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Quels substrats de plantation pour l’arbre urbain ?

Dans une logique de réutilisation des terres en place, amendements, supports de cultures ou encore biostimulants permettent d’offrir un substrat fertile et de qualité à l’arbre urbain.

Comme nous le savons, les sols urbains sont loin d’être les sols naturels riches en humus où s’installent spontanément les arbres. Hétérogènes, pauvres ou encore asphyxiés, ils sont peu adaptés à l’arbre qui doit alors se développer dans des conditions difficiles. Offrir un substrat de qualité est alors fondamental pour des plantations pérennes où l’arbre pourra s’enraciner et se développer de façon durable.

Al’heure de la transition écologique qui s’amorce et alors que les citadins semblent de plus en plus attachés à l’arbre urbain, vecteur d’ombre et de fraîcheur, la protection et le développement du patrimoine arboré sont des enjeux prépondérants pour l’avenir de nos villes. Pollution de l’air, espaces aérien et souterrain restreints avec la présence de nombreux réseaux, blessures causées par les véhicules, imperméabilisation des surfaces, chaleur exacerbée, effet venturi, tailles répétées… ceux-ci doivent faire face à des conditions de vie particulièrement difficiles. Alors imaginez-vous, qu’en plus de tout cela, ils n’aient qu’un sol hétérogène, maintes fois remanié, pauvre et asphyxié, pour s’enraciner… Le pari est loin d’être gagné, surtout si l’on souhaite que l’arbre verdisse durablement nos cités. Il s’agit alors de bien planter, de façon responsable et respectueuse de ces êtres vivants. En plus de prévoir une fosse de plantation la plus grande possible, de choisir des espèces adaptées à l’espace disponible et au climat ou encore d’assurer un arrosage durant au moins deux ans après la plantation, une des conditions nécessaires est donc de lui offrir un substrat de qualité, gage d’un bon enracinement.

Veillez à offrir à l’arbre les conditions nécessaires à son développement : fosse de plantation de bonne dimension, avec éventuellement une dalle de répartition pour les charges, dispositifs de protection du tronc et des racines, suivi d’arrosage pendant au moins deux ans…

Besoins de l’arbre urbain

A la plantation, l’arbre urbain a donc de besoin d’un substrat de qualité : il doit être fertile (riche en matière organique et en éléments minéraux assimilables par l’arbre), présenter une texture et une structure stable et aérée propice à la rétention de l’eau, et être vivant (bonne activité biologique), pour favoriser le développement du système racinaire et ainsi l’ancrage de l’arbre. Selon la qualité du sol en place, la taille, l’espèce et l’âge du sujet ou encore la période de plantation, la dose et le type d’apport doivent être adaptés. Ainsi, entre biostimulants bénéficiant d’une AMM, supports de culture riches en matière organique et en éléments minéraux et amendements organiques (norme NF U44-051), producteurs et fournisseurs proposent de nombreuses solutions pour offrir un substrat de qualité aux arbres.

Amendements organiques

Les amendements organiques, principalement composés de matières carbonées végétales, souvent d’origine contrôlée, sélectionnées pour leur potentiel agronomique, recyclées, compostées et destinées à la reconstruction de la matière organique stable (humus du sol), permettent d’améliorer les propriétés d’un sol au niveau physique (stabilisation, aération, lutte contre l’érosion), chimique (formation du complexe argilo-humique et contrôle du pH) et biologique (renforcement de l’activité de la vie du sol). Comme l’explique Christian Dambrune de la société Frayssinet, “l’amélioration du potentiel de fertilité et de la nutrition de la terre végétale (ou mélange terre/pierres) des fosses de plantations est fondamental. L’apport d’un amendement organique qualitatif en mélange dans la partie supérieure de la fosse (0 à 80 cm selon la taille du sujet), avec un dosage à moduler selon l’analyse de sol, permet de rétablir l’équilibre biologique et nutritionnel des sols”.
Ainsi, il existe des amendements organiques à base d’intrants 100 % végétaux, comme Activie BT de BHS. “Sous formes de miettes pour une répartition homogène dans le substrat, il offre un très bon taux d’humus produit, qui favorise la vie du sol et permet de le restructurer en vue du développement racinaire” précise Morgane Bernard, chef de produit engrais chez BHS. “Sans oublier l’Activie® Tech Plus, doté d’un coefficient isohumique très élevé (770) qui assure une importante production d’humus stable dans le sol. La forte teneur en matière organique évite les lessivages des éléments nutritifs”. Autre amendement 100 % végétal de Compo Expert “le Karisol® composé principalement de tourteau de karité (60 %), de coques de cacao et de compost végétal certifié, labellisé ‘Produit Naturel’ (Qualité France et UPJ) utilisable en UAB. En proposant un rendement en humus très élevé, il possède de hautes performances agronomiques pour la plantation d’arbres”.
De son côté, Terra Fertilis propose Crecilis®. “Produit UAB à base de charbon végétal, obtenu par pyrolyse de biomasse issue de forêts gérées durablement, Crecilis® est fabriqué en Normandie. Grâce à sa très haute teneur en carbone organique stable, il permet d’améliorer durablement les propriétés physico-chimiques du sol : capacité accrue à retenir les nutriments et l’eau, structuration du sol permettant une meilleure circulation de l’eau et de l’oxygène, amélioration des échanges entre le sol et les racines…” ajoute Stéphane Ledentu, gérant de Sylva Fertilis.
Stimulateurs de croissance racinaire

Les amendements peuvent être supplémentés de biostimulants, type stimulateur de croissance racinaire (NF U44-204), et sont alors appelés matière fertilisante avec additif agronomique. Ici, aucune vie (bactéries, champignons, levures) n’est introduite dans les sols pour respecter le micro-biote endémique qui se développerait naturellement :
• Vegevert SDR de Frayssinet, sous forme de poudre ou pulgran, “composé de tourteaux et pulpes de fruit, fumier de moutons, bourres de laine, auxquels s’ajoute le stimulateur de croissance racinaire Osyr (AMM n°1030003, Ecocert et UAB). Ce principe actif d’origine naturelle végétale protège les auxines des mécanismes oxydatifs et active le processus de lignification cellulaire. Il stimule les défenses naturelles et favorise une meilleure nutrition. Il peut aussi s’appliquer au niveau des racines en étant dilué avec de l’eau (type Osiryl ou Xeox), pour optimiser le déploiement des radicelles et la croissance du système foliaire, pour favoriser la reprise végétative au printemps. Ces produits s’utilisent à la dose de 2 à 3 applications d’une solution à 2 ‰ à 10 jours d’intervalle” relate Christian Dambrune. Tout comme l’Organic Vegetal SDR (UAB), le Vegevert SDR s’applique avec un dosage de 15 à 20 kg/m3, à moduler selon l’analyse du sol ;
• Vitanica P3 de Compo Expert. “Cet amendement est composé d’extraits d’algues (Ecklonia maxima) riches en équivalent auxine, qui déclenchent la création de radicelles blanches. S’ajoutent des acides aminés et des vitamines pour favoriser la croissance des arbres. Il s’applique par pulvérisation ou par arrosage” précise Stéphane Grolleau.

L’enracinement n’est pas chose facile pour l’arbre urbain : avec des sols hétérogènes, pauvres, stériles, asphyxiés, sans vie, et avec peu d’espace souterrain disponible et de nombreux réseaux, mieux vaut lui offrir de quoi se développer sereinement pour une installation durable dans nos cités face au changement climatique !

Activateurs de sol

Il existe également des amendements organiques avec activateur de sol, dont la logique est de “travailler avec les forces en présence” :
• Activ’Tonic® (UAB) de BIO3G que présente Fabrice Sinqsous, chef de marché “cet amendement organique (NFU 44-051), sous forme de bouchons à mélanger aux terres de remblais ou terre végétale, est composé de matières végétales (dosage de 3 kg/m3). Il comprend l’activateur de sol Rhizeos®, développé en collaboration avec le CNRS et l’INRA : sans apporter de bactéries ou de champignons qui viennent d’ailleurs, il booste les activités enzymatiques microbiennes permettant un flux de nutriments et de minéraux plus intense, optimisant ainsi l’enracinement et la croissance des végétaux. Mélangé dans l’eau, il peut être apporté par Pal-injection durant la vie de l’arbre”.

Préparations microbiennes

Enfin, il existe des amendements avec préparation microbienne, qui s’inspire des relations présentes dans les sols entre racines, champignons, bactéries ou encore levures, à l’image du “Vitalnova Energyl® (classé UAB), sous forme de granulés à mélanger au substrat (3 kg/m3) ou à épandre en surface (30 g/m2). Il est composé d’un support à base de calcaire, dolomie et gypse. Sont ajoutées les bactéries Bacillus amyloliquefaciens IT 45 (AMM n°1100014) qui colonisent les racines, stimulent la production de radicelles et solubilisent en même temps le phosphore qui est alors bio-disponible pour l’arbre, lui permettant de bien s’ancrer dans les sols urbains. Les levures LYCC6420 Saccharomyces cerevisiae (AMM n°1100009), aussi comprises dans le mélange, vont stimuler la vie du sol et améliorer ainsi le processus de minéralisation et d’humification de la matière organique” poursuit Marc Ribeyron d’ICL Specialty Fertilizers.
Aussi, comme le rappelle Fabrice Barraud, directeur R&D chez Premier Tech Horticulture, “la tendance actuelle à utiliser des matières recyclées (terre de décapage, béton concassé, briques…) pour les chantiers urbains ne doit pas nous faire oublier qu’il s’agit de réintroduire de la vie dans ces nouveaux substrats inertes et stressants pour le développement de l’arbre. Afin de booster ces nouveaux mélanges, la société a développé un amendement organique biotisé Urbamix® utilisant des matières premières stables, renouvelables, à faible impact carbone, biosourcées et fortement additivées en endomycorhizes (Glomus intraradices Premier Tech PTB297 – AMM 1170375) et en Bacillus (Bacillus pumillus Premier Tech PTB 180 – AMM 1150019) produits selon le procédé exclusif aseptique développé par Premier Tech”.

Supports de culture

Les supports de culture sont nombreux : terre végétale, terre de bruyère, écorces de pin, terreaux… le choix est vaste ! Certains d’entre eux, apportés en quantité raisonnable, permettent d’améliorer les terres en places extraites des fosses de plantation. On trouve notamment :
• Or’Activ Pro : “c’est un terreau de plantation (écorces compostée, compost vert, fibre de bois, fumier de volaille, bovin et cheval, algues marines) agrémenté de notre principe actif Rhizeos® (UAB). Il agit directement sur la minéralisation et l’humification des matières organiques par stimulation de la vie microbienne. Disponible en sac de 50 L, en vrac et en big-bag, le dosage est de 50 L/1 m3” souligne Fabrice Sinqsous de Bio3G.
Des stimulateurs de croissance peuvent là aussi être ajoutés au support de culture (NF U44-551/a4), à l’image d’Orgasyl ‘Plantation’ (UAB) de Frayssinet. “Pour les sujets à haute valeur et/ou reprise capricieuse, et pour sécuriser l’environnement hydrique et stimuler le biotope racinaire, l’apport de cette solution en mélange à la terre périphérique des racines est un facteur de réussite. Il s’utilise à la dose de 70 à 140 L/arbre, à moduler selon la taille du sujet” explique Christian Dambrune de Frayssinet.

Supports de culture avec mycorhizes

Un large choix s’offre donc aux gestionnaires désireux de planter des arbres, celui-ci étant encore étoffé par des supports de culture intégrant des champignons et/ou des bactéries, s’inspirant alors de la mycorhization naturelle des sols.
Premier Tech Horticulture a ainsi spécifiquement formulé un “support de culture biotisé, adapté aux plantations d’arbres, favorisant la ré-humectation et assurant l’oxygénation des racines. Le substrat de plantation Mycotech PM101, dont la formulation garantit un très bon drainage du sol et une optimisation de l’apport en eau, contient des spores pures d’endomycorhizes (AMM n°1170375). Cette innovation permet à l’arbre de s’enraciner plus rapidement dans son nouveau milieu par une symbiose plante-champignon au niveau des racines, qui lui permettra de résister à tous les stress de la vie urbaine”.
Sylva Fertilis propose ainsi le “biostimulant naturel UAB Trilis® : composé de charbon végétal pelliculé de champignons mycorhiziens, type Mycor (AMM n°1301001), il améliore la capacité de l’arbre à prélever eau et nutriments. Trilis® favorise ainsi la reprise des arbres fraîchement plantés et leur résistance aux aléas climatiques” explique Stéphane Ledentu.
Autre solution : “le terreau universel Père François d’Or Brun (avec engrais NF U 42-001 et additif agronomique AMM 1171275), adapté pour une croissance durable grâce aux engrais organiques et au fumier composté. Il améliore la reprise des plantations et développe un système racinaire grâce à l’ajout de mycorhizes et de bactéries Azospirillum” précise Maud Lebris, directrice Marketing et Communication chez Or Brun. Et Agnès Chanteau Foucher, coordinatrice commerciale chez If Tech, d’ajouter “produites et homologuées par notre société, les mycorhizes, intégrées à ce terreau, vont faciliter l’utilisation des éléments nutritifs, renforcer la tolérance au stress abiotique, stimuler la croissance des arbres tout en les connectant les uns aux autres en souterrain grâce au réseau mycélien. Pour la plantation d’un arbre en ville, il suffit de mélanger 50 % de terreau universel à 50 % de terre en place. Suivi d’un arrosage, cette application est écologique car ce terreau est composé de matières renouvelables et durables”.
Pour réussir la plantation de vos arbres, voici donc de nombreuses solutions qui garantiront son installation pérenne, pour une ville plus verte.

Le terre/pierre en plein questionnement ?

Le mélange terre/pierre a été initialement développé pour planter des arbres au niveau d’espaces urbains carrossables (parkings végétalisés, alignements de voirie…), afin de répartir les charges exercées sur le système racinaire par les véhicules. Aujourd’hui souvent utilisé de façon systématique dans une ville, alors même qu’aucune contrainte de portance existe, la “recette” de fabrication (1/3 terre ; 2/3 pierre) religieusement appliquée, quel que soit le contexte, fait l’objet d’un requestionnement. En effet, s’il n’y a qu’un tiers de terre, il y a 3 fois moins de minéraux et d’eau : le mélange va en effet capter, par exemple, 20 L au lieu de 60 ! Des proportions qui doivent donc être adaptées selon que l’on se trouve à Marseille, où l’eau est rare, ou bien dans le massif central, où les sols ont tendance à être gorgés d’eau…

Article du numéro de Novembre- Décembre 2019, abonnez-vous

Osons l’arbre à la ville comme à la campagne !

“L’arbre est l’être vivant végétal ayant le plus grand potentiel de rafraîchissement, de climatisation, d’ombrage, tout cela pour un plus grand confort urbain” prône Bruno Sirven. Il faut donc oser l’arbre en ville qui apporte bien plus de bienfaits qu’il ne créé de désagréments.

En étant l’être végétal le plus grand, le plus fort et le plus durable, l’arbre est un incroyable atout pour la biodiversité et le confort de nos villes. Le milieu urbain, qui regroupe une multiplicité de milieux certes souvent inertes et minéralisés, offre pourtant de multiples opportunités pour planter des formes héritées de nos campagnes. Ainsi, osons l’arbre et la diversité de ses formes et de ses espèces pour une ville du futur plus ombragée, accueillante, saine, durable et vivable.

L’arbre, cet être ô combien vénérable, est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Des forêts urbaines que les grandes métropoles et agglomérations souhaitent planter à la Forêt amazonienne qui part en fumée, l’arbre est aujourd’hui reconnu un peu plus chaque jour comme acteur majeur, à la fois de lutte et d’adaptation au changement climatique. Mais beaucoup d’élus sont encore réticents : risques sécuritaires, dégradations des trottoirs, surveillance régulière, plaintes des habitants, risques d’allergies, entretien que l’on préfère éviter… certains en viennent même à abattre la majorité de leurs arbres, quitte à rendre l’espace urbain invivable et “infréquentable”. Une aberration sous nos latitudes, où les étés sont de plus en plus brûlants, et lorsqu’on connaît les multiples bienfaits de l’arbre. Ainsi, “il faut oser imaginer et réaliser un arbrement à la hauteur des différents enjeux environnementaux et sanitaires, fonctionnels et esthétiques, qui touchent à l’existence même des populations urbaines” témoigne Bruno Sirven, géographe et chef de projet chez Arbre et Paysage du Gers, qui prône une transposition des formes rurales de l’arbre au milieu urbain, pour une ville plus “durable” et propice à la biodiversité.

Les multiples formes rurales de l’arbre (petits boisements, haies bocagères, arbres isolés, alignements guidés ou allées plantées plus libres, lisières, vergers…) peuvent être transposées au milieu urbain et à sa diversité d’espaces publics (boulevards promenades, rues, faubourgs, parcs, squares…).

Ombre, fraîcheur,  biodiversité… une nécessité pour la ville du futur

A la ville comme à la campagne, “nous avons besoin d’arbres, à la fois pour leurs bienfaits sur la santé et pour leur réponse au changement climatique. Mais cette vérité est d’autant plus vraie en ville, milieu caractérisé par une dominante minérale et des sols artificialisés. L’arbre est l’être vivant végétal ayant le plus grand potentiel de rafraîchissement, de climatisation, d’ombrage, tout cela pour un plus grand confort urbain. Paradoxalement, alors que l’automobile lui a progressivement volé sa place dans les villes, qui ne cherche pas une place à l’ombre d’un arbre pour garer sa voiture, surtout lorsqu’il fait 40 °C ? L’absence d’arbre est donc aujourd’hui catastrophique pour les villes, et cela partout en France. Et quand un élu semble réticent à planter des arbres et veut en abattre pour diverses raisons valables, je lui réponds que je vois aujourd’hui des places de villages désertées dans le sud de la France, où les terrasses de café et les commerces ont fermé, car tous les arbres y ont été abattus et que la chaleur y est infernale. Ainsi, il faut de l’ombre pour, les places, les marchés, les aires de jeux, les jardins, afin d’accompagner les trajets et les flâneries. L’arbre est un parasol hors-pair dont ne peuvent se passer nos villes aussi bien méditerranéennes que celles du Nord de la France. Le pouvoir de l’arbre réside également dans le fait qu’en tant que plante géante, dure et durable, il tient une place d’autant plus importante dans l’espace et dans le temps, et dont les effets, sont, de fait considérablement augmentés. Il offre par exemple à la biodiversité un véritable abri pérenne. En effet, plus qu’aucun autre végétal, il offre le gîte et le couvert à une faune diversifiée car, chez lui, tout se consomme (bourgeons, feuilles, branches, écorce, lichen…). Un incroyable cortège lui est ainsi associé (faune, flore et fonge) aussi bien visible qu’invisible, car ce que l’on voit en partie aérienne se retrouve également en souterrain”.

Planter en milieu urbain : plus de potentiel que l’on croît !

Installer un arbre en ville n’est pas une mince affaire, tout le monde en conviendra, le milieu étant principalement inerte et stérile. Mais comme l’explique Bruno Sirven, “il s’avère que les opportunités sont plus nombreuses qu’on ne le croit. Effectivement, la ville est caractérisée par une grande diversité d’espaces où les contraintes et éléments naturels (eau, relief, pédologie) sont aussi présents. Bords de route, talus, abords de campings ou de stades, zones inondables ou encore bords de rivière sont autant d’opportunité pour planter un arbre isolé, un petit bosquet. Et cela peut se faire à moindre frais, en laissant s’ensauvager ou se régénérer de façon spontanée un lieu tout en le contrôlant, ce qui assure d’ailleurs, par la suite, un entretien moindre et une plus grande durabilité d’implantation du végétal. Les espaces privés sont également un potentiel énorme de développement du patrimoine arboré, à l’image de beaucoup de villes, même en Afrique, où les nombreuses cours intérieures sont mouchetées d’arbres. Les périphéries urbaines présentent aussi un incroyable potentiel : étonnamment, c’est au niveau de zones de lotissements construits il y a 20 à 30 ans que l’on retrouve souvent le plus de biodiversité (insectes, oiseaux, abeilles), remplaçant les périphéries horticoles d’antan”. Ainsi, si vos centres urbains sont trop denses, plus d’excuses ! Encouragez les propriétaires à planter sur les espaces privés et profitez du potentiel qu’offrent les périphéries pour développer votre patrimoine arboré et, par ce biais, la biodiversité !

“Un arbre, même mort, apporte la vie”. Ainsi, pour favoriser la biodiversité en ville, il est bien de conserver des arbres morts dans des endroits sans risques sécuritaires. Souvent étêtés de façon à n’être pas trop hauts et ébranchés, et ressemblant alors à des sortes de totems, de nombreux insectes et oiseaux s’en emparent volontiers.

Un “arbrement minimum” et adapté

L’objectif est de réussir un bon “arbrement”. Pour cela, plusieurs facteurs entrent en jeu.
Tout d’abord, sur la forme : “il faut adapter les formes végétales des campagnes au degré d’urbanité des villes, aux ambiances désirées et bien sûr à l’espace disponible et à son échelle de paysage. Et attention, le propos n’est pas de recréer la forêt amazonienne chez nous, mais chacun peut respecter un ‘arbrement minimum’ sans forcément implanter une forêt urbaine. La pensée française est en effet bien souvent manichéenne : c’est tout ou rien, alors même que la gamme des possibles est large ! Le maître mot est alors le ‘bon dosage’ et chaque ville peut trouver son compte à travers les multiples formes rurales de l’arbre : petits boisements, haies bocagères, arbres isolés, alignements plus guidés ou allées plantées plus libres, voûtes boisées, lisières, vergers… chacune étant adaptée à des profils spatiaux différents (boulevards promenades, rues, faubourgs, parcs, squares). Ces formes, que j’appelle ‘équipements’, sont ainsi définies par des rythmes, des densités, des effets de transparence différents qui répondent à la diversité des espaces et ambiances que l’on trouve en milieu urbain” complète Bruno Sirven.
Ensuite, sur le fond, c’est-à-dire sur la sélection des espèces : “l’important est de choisir l’arbre qui se débrouillera le mieux possible sans quasiment aucune aide (le milieu urbain est tout de même rude pour un arbre livré à lui-même !), autrement dit le plus autonome et le plus durable. Ainsi, il s’agit de choisir un ‘arbre de pays’ que l’on trouve à proximité, adapté aux contraintes locales (climatiques, pédologiques), sans pour autant être une espèce ‘locale’. En effet, en France, celles-ci (chêne, érable, frêne…) ont une aire de répartition qui dépasse l’Europe ! Arbres sauvages ou domestiques, tant que l’arbre se débrouille et est adapté, il n’y a pas de dogme !”.

Introduire la diversité à chaque échelle

Quand on parle de diversité, il faut certes offrir une mosaïque de milieux, mais il ne faut pas tomber dans l’extrême et essayer à tout prix de réaliser des alignements d’arbres de 15 espèces différentes par exemple. Comme en témoigne le chef de projet d’Arbre et Paysage 32, “comme d’habitude, tout est question de juste dosage et la diversité se développe à différentes échelles de réflexion :
• pour commencer, à l’échelle du territoire : le fait d’avoir un alignement de 150 m de chênes puis, 50 m plus loin, un second alignement d’érables sur 100 m de long amène déjà de la diversité. Il ne s’agit donc pas, coûte que coûte, de trouver une palette hyper-diversifiée au sein d’un même alignement, d’autant plus que l’exercice est complexe au vu de la gamme déjà restreinte par les contraintes du milieu urbain. C’est donc à une échelle globale qu’il faut réfléchir, notamment à travers des outils comme le PLU, et dans les projets d’aménagement neufs où le principe de bocage peut, par exemple, être transposé ;
• puis, au sein même de la palette végétale des ligneux : arbres de moyen ou de haut-jet, arbustes petits et grands et plus ou moins buissonnants, il s’agit d’utiliser les différentes opportunités verticales des strates ligneuses. Et c’est sans oublier les lianes qui sont adaptées au milieu urbain dense, de nombreuses communes ayant entamé un important travail pour permettre les plantations en pied de façade. C’est dans cette logique que l’idée d’un ‘bocage urbain’ est particulièrement intéressante ;
• enfin, il faut savoir faire varier les compositions et les formes en fonction de leur emprise horizontale : ligneux isolés, linéaires, surfaces, en continu ou en discontinu… La variété de ces formes participe de fait à la diversité des milieux et donc à la biodiversité”.

Conserver l’existant, anticiper le renouvellement

Face à la nécessaire préservation de la biodiversité, un plaidoyer doit être fait en faveur des “vieux arbres” en ville ou, en tout cas, des arbres existants, le turn-over étant particulièrement rapide en ville et l’arbre n’atteignant rarement plus de 60 à 80 ans. “Il faut que les paysagistes et les urbanistes, et plus globalement les aménageurs soient moteurs dans l’utilisation de l’existant, car l’acte de planter est un traumatisme pour tout le monde : l’arbre, le sol…” prône Bruno Sirven. Aussi, les arbres d’un certain âge offrent bien plus de services écosystémiques qu’un jeune plant et accueille, par leur taille, une faune plus importante. Il est donc nécessaire de conserver les formations en place mais cela implique, de fait, d’anticiper leur renouvellement et, cela, de façon régulière. “Sur une place plantée d’une trentaine d’arbres, le fait d’en remplacer 3 à 4 de façon cyclique permet de ne pas dénaturer l’ambiance paysagère et d’offrir de l’ombre en continu. Pour les alignements très structurés, le renouvellement est moins évident : souvent l’ensemble des sujets est abattu. Le principe de contre-allée plantée, qui recrée une lisière arborée, est alors intéressant en offrant de l’ombre le temps que le nouvel alignement prenne le relai. Selon ce système de relais qui est fondamental, la haie bocagère, avec plusieurs sous-étages de végétation, propose un bon ‘fond de roulement’ que ce soit pour ses actions climatiques que pour son rôle en faveur de la biodiversité” conclut Bruno Sirven.
Ainsi, osez l’arbre en ville : inspirez-vous de nos campagnes pour dessiner les trames vertes urbaines de demain, qui seront autant de corridors écologiques pour la faune et la flore urbaine et de couloirs verdoyants et frais pour les concitoyens.

Pour un milieu vivant
Pour Bruno Sirven, auteur de l’ouvrage ‘Le Génie de l’Arbre’, qui pose des fondamentaux et des éléments de logique trop souvent oubliés aujourd’hui pour planter des arbres en ville, un milieu vivant s’établit
par la complexité du paysage qui entrecroise quatre grands paramètres nécessaires :
• hétérogénéité des espaces : il faut créer une mosaïque
de milieux entre espaces ouverts/fermés, petits/grands,
continus/discontinus ;
• rugosité des surfaces : la vie doit pouvoir “se frotter,
s’accrocher” à des obstacles qui filtrent les flux biotiques
et abiotiques (vent, eau, gaz, animaux, végétaux,
champignons, bactéries…) qui leur assurent à la fois fluidité et fixité : éléments topographiques comme des arbres, haies, prairies, murets, talus, reliefs divers…;
• la porosité du substrat : un maximum d’échanges doit être possible entre l’atmosphère (l’air et le ciel) et la géosphère
(la Terre) ;
• la diversité des espèces.

Article du numéro d’Octobre 2019, abonnez-vous

Marquer ses arbres, un retour gagnant !

L’habitude s’est perdue : de moins en moins de gestionnaires et de paysagistes concepteurs se rendent en pépinières pour choisir et marquer leurs arbres, alors même que les avantages sont multiples. En effet, chaque arbre est unique et n’est pas usiné comme un caniveau CC1 ou CS1 : aller marquer ses arbres permet ainsi d’adapter son choix selon la disponibilité, la qualité du matériel végétal, l’état sanitaire et l’esthétique de l’arbre, mais aussi d’aller
à la rencontre des pépiniéristes, pour un enrichissement partagé.

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Août-Septembre 2019, abonnez-vous

L’apport de micro-organismes : du sol stérile au sol fertile

Faire avec l’existant et le sol en place, en réactivant la vie du sol, voilà les principes de la biostimulation. Cette pratique, qui s’appuie sur la logique d’économie circulaire comprend, notamment, l’apport de bactéries, levures et champignons. Réintroduits dans les sols urbains souvent pauvres et sans vie, ils permettent de recréer des sols fertiles et vivants propices au développement pérenne des végétaux.

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Juin-Juillet 2019, abonnez-vous

Maintien de l’arbre : des solutions multiples

Les premières années de vie d’un arbre fraîchement arrivé en ville sont souvent éprouvantes et périlleuses. L’aider à se maintenir face aux vents quotidiens, tout en lui laissant la liberté de bouger pour mieux s’enraciner, est alors nécessaire, avec de nombreuses solutions disponibles entre tuteurage, stabilisation, ancrage ou encore haubanage.

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Mai 2019, abonnez-vous

Maromme : l’arbre, une respiration, un poumon vert

A proximité immédiate de Rouen, la Ville de Maromme a su, au fil des années, préserver et renforcer la présence de l’arbre en ville, malgré des contraintes urbanistiques fortes. PLU, veille foncière, recettes de l’exploitation du bois communal, plantations avec les enfants… autant d’outils pour développer le patrimoine arboré urbain, véritable priorité pour l’équipe municipale.

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro d’Avril 2019, abonnez-vous

Orléans : l’arbre, un être vivant à protéger

Au bord de la Loire, entre les forêts de Sologne et d’Orléans, la cité orléanaise fait la part belle à l’arbre. Bien-être, santé, fraîcheur, respiration, biodiversité,… l’arbre est au cœur d’une politique volontariste menée par la Ville depuis plus d’une dizaine d’année, pour une présence accrue et une protection renforcée de celui-ci face aux agressions du milieu urbain. PLUi, Charte de l’Arbre Orléanais, cahier technique de plantations… autant
d’outils pour préserver l’arbre en ville.

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Mars 2019, abonnez-vous

Quelles politiques incitatives en faveur de la protection et du développement de l’arbre en ville ?

La végétalisation et la plantation de la ville doivent être encouragées comme des actions d’adaptation aux changements climatiques. La canopée urbaine permet de lutter contre les îlots de chaleur.

La notion de services écosystémiques rendus par la nature, et en particulier par les arbres en ville, conduit aujourd’hui à l’émergence de nouvelles logiques d’urbanisme pour créer des villes plus durables. Paradoxalement, face à ces perspectives très favorables pour la filière paysage mais surtout pour la qualité de vie des citadins, il subsiste curieusement un manque flagrant de manifestation d’intérêt ou d’encouragement, tant au niveau
des organisations locales que des politiques nationales. Comment dans ce contexte imaginer des politiques incitatives et volontaristes en faveur du retour de la nature en ville ?

Si l’idée que les arbres plantés en ville ne sont pas que des objets de décoration, que leur utilité couvre un nombre très vaste de domaines, n’est pas une idée nouvelle, les résultats des recherches scientifiques internationales menées depuis plus de 50 ans en apportent aujourd’hui des preuves irréfutables à ce qui n’était hier que simple intuition.

Vers une reconnaissance des services rendus par les arbres

Que l’on étudie le sujet sous un angle environnemental ou social, sanitaire ou économique la nature offre des services variés indispensables pour compenser les maux de nos métropoles modernes : atténuation des îlots de chaleur par la canopée urbaine, dépollution de l’air et des sols, solutions alternatives à la gestion des eaux pluviales et à l’assainissement des eaux usées, lutte contre l’érosion de la biodiversité, impacts positifs et multiples sur la santé, le bien-être et le lien social, bénéfices économiques et valorisation foncière des territoires…
Ces fonctions et répercussions positives pour notre société, qualifiées aujourd’hui de services écosystémiques, sont ainsi de plus en plus mises en avant dans les études prospectives sur les modèles de villes résilientes.
Mais, curieusement, elles sont encore très timidement prises en compte dans les orientations politiques tant nationales que locales.
De nombreuses résistances subsistent à tous les niveaux, des freins culturels et organisationnels empêchent actuellement ces idées d’être prise en compte à la hauteur des enjeux.

Impasse végétalisée à Paris : toutes les petites initiatives sont à favoriser !

Vers des politiques incitatives

L’adaptation des villes aux changements climatiques passe, par exemple, par la nécessité de développer la canopée urbaine. Ce développement pour s’accompagner d’effets sensibles et durable passe par une ambition territoriale forte : 1 million d’arbres plantés à New York ou en projet à Brisbane ou Los Angeles, plus de 300 000 arbres à planter à Montréal d’ici 2025 pour passer de 20 à 25 % de surface de canopée urbaine.
Or l’analyse des patrimoines verts des grandes villes montrent que l’enjeu dépasse les seules institutions publiques locales mais concerne de manière globale tous les habitants et acteurs du territoire urbain. Sur l’agglomération lyonnaise, par exemple, près de 80 % des 3 millions d’arbres poussant sur le territoire de la Métropole sont situés sur domaines privés, seul 10 à 20 % sont directement la propriété des acteurs publics.
Or, avant d’inciter à planter, il faut d’abord convaincre de protéger ce qui existe.
En effet, depuis plus d’un siècle le développement des villes conduit à la disparition d’une grande proportion de ces arbres privés remplacés par des constructions. Cette disparition des arbres crée une carence de nature dans les nouvelles zones urbanisées nécessitant des politiques de compensation par les collectivités avec la nécessité de créer des espaces verts publics. Une inversion s’opère ainsi progressivement entre le centre et la périphérie : en périphérie, dans une commune résidentielles bordée d’espaces naturels, les arbres sont nombreux et majoritairement sur le domaine privé (jusqu’à 95 % du total des arbres), alors qu’au cœur de l’agglomération la situation s’inverse : d’une part, les arbres sont moins nombreux, mais ils sont majoritairement, voire presque exclusivement publics. La protection des arbres s’organise dans les règlements d’urbanisme avec le classement d’individus ou de boisements, par exemple en “Espace Boisé Classé”. Or il faut bien reconnaître que ces classements sont rarement demandés par les propriétaires privés qui les considèrent davantage comme une sanction dévalorisant leur parcelle que comme une reconnaissance de qualité. Pourtant si l’on classe des arbres privés c’est implicitement pour reconnaitre leur utilité pour la communauté tout entière, et pas simplement pour leur propriétaire qui lui en assume la charge et la responsabilité. Pire si le classement entraîne une servitude qui déprécie la valeur globale du terrain, le bénéfice en revient aux parcelles voisines dont la valeur grimpe automatiquement par la présence de ces arbres classés à proximité. Aussi une logique de reconnaissance des services écosystémiques devrait servir à corriger cette injustice, en évaluant et rétribuant ces services aux propriétaires d’arbres ou de boisements classés. On pourrait, par exemple, imaginer de sortir les surfaces arborées classées de l’assiette de calcul de la taxe foncière, en compensant par une augmentation de la taxe sur les terrains non boisés qui n’apporte pas cette plus-value au quartier. Cette mesure équitable et neutre économiquement pourrait être un signal incitatif pour encourager la protection des arbres, la replantation et les demandes de classement volontaire des arbres par les propriétaires privés.

Inciter à planter davantage la ville

Importance des arbres privés dans la couverture
de canopée d’une ville.

De même, si la plantation d’arbres, le développement de surfaces végétalisés dans les jardins comme sur les bâtiments ou les voiries doivent permettre de rendre la ville plus vivable, alors comment imaginer des politiques incitatives et volontaristes capable de lancer un véritable signal ?
Aujourd’hui les politiques en la matière ne dépassent que rarement la simple approche réglementaire, basée sur des objectifs quantitatifs vécus comme des contraintes par de nombreux aménageurs et particuliers. On verra sur le parking d’un centre commercial apparaître à la création des arbres, souvent chétifs entre les places de stationnement, car la règle impose, par exemple, un arbre pour quatre places. Mais généralement le sens de cette exigence n’est pas compris, les arbres sont plantés pour respecter la règle d’urbanisme, mais dans des conditions si médiocres qu’une majorité d’entre eux aura disparue dans les cinq ans, libérant un désert minéral, dégradant encore un peu plus les paysages d’entrée de ville et amplifiant le développement des îlots de chaleur urbains. Le sens profond et les véritables finalités des règles d’urbanisme restent trop souvent incompris, et c’est pourquoi on cherche plutôt à les contourner plutôt qu’à les satisfaire comme une participation à une œuvre collective.
La végétalisation et la plantation de la ville doivent être encouragées comme des actions d’adaptation aux changements climatiques.
Pour cela, il est d’abord nécessaire de faire œuvre de davantage de pédagogie afin que le grand public et les acteurs locaux comprennent la nécessité de leur implication directe dans cette stratégie. L’enjeu de la transformation de la ville par une végétalisation accrue ne pourra pas se réaliser seulement par des investissements publics, mais par la multiplication de petites et moyennes initiatives de personnes, associations et aménageurs encouragés et accompagnés par leurs collectivités.
Au niveau local, des aides pourraient être envisagées pour planter des arbres de la même façon que l’on aide à l’achat d’un vélo électrique. L’achat de végétaux pourrait être également facilité en lien avec des groupements de producteurs locaux et accompagné de conseils sur le choix des essences adaptées. Les travaux de plantation confiés à des entreprises dans les périmètres urbains pourraient faire l’objet de défiscalisation partielle dans le cadre d’une stratégie nationale ambitieuse d’adaptation des villes aux changements climatiques et d’amélioration de la qualité de l’air…
Des dons ouvrant des possibilités de défiscalisation via des systèmes de financement participatifs pourraient également être envisagés pour ceux qui veulent agir, transformer leur ville mais n’ont pas de terrain pour cela. À Berlin (*) un système de “crowdfunding” de ce type permet de choisir précisément l’arbre projet que l’on souhaite financer. Les systèmes de compensations écologiques des entreprises polluantes devraient permettre de financer des projets de plantations locales qui bénéficient directement au quartier impacté par l’activité…
Bref toutes sortes de dispositifs incitatifs peuvent et doivent être imaginés si l’on souhaite réellement agir et améliorer la qualité de vie de près de 80 % de la population qui vit dans les villes.
Cette politique doit d’abord s’appuyer sur une médiatisation bien plus massive en direction du grand public, s’accompagner d’un véritable effort de pédagogie afin de faciliter la compréhension des enjeux et de l’importance d’une contribution, même minime de chacun à cet effort collectif.
Les incitations financières sont ensuite indispensables pour permettre de faciliter le passage à l’acte et faire de cette végétalisation de la ville une véritable cause publique.

Frédéric SEGUR
Métropole de Lyon
Animateur GT Espaces Verts, Nature et Paysage de l’AITF
fsegur@grandlyon.com

Article du numéro de Février 2019, abonnez-vous

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dans le numéro de Janvier 2019, abonnez-vous

Patrimoine arboré menacé, comment lutter ?

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Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Novembre-Décembre 2018, abonnez-vous