Archives de catégorie : Débats & Opinions

La phrase

« Notre ambition est d’améliorer la protection et l’entretien des jardins et espaces publics en alliant sécurité et environnement, en s’appuyant sur l’innovation dans chacune de nos trois grandes catégories de produits, en particulier le biocontrôle » a déclaré Lionel Orcel, nouveau président de l’UPJ.

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Diplômé de l’ISARA Lyon (2001) avec une spécialisation en agrobusiness, Lionel Orcel a commencé sa carrière en tant que Chef de produit dans le domaine du jardin avant d’intégrer la société Nufarm en 2005 à différents postes (Marketing France, Marketing Développement Europe, Responsable de la Business Unit Nufarm Espaces verts Europe). En 2016, il prend la Direction de l’ensemble des activités agricoles et non agricoles de Nufarm France. Il intègre par la suite le groupe BHS durant l’été 2019 en tant que Directeur Général Adjoint en vue de développer les activités non agricoles. Présent dans les groupes de travail de l’UPJ depuis 2001, il en devient administrateur en 2012 puis membre du Bureau avant d’en prendre la présidence. Un nouveau poste synonyme de changement pour l’UPJ.

Au côté de Nicolas Marquet, Directeur Général de l’UPJ, Lionel Orcel a fait le choix d’une nouvelle gouvernance, composée de trois Vice-Présidents, dans le but de renforcer chacun des pôles inhérents à l’association. Marie-Laure Biannic, Directrice Générale de Lodi Group, sera en charge de la partie ‘Biocides’, Pierre Becid, Directeur Affaires règlementaires de Compo France SAS, du pôle ‘Biocontrôle et santé végétale’ et Christophe Juif, Directeur Général d’or Brun, pour la partie ‘Matières fertilisantes et supports de culture’.

« Notre ambition première est d’améliorer la protection et l’entretien des jardins et espaces publics en alliant sécurité et environnement, en s’appuyant sur l’innovation dans chacune de nos 3 grandes catégories de produits avec en particulier le développement du biocontrôle. La constitution d’une nouvelle gouvernance permet à l’UPJ d’inscrire ses différents pôles dans une stratégie propre à chacun d’entre eux et de déployer leurs actions pour une meilleure efficacité » a-t-il déclaré.

Déchets verts et économie circulaire

A l’occasion de la deuxième édition des Trophées Paysagistes pour l’Environnement (photo des lauréats), Pellenc et l’Ademe ont proposé des pistes de réflexion sur les déchets verts à travers une table ronde et des témoignages réunissant plusieurs acteurs engagés.

A The camp, campus d’innovation dédié à la ville de demain près d’Aix-en-Provence, Pellenc et l’Ademe ont organisé un colloque sur le thème “déchets verts et économie circulaire”. Plusieurs acteurs, issus d’horizons variés (experts, collectivités, entreprises…), ont ainsi pu échanger sur leurs expériences respectives et sur les bonnes pratiques à mettre en œuvre pour réduire la production et mieux valoriser les résidus végétaux. Chaque année, ce sont
en effet plus de 4,7 millions de tonnes de déchets verts et bio déchets qui sont collectées et qui doivent pouvoir être réutilisées à bon escient.

Pourquoi en matière de protection de notre environnement, notre espèce (humaine, supposée plus intelligente, ndlr) ne ferait pas aussi bien, voire mieux, que les espèces animales et végétales ?
Quand on analyse le cycle de vie d’un produit qui comprend extraction, fabrication, assemblage, distribution et utilisation, on étudie souvent son recyclage. “Mais cette opération est très énergivore tant en matière de transport que de traitement, il est préférable de faciliter le remplacement des pièces d’usure pour prolonger la durée de vie des produits et matériels” a expliqué Emmanuel Delannoy, consultant spécialisé en économie circulaire.
Aujourd’hui, même si le catastrophisme l’emporte souvent, on peut aussi voir le verre à moitié plein ou à moitié vide. Le changement est en cours (climatique, épuisement des ressources…). Nous devons apprendre à faire face à ces changements et nous y adapter. Le monde change, il faut changer, petit à petit car les solutions alternatives existent, on les connaît mais peu les utilise (ex. co-voiturage…), il faut s’engager dans ces solutions, le faire chaque jour un peu plus. Il est nécessaire de développer une nouvelle manière de penser la conception et le réusage des produits. Comment créer cette même valeur pour l’entreprise et ses clients ? Ajouter des alternatives ou de nouveaux services ?
Certaines solutions alternatives existent ou sont en cours d’élaboration, à l’exemple d’une toile en PLA comme alternative aux conteneurs utilisés pour la production des végétaux, ce qui supposerait de revoir tout le système de production horticole (rempotage…) et de distribution. Et d’approvisionnement auprès des pépiniéristes locaux pour réduire son impact carbone ! Mais on peut argumenter, comme le fait Corine Bourgery (ingénieur agronome et urbaniste, Citare) “que l’alternative aux conteneurs horticoles est de semer des graines ou de planter en racines nues conformément aux pratiques forestières. Ce qui suppose toutefois que l’on accepte qu’un paysage, qu’un jardin se forme avec le temps, avec le sol…”.

