ces difficultés avec sérieux, calme et sérénité. Il s’agit tout d’abord de gérer au mieux la situation à court terme et en fonction des évolutions du contexte général et des préconisations de nos gouvernants. Comme dans toute crise, la communication et la pédagogie, tant vers nos équipes internes que vers nos parties prenantes externes, demandent une énergie et un temps important. Il s’agit, en effet, d’adapter au mieux l’organisation, dans l’intérêt de tous, et de bien faire comprendre les décisions prises. Dans un second temps, il faut d’ores et déjà réfléchir et préparer le retour à une situation et à une activité normales. Il s’agit donc d’imaginer différents scénarii de ‘’sortie de crise’’, d’anticiper les difficultés et les décisions à prendre dans les domaines de la stratégie commerciale, des recrutements, des investissements et de la politique sociale. Il faut, enfin, déjà tirer des leçons des événements actuels et des modes de gestion mis en place par l’entreprise afin de capitaliser sur ceux-ci et enrichir notre ‘’plan d’expérience’’. Cela permet sans cesse de s’améliorer, de sortir plus fort de cette épreuve et d’envisager sereinement l’avenir”.

Un peu d’optimisme

Jérôme de Mauroy, directeur marketing et communication chez Fabemi, affiche un certain optimisme. “Nous vivons une période très bizarre, qui nous pose pleins de questions : qu’avons-nous fait, ou plutôt, qu’est-ce que nous n’avons pas fait pour en arriver là ? Nous sommes tous concernés par cette situation car nous participons tous à notre vie économique, de près ou de loin. Nous ne pouvons pas dire que nous subissons, car nous avons tous le choix de décider pour nous ! Profitons de ce moment plus calme pour se poser les bonnes questions, pour regarder autour de nous et faire le point. Par exemple, comment je peux apporter le meilleur de moi-même en étant heureux dans mon ‘job’ en famille, avec mes amis… Notre activité va forcément en prendre un ‘coup’ alors que nous démarions l’année sur de très belles bases, grâce à votre travail (ndlr : le magazine Espace Public et Paysage !). Après le combat du virus, nous nous tournerons vers une autre mission : aller rechercher le chiffre d’affaires perdu. Je suis persuadé que les Français vont se tourner vers eux, rester plus en famille, chez eux, dans leur pays… D’ailleurs, combien de jeunes couples aujourd’hui cherchent à partir vivre à la campagne pour une vie plus proche de la nature ? Et avec ces évènements, heureux sont ceux qui ont un jardin ! Ils ne reprendrons pas les avions de sitôt, au moins pour 2020. Dans ce contexte, ils feront aussi peut-être plus confiance à nos entreprises, commerces, artisans… Préparons-nous à ce changement, soyons disponibles pour vite mettre en place des actions avec nos clients. Vous verrez, ils vont vite déclencher des opérations de reconquête. Nous sommes déjà sollicité… Dans certaines sociétés, les services marketing sont déjà sur le pied de guerre (en télétravail) pour trouver et imaginer toutes les actions marketing et communication à venir (sites internet, newsletter, réseaux sociaux…). Les gens ont du temps pour lire et s’informer. Profitez-vous aussi de notre position en télétravail pour faire un point avec nos interlocuteurs (s’ils sont connectés, bien sûr) et leur dire que nous sommes à leur écoute pour mettre en place des actions correctives (points sur les expositions, le stock, les actions futures…). Organisons nous !”.

Faire confiance aux entreprises françaises. Un avis partagé par Carine Chesneau. “En tant que personne, je suis inquiète, comme tout le monde, pour la santé de la population, de ma famille, de mes proches, de mes collaborateurs. S’ajoutent l’inquiétude et la responsabilité pour la santé économique et le devenir de mon entreprise. Il a été moralement très difficile de vivre les injonctions paradoxales des derniers jours : ‘restez chez vous’ (si vous ne le faites pas vous êtes irresponsables) et ‘il ne faut pas arrêter la machine économique et continuer à travailler quand c’est possible’ (message adressé aux entreprises). Le choix de fermer ou pas s’est reporté sur les chefs d’entreprise : soit on ferme pour protéger tout le monde et on met en danger encore plus son entreprise car les aides ne seront pas forcément au RDV, soit on continue à faire tourner l’entreprise au risque de passer pour un patron indélicat qui met ses collaborateurs en danger… La réflexion sur les opportunités viendra après, quand la crise sera passée. J’espère toutefois déjà, voyant la pénurie que certaines entreprises ont connu très tôt pour leurs approvisionnements lointains, qu’elles envisageront, à l’avenir, une stratégie d’achats plus locale et donc plus responsable à plusieurs titres (social, environnemental)”.

Le direction de MGE Green Service intègre la crise sanitaire actuelle dans un désordre plus global. “Avant le Covid-19 nous étions déjà dans une période de grandes turbulences avec les nombreuses transitions auxquelles nous devons tous faire face : transition climatique, transition numérique, transition géo-politico-économique. Le Covid-19 va sans doute chambouler la donne sur quelques sujets. On peut s’attendre à une relocalisation de certaines productions stratégiques (médicaments, équipements médicaux) et à certaines exigences nouvelles au plan sanitaire (secteur des plantes, secteur agro-alimentaire, hygiène). Il ne sera plus concevable de ne pas avoir de stocks de masques, de gants… à l’avenir. Donc il y aura un avant Covid-19 et un après. Nous travaillons déjà depuis pas mal de temps sur les nouvelles évolutions de nos métiers. Nous sommes dans une période de grandes ruptures qui vont bousculer nos habitudes dans des délais très courts. Le télétravail va sans doute sortir renforcé de cette épreuve du Covid-19. Comme tout le monde est touché, il faut espérer qu’un retour à la qualité et au sérieux sera mieux considéré par le grand public, par les professionnels et les collectivités. Sur le plan humain, tout le monde le sait mais tout le monde ne le dit pas : il est clair que le capital humain est le plus important dans un pays ou dans une entreprise. Quand on voit le dévouement du personnel médical et celui de ceux qui acceptent de continuer à venir travailler, on peut être fier des valeurs de notre pays. Au niveau européen, nous pouvions sans doute espérer un peu plus de solidarité, notamment envers nos amis italiens. Et puis, si tout le monde ferme, l’économie se retrouve à un niveau zéro. Si les entreprises qui le peuvent continuent de fonctionner, même à minima, alors le pays repartira non pas de zéro mais de 30, 40 ou 60 % et aura moins de mal à rebondir ensuite. Il ne faut pas se cacher que la distribution dans son ensemble est soumise à un effet de ‘ciseau’ important. D’un côté des fournisseurs ayant livré et facturé des matériels, d’un autre côté des clients ayant arrêté de travailler et, étant fermés et donc pas forcément intéressés de recevoir du matériel, qui ne payent pas. C’est ce décalage de règlement et donc de trésorerie qui peut faire très mal dans le secteur du machinisme alors que la période avril -mai -juin représente habituellement près de 50 % du chiffre d’affaires annuel. Un décalage de 2 à 4 mois peut être extrêmement dommageable. Ceci arrivant après une année horrible en 2019 pour les tondeuses et les épisodes ‘gilets jaunes’. L’Etat français, l’Europe, les collectivités locales doivent tous tenir leurs engagements de soutien à l’économie et surtout respecter les annonces faites. Ceci tant vers les employés (financement du chômage partiel), que vers les entreprises (prise en charge du chômage partiel, soutiens économiques divers…). Si, par grand malheur, le Covid-19 devait occasionner plusieurs dizaines de milliers de décès, des pertes d’emplois énormes (on est déjà à 500 000 postes d’intérim équivalents temps plein en moins entre le début et la fin mars 2020 !), des faillites en grand nombre…. alors ce serait bien plus grave que la déjà très grave crise des ‘gilets jaunes’… Mais je veux terminer sur une note optimiste. Oui, soyons optimistes car ce pays, son peuple, ses services publics et ses entreprises ont des ressources insoupçonnées que beaucoup nous envient à travers le monde”.

Saurons-nous sortir de cette crise sanitaire la tête haute ? Saurons-nous également gérer une autre urgence, celle du dérèglement climatique ? Cette dernière prend du temps. Trop sans doute. Ne faisons pas les mêmes erreurs, apprenons et agissons. Rappelez-vous qu’un arbre planté peut tout changer !

Crépy-en-Valois (60) : autrefois épicentre de l’épidémie, aujourd’hui modèle à suivre

Aux dires de Nicolas Inglebert, directeur des services techniques de la Ville de Crépy-en-Valois, l’une des premières villes touchées par le coronavirus Covid-19, quasiment 100 % des services publics sont assurés. “Prenons l’exemple de la voirie. L’entretien est fait, pas plus ni moins que d’habitude. En toute objectivité, notre réputation de ville propre est maintenue. Par ailleurs, nous avons pris la décision de fermer nos toilettes publiques, question d’hygiène. Dans tous nos véhicules, dédiées ou non à la voirie, nous avons également fait le choix de mettre à disposition des lingettes désinfectantes (volant, poignée de vitesse…) et du gel hydroalcoolique. Pour ces consommables, nous avons anticipé nos achats avant la crise actuelle et avons suffisamment de stock” précise-t-il. Du côté des espaces verts, tous les agents sont mobilisés, exceptés ceux dont le conjoint travaille dans le domaine médical, afin de pouvoir garder les enfants à la maison. “Sur le terrain, ils travaillent vite car ils ne sont plus dérangés par la circulation, la population… Cependant, les règles sont strictes : pas de travail côte-à-côte ni de réunions de plus de deux personnes. D’ailleurs, les réunions de service ont été annulées. Tout fonctionne par messagerie interposée, type WhatsApp, y compris avec la gendarmerie nationale et l’éduction nationale”. D’autres agents travaillent de chez eux, notamment dans le secteur administratif. “Nous leur avons prêté des PC pour ceux qui n’en avaient pas. Les logiciels de finance, de dessin… habituels ont été installés. Instauré depuis quelques semaines, ce mode de travail fonctionne très bien… Les procédures sont juste un peu plus longues car les connexions sont plus difficiles. Mais je crois qu’on en tirera des leçons pour l’après crise et qu’on réfléchira pour instaurer du télétravail”.

En ce qui concerne les paiements, la Ville paie toujours dans les temps. “Là où ça coince, c’est dans les entreprises prestataires, qui ont pris du retard dans les facturations” indique-t-il. “Le problème se situe aussi chez les fournisseurs, notamment en pièces détachées. Peut-être envisagerons-nous d’en fabriquer en interne. On réfléchit au jour le jourEn tout cas, les entreprises ont la qualification et les outils que nous n’avons pas (exemple : la taille en rideau). Nous sommes dépendants, en quelque sorte, de leur activité”.

Malgré des services bien rôdés, gérés parfois par messagerie interposée, Nicolas Inglebert exprime un certain pessimisme. “Comme mes confrères, je me pose beaucoup de questions. Admettons que ce coronavirus soit dissipé, je crois que le redémarrage ne sera pas si rapide car il faudra relancer la production, les livraisons et rattraper le retard accumulé. Des appels d’offres seront à nouveau lancés mais les entreprises y répondront-elles ? N’est-il pas temps que les collectivités retrouvent une certaine autonomie, qu’il faudra mettre en place avec le temps ? Quoi qu’il en soit, on est tous dans le même bateau. Pour nous, la priorité sera de terminer les chantiers engagés avant de réfléchir aux investissements futurs”.

Des aides de l’Etat ? Nicolas Inglebert n’attend rien. “Dans les collectivités, nous attendons juste plus de clarté sur ce qu’on peut faire ou pas sur le terrain : qui peut travailler ? Dans quelles conditions ?… Tout est flou. On peut néanmoins se demander comment le gouvernement va gérer le financement des arrêts de travail, car actuellement, c’est la commune qui paye” avoue-t-il.

LES EDITIONS DE BIONNAY :
une diffusion exceptionnelle de tous nos magazines

Nous sommes tous sur le pont et engagés pour vous accompagner, avec l’ADN qui est le nôtre depuis plus de 25 ans, être à vos côtés et à votre écoute”, explique Erick Roizard. “Dès le lundi 16 mars, nous avons mis notre équipe rédactionnelle en télétravail, et le lendemain l’équipe commerciale. Pour limiter les déplacements, les proximités… et respecter les consignes de sécurité et de protection sanitaire tous en assurant la continuité de service auprès de nos lecteurs et de nos annonceurs.
La première semaine a été consacrée à cette organisation car pas si simple de travailler à distance, notamment pour les jeunes recrues qui vont devoir acquérir une expérience un peu inédite sans être complétement aguerris aux procédures alors que, habituellement, notre équipe est rassemblée sur un seul site. Avec Martine Meunier, nous passons aussi beaucoup de temps à refaire nos budgets prévisionnels et nos plans de trésorerie selon diverses hypothèses, à étudier différentes stratégies. Notre entreprise est saine mais nous savons tous que des circonstances exceptionnelles peuvent révéler certaines vulnérabilités en matière d’organisation. Dans une PME comme la nôtre, même si nous avons toujours encouragé la polyvalence, nous en profitons pour réécrire et réactualiser certaines procédures.

Nos annonceurs sont présents, ils anticipent déjà la reprise même s’il y a des incertitudes. Ce qui est sûr, c’est qu’être proche de la nature, de chez soi, dans un parc, un jardin ou un terrain de foot, ce sont des besoins que nos concitoyens vont redécouvrir, avec avidité et grand plaisir, dès la fin du confinement et à ce moment-là, ce seront les entreprises de nos filières, les services espaces verts et les services des sports qui seront en première ligne.   

Pour ce qui est des magazines et des éditions en cours, notre imprimeur est en chômage technique depuis quelques jours, donc les n° d’avril ne seront pas imprimés. Nous avons donc décidé de les sur-diffuser par PDF à nos abonnés et à tous nos prospects par e-mails (il est vrai que nous disposons de super bases de données qualifiées) et les mettre aussi gracieusement à disposition de tous les professionnels sur nos sites* car ce temps est aussi un temps de lecture, d’informations, de réflexion…

Cette crise est aussi une opportunité de développer et d’accélérer la digitalisation de nos services, nous avions déjà le BHPENLIGNE.COM et développé la plateforme PLACEDUPRO.COM pour présenter à tous les professionnels de la ville, du sport et du paysage, tous les produits et services des fournisseurs, avec de nombreuses actualités. Avec plus de
7 000 lecteurs par mois, et de nombreux partenaires, elle progresse et s’impose comme la première plateforme professionnelle de nos filières. Là encore, ce temps suspendu est pour certains annonceurs le moment de prendre le temps de rattraper du retard et de nous envoyer les informations (textes, photos…) pour mettre en ligne leurs produits. Nous sommes donc très attentifs, très vigilants et, comme toute notre équipe, à votre écoute. Et nous entendons bien relever, avec vous, cet incroyable défi”
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*espacepublicetpaysage.com ou placedupro.com