Des déchets verts ? Non un précieux résidu !

Pour Sandrine Candelier, du Pôle Économie Circulaire de l’Ademe : “interdit depuis les années 80, le brûlage est une double aberration : d’une part, car il pollue l’air et d’autre part car on détruit un stock de matière organique. Le but principal est d’éviter de détruire et de jeter ces résidus pour les considérer comme une ressource. Il faut pouvoir utiliser cette matière organique indispensable pour les jardins, leur sol et leurs plantes”.
Branchages, tailles, tontes, feuilles mortes, fleurs et plantes fanées, écorces, herbes folles… sont qualifiés de déchets verts, un terme impropre car il s’agit de résidus. En effet, le terme de déchets implique règlementairement qu’ils soient détruits. Or ce sont une ressource indispensable pour pailler les sols et les massifs, réduire l’arrosage, empêcher la pousse des adventices et amender le sol : l’enrichir et lui apporter de la matière organique (azote, phosphore…) et de la vie. L’idéal étant de les réutiliser sur place pour limiter les transports (bilan carbone) car ils constituent de la matière organique pour les sols. Ces changements de pratiques nécessitent information, formation et éducation. Que fait-on de ce stock de résidus verts et quel impact sur le mode d’entretien du jardin public, ou privé ?
Pour les jardins privés, et éviter l’évacuation en déchetterie, de nombreuses collectivités développent des services subventionnés pour proposer des prestations de broyage à domicile chez les particuliers qui le souhaitent (entre 30 et 60 euros l’intervention) avec des petits broyeurs qui se déplacent de jardin en jardin.
Réduire la production de résidus verts nécessite de planter le bon végétal au bon endroit, selon l’emplacement et les contraintes du lieu, pour éviter de tailler arbres et arbustes.
A Martigues, explique Bénédicte Pourtalès, “avec un agriculteur, nous développons l’éco-pâturage pour remplacer le fauchage traditionnel sur certains espaces naturels car les ovins sont plus sélectifs que les faucheuses, ou pour entretenir nos pistes DFCI (Défense des Forêts Contre l’Incendie) en forêt communale. Pour réduire nos déchets verts, nous rehaussons aussi nos hauteurs de tonte : on réduit les exports et les prélèvements et on utilise les résidus de tonte pour pailler nos massifs. Les bois et branches élagués sont un gisement pour produire des plaquettes de chauffage ou du BRF pour le paillage des massifs. Le bois nous sert aussi pour réaliser des haies de benjes, pour remplir des gabions et fabriquer des hôtels à insectes qui servent avant tout à communiquer”.

Changer nos pratiques

Pour Emmanuel Delannoy, conférencier et consultant spécialisé en économie circulaire : “il s’agit d’appliquer le concept d’économie circulaire aux espaces verts avec tous les outils à disposition”.
A l’exemple de la ville de Marseille comme l’a relaté Didier Vidal : “depuis 2009, nous avons introduit une gestion écologique des espaces verts dans cette ville ou l’on manque d’espaces verts au regard du nombre d’habitants, même si nous avons un grand parc par arrondissement. Concrètement, il faut utiliser le bon végétal au bon endroit pour éviter leur taille, rehausser la hauteur de tonte et espacer les tontes sur certaines pelouses… et donc limiter les résidus verts”.
Pour pouvoir gérer les jardins et les espaces verts de manière durable, les habitudes et les perceptions doivent évoluer. Selon Corinne Bougery, cela commence par “accepter qu’en Méditerranée, l’herbe n’est pas verte toute l’année par exemple”. Une idée soutenue par Sandrine Candelier, pour qui “un jardin sans pelouse uniforme, ni haies taillées très nettement, peut également être joli”. Mais qui ne fait pas l’unanimité, en effet, comme le souligne Didier Vidal, les végétaux, les arbres et les pelouses rafraîchissent la ville. Si on a arrêté l’arrosage des espaces visuels comme les ronds-points, on arrose les espaces usuels (détente, jeux, pique-nique…) que sont les pelouses dans les grands parcs urbains car ils apportent de la fraîcheur et du confort aux Marseillais.
“Tout notre débat, reprend Corinne Bourgery, est à ramener à notre conception des espaces verts et à l’attente sociale, il faut reconsidérer ce que l’on apprécie pour son esthétique de la nature, car l’homme n’aime pas la nature”.
“A titre personnel, on peut partager ces beaux discours mais concrètement que devient mon entreprise, s’interroge Jean Michel Roche (Les jardins de Pauline) car on est dans un sytème économique et il faut servir un salaire à nos collaborateurs”.
Quel que soit le sujet, il est de votre responsabilité. Nous avons toujours une bonne raison de ne rien faire, or l’enjeu actuel est que chacun fasse quelque chose la relation avec son métier, son quotidien, ses habitudes. Il faut agir là où l’on a des compétences, et avec beaucoup d’intelligence car il y a de nombreuses solutions à adopter et à choisir selon le lieu, le contexte et le moment. L’expertise, c’est agir de manière efficiente avec une stratégie et une batterie d’outils et d’actions pour se resynchroniser avec la biosphère. Cela suppose d’observer et de travailler avec le vivant, pour parfois moins intervenir.
“Quand on s’inscrit dans une telle démarche, explique Quentin Lefaucheux (président de l’Unep Méditerranée), on donne du sens car on explique pourquoi et comment on procède. On a parfois un devoir de désobéir à un CCTP, on prend certes un risque, mais on doit expliquer qu’il existe une alternative, par exemple ne pas installer un arrosage automatique mais planter luzerne et achillée. Quand on explique les enjeux et les solutions tout le monde comprend, même si cela fait débat, il faut communiquer sur ce que l’on fait et pourquoi on le fait”.
“Faire équipe avec la vie, souligne Emmanuel Delannoy, c’est travailler avec la nature, cela demande beaucoup d’intelligence et surtout beaucoup d’humilité ”.
“Il faut aussi se déconnecter de la valeur marchande, où tout s’achète et tout se vend ; or c’est parfaitement contradictoire de donner un prix à ce qui n’en a pas. La biodiversité n’est pas l’ennemi de l’économie mais tout n’est pas réductible à une valeur marchande, car beaucoup plus que la seule valeur marchande ; le sujet n’est pas quantitatif mais qualitatif”. C’est aussi tout l’enjeu de ces Trophées Paysagistes pour l’environnement qui sont aussi le prétexte à ce colloque.

A propos du groupe PELLENC

Le groupe PELLENC, créé en 1973 par Roger Pellenc, compte aujourd’hui parmi les leaders mondiaux d’équipements pour l’agriculture spécialisée et les espaces verts et urbains. Son développement s’est fondé sur une politique d’innovation permanente, visant à anticiper les évolutions de ses marchés et proposer à ses clients professionnels des solutions toujours plus performantes. Une stratégie qui a conduit au dépôt de 1081 brevets et abouti à de nombreuses récompenses attestant de l’excellence des produits PELLENC.
Fort de 1 700 salariés, 19 filiales, 7 sites industriels en France et dans le monde, un techno-centre R&D de 200 ingénieurs situé en France, près de 800 distributeurs et plus de 500 000 clients dans le monde, le groupe (258 M d’€ de CA) s’est imposé comme un leader international.
Le groupe PELLENC conduit également une politique environnementale globale, en proposant une gamme complète de produits “Zéro Emission”, en développant et en exploitant un outil industriel répondant aux normes d’éco-construction et par une logistique optimisée, visant à réduire la production de déchets et son impact environnemental.

Article du  numéro d’Octobre 2019, abonnez-vous

Appel à l’action pour une ville nature !

Dans le cadre du programme “Cités vertes pour une Europe durable”, Val’hor et le CIBI, lancent un appel à l’action pour la ville-nature. Après avoir éclairé l’importance des solutions fondées sur la nature, autrement dit des infrastructures vertes pour la résilience des villes face au réchauffement climatique, l’enjeu pour Val’hor et le CIBI est de mobiliser acteurs publics et privés pour une plus grande intégration du végétal en ville.

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Août-Septembre 2019, abonnez-vous

Le paysage, créateur de lumière

Flux quantique à la fois vital et merveilleux, matière tantôt artistique, naturelle et artificielle, voire sacrée, la lumière révèle l’invisible, l’indicible parfois, et invente de nouveaux paysages en fonction du contexte, des lieux, des usages et de la sensibilité
du concepteur, afféré à la mise en lumière d’un édifice ou d’un jardin. Se pose alors une question, essentielle : comment créer des ambiances nocturnes en fonction des partis pris paysagers ? Sara Castagné, conceptrice lumière et directrice générale
de l’agence Concepto, nous dévoile la genèse d’un projet de mise en lumière et la nécessaire collaboration avec les paysagistes.

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Juin-Juillet 2019, abonnez-vous

Agriculture urbaine : quel cadre juridique ?

Réalité économique et productive, écosystème en devenir, sanctuaire nourricier pour les ‘locavores’, laboratoire d’innovations sociales et environnementales… L’agriculture urbaine, qui se développe sous différentes formes et usages (jardins ouvriers, toitures vertes, murs végétalisés…), s’intègre de plus en plus dans le mitage intra-urbain. Mais cette filière émergente, ‘multi-activités’, soulève de nombreuses questions réglementaires (statut, foncier, application du Code Rural…).

Article paru dans le numéro de Mai 2019, abonnez-vous

 

Daniel Boulens : une vie professionnelle bien remplie

Le 7 février dernier, Emmanuel Mony, président de l’ELCA (European Landscape Contractors Association) et président de Tarvel Segex, en présence de Gérard Collomb, maire de Lyon, remettait les insignes de l’ordre national du mérite, à Daniel Boulens, à l’issue de son parcours professionnel et de son départ à la retraite. Retours et analyses sur ce parcoursde près de 40 années consacrées aux espaces verts, au cadre de vie et à l’environnement.

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro d’Avril 2019, abonnez-vous

Sondage

Aménagements neufs : les revêtements perméables deviennent presque systématiques !

Intégrez-vous systématiquement des revêtements perméables (résines, béton drainant, stabilisé…) dans vos projets neufs ?

Oui 62 %
Non 38 %

 

D’après ces résultats, les gestionnaires de l’espace public sont de plus en plus sensibilisés et incités à couvrir les sols des aménagements neufs par des revêtements perméables. Un avantage pour rendre la ville un peu plus résiliente dans la gestion de ses eaux pluviales.

Eau et changement climatique, l’urgence est là !

Le changement climatique influe directement sur la ressource en eau, engendrant “la baisse de débit des fleuves, à l’image de la diminution de 30 % du niveau du Rhône en 2017. Cela peut engendrer des problèmes de refroidissement des réacteurs nucléaires et de fonctionnement des centrales hydroélectriques” explique Elisabeth Ayrault, directrice générale de la Compagnie Nationale du Rhône.

Le colloque national “Eau et changement climatique, une journée, des solutions” qui a eu lieu à Lyon, a réuni plus de 800 scientifiques, élus et acteurs de l’eau, pour échanger et débattre autour de la question, plus que vitale, de l’adaptation au changement climatique. Avant tout, celle-ci doit être un projet de territoire et une action partagée entre tous les acteurs concernés, avec la nécessité de faire percoler le débat scientifique chez les citoyens.

“L’eau est un enjeu vital, un défi climatique, avec une ressource qui, aujourd’hui, n’est plus garantie à chacun, d’où la nécessité d’une fiscalité écologique”. Voilà ce qu’a rappelé lors de son intervention au colloque, François de Rugy, Ministre de la Transition écologique et solidaire. On connaît depuis les remous qu’a engendré la création d’une taxe carbone… Pourtant, l’urgence climatique est bien là, comme en ont témoigné tous les intervenants et participants à la journée, à l’image des présidents des sept comités de bassins métropolitains qui ont entamé la journée, mais aussi de Jean-Louis Etienne, médecin, explorateur et écrivain, grand témoin du colloque. Pour lui, “la Terre est atteinte d’une fébricule, une petite fièvre, avec une légère augmentation des températures, dont on commence à s’inquiéter seulement lorsque les symptômes apparaissent. Cette ‘légère’ dérégulation de la température dûe au changement climatique est en fait une véritable bombe thermique : lorsque 50 cm d’eau montent à une température de 27 °C, un cyclone se forme aussitôt, d’où la multiplication de ces évènements climatiques, par exemple, au niveau du Golfe du Mexique. Ainsi, en rejetant des quantités anormales de CO2 qui, rappelons-le, est un gaz rare (seulement 0,02 % de la composition de notre atmosphère) et un gaz ‘trace’ s’éliminant très lentement, nous avons modifié la machine climatique, caractérisée par une inertie colossale”. Ainsi, Jean-Louis Etienne se souvient que, déjà en 1989, lors d’une expédition au pôle, l’un de ses amis explorateurs évoquait le fait “que le processus climatique est enclenché…”.

L’urgence climatique

Le dernier “baromètre de l’opinion 2018” des Agences de l’eau, du Ministère et de l’Agence française pour la biodiversité révèle que, désormais, le changement climatique est le sujet environnemental qui préoccupe le plus les Français (47 %, soit 9 points de plus qu’en 2011), le plaçant alors devant la biodiversité (45 %) et la qualité de l’eau potable (42 %). Suite au dernier rapport alarmant du GIEC (Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat), les consciences semblent donc enfin se réveiller, ce qui est plus que vital face à l’urgence climatique. En effet, comme le souligne Martial Saddier, président du Comité de bassin Rhône-Méditerranée, “l’inertie de la machine climatique est telle que l’on doit se retrousser immédiatement les manches, avec un scénario qui prévoit d’ores et déjà + 1,5 °C d’ici 2050. L’autre scénario à + 2 °C, qui se produira si l’on met du temps à agir sans coordination des échelles d’actions et des acteurs, engendrera des changements bien plus importants ‘que seulement 0,5 °C supplémentaire’,comme le pensent de nombreuses personnes. Ainsi, nous nous attaquons au plus grand défi climatique de l’histoire, dont nous mesurons déjà les effets sur nos territoires : dans les Alpes du Nord, nous avons déjà atteint une température moyenne annuelle de + 1,5 °C, à l’image de la Mer de glace dans la vallée de l’Arve qui recule à vue d’œil”. Un autre problème de taille commence à se présenter dans les milieux montagnards, à l’instar de plusieurs villages d’altitude qui, cet été, n’ont plus eu assez d’eau potable pour approvisionner les foyers, nécessitant alors l’intervention des pompiers équipés de citernes.
Face à ces constats, les présidents des 7 comités de bassin, qui correspondent aux 7 grands bassins hydrographiques français et qui réunissent différents acteurs publics et privés agissant dans le domaine de l’eau, ont rappelé la nécessité d’impliquer tous les acteurs de l’eau (pêcheurs, ostréiculteurs, agriculteurs, collectivités, syndicats de rivières, propriétaires privés, industriels…) afin de gérer la ressource en eau, celle-ci devant être regardée de façon transversale et patrimoniale. L’eau est en effet l’affaire de tous, en appartenant à la fois “à tout le monde et à personne”, et il convient donc de renforcer la solidarité territoriale, notamment la solidarité amont/aval, et de mettre en place une coopération décentralisée pour gérer et préserver la ressource eau.

Des problématiques différentes selon les bassins

Le changement climatique affecte tous les milieux, les acteurs, les régions géographiques, tout en révélant des problématiques différenciées selon les caractéristiques et enjeux de chaque territoire. Ainsi, pour le bassin Loire-Bretagne, la préservation des zones humides devient un enjeu majeur. Pour le bassin Corse, qui a vécu un été 2018 très humide, marqué par des épisodes de type mousson, à l’opposé d’un été 2017 et un hiver 2018-2019 très secs à l’origine d’incendies hivernaux qui ont ravagé dernièrement 1 500 ha de forêts, la raréfaction de la ressource est un vrai problème. Surtout lors du pic estival, avec 35 % de l’économie reposant sur le tourisme, où la population passe de 330 000 habitants à 3 millions de personnes, posant alors des questions de surdimensionnement des ouvrages pour acheminer ou stocker l’eau. Au niveau du bassin Adour-Garonne, Martin Malvy, président du comité de bassin, alerte sur la corrélation entre diminution de la ressource et problème de périurbanisation, avec 60 000 ha imperméabilisés chaque année en France. “Sur le bassin, 2 milliards de litres d’eau par an sont consommés. Mais d’ici 30 ans, un déficit de 1,2 milliard de L d’eau/an est prévu… C’est mathématique : nous devons réduire notre consommation en eau et changer le niveau de confort auquel chacun s’est habitué. Et même dans l’hypothèse de maintien de la pluviométrie actuelle, le problème serait là, le développement en périurbanisation d’ici 2050, laissant présager la construction de 10 à 20 fois plus de surfaces minérales imperméables autour des grandes villes telles que Toulouse, Bordeaux, Agen…”. Le Comité de bassin Adour-Garonne a d’ailleurs créé une plateforme de recherche pour recenser les solutions, innovations et technologies pour une gestion économe de l’eau. Autre incertitude liée à une météo de plus en plus capricieuse et imprévisible : le fait d’assurer à des industriels qui désirent s’implanter sur un territoire qu’ils auront de l’eau dans 10 ans et, cela, tout au long de l’année…

Des solutions locales pour un problème global

De nombreuses solutions ont été évoquées lors de cette journée afin de traiter “ce problème global à une échelle locale”. Comme l’ont rappelé plusieurs intervenants, il s’agit avant tout d’établir des propositions structurantes et localisées pour être adaptées à chaque contexte. Laurent Roy, directeur général de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse précise que “sur les 500 000 000 € de budget annuel pour les 6 Agences de l’eau (soit 2,5 milliards d’€ sur 5 ans), 40 % vont être dédiés au changement climatique, en subventionnant des projets de territoire pour économiser la ressource en eau (détection fuites réseaux, irrigation, réutilisation des eaux traitées usées), avoir recours à des solutions techniques innovantes (déconnexion des eaux pluviales des réseaux d’assainissement, chaussées réservoirs, trottoirs drainants) et basées sur la nature (fossé drainant, noue, bocage, surfaces vertes…) pour favoriser l’infiltration dans les nappes souterraines” qui sont, soyez en sûrs, les meilleurs bassins de stockage qu’il existe !
Dans tous les cas, il s’agit d’accélérer les mesures et de les associer les unes aux autres. Et le panel de solutions est large : reconquête des sols compactés, principe de sur-inondation, cohérence entre l’installation d’une activité et la nature du sol en place, protection des lieux de captage, préservation des milieux naturels et des zones humides, stockage (à savoir qu’en France, on ne stocke que 4 à 5 % des eaux pluviales, contre 20 % en Espagne), installation de sondes tensiométriques reliées à des stations météo, obligations réglementaires dans les PLU à destination des promoteurs et autres aménageurs privés pour favoriser l’infiltration, recyclage des eaux usées, récupération des eaux de pluie dans des citernes ou des cuves, innovations agro-écologiques ou encore reconquête de la qualité de l’eau pour augmenter la disponibilité en eau potable… Pour conclure, retenons, comme l’a dit Patricia Blanc, directrice générale de l’Agence de l’eau Seine-Normandie, “qu’il faut privilégier les solutions fondées sur la nature, qui utilisent la résilience des écosystèmes par la création, par exemple, de zones d’expansion des crues ou de zones humides pour favoriser l’infiltration, celles-ci coûtant, d’ailleurs souvent moins chères !”.

D’ici 2070 – 2100, le climat change en France
• Raréfaction des ressources en eau : de 10 % à 50 %
de débit d’étiage en moins pour les grands fleuves français et de – 10 % à – 30 % pour les nappes ;
• augmentation des températures atmosphériques : entre
+ 2 et + 5 °C ;
• grande variabilité des précipitations : davantage de pluies fortes en hiver/printemps et moins de pluies en été/automne ;
• concentration des pollutions : la réduction des débits et des ressources entraînent mécaniquement une plus grande concentration des polluants ;
• augmentation des sécheresses agricoles : de + 10 %
à + 30 % d’évapotranspiration, en particulier en automne ;
• montée des eaux : jusqu’à 1 m sur les côtes françaises ;
• bouleversement des écosystèmes aquatiques et terrestres.

A chaque bassin, un plan d’adaptation et une charte
Chaque comité de bassin s’est doté d’un plan d’adaptation au changement climatique et a également élaboré une charte d’adaptation au changement climatique, présentant des mesures concrètes pour adapter les territoires au manque d’eau. Chaque comité invite donc tous les acteurs de l’eau (concernés de près ou de loin !) à signer la charte d’engagement pour préserver les ressources en eau. Les signataires s’engagent alors à participer activement à l’adaptation au changement climatique en menant des actions cohérentes avec les mesures recommandées dans les plans de bassin, telles que favoriser l’infiltration de l’eau de pluie.
Pour plus d’informations, www.lesagencesdeleau.fr

Article du numéro de Mars 2019, abonnez-vous

Eclairage public : décryptage et analyse des nouvelles obligations

A partir du 1er janvier 2020, les nouvelles sources installées devront émettre des températures de couleur inférieures ou égales à 3 000 K (la couleur bleue pouvant être nocive pour la biodiversité et la rétine). Les sources existantes ne seront pas concernées par ces nouvelles prescriptions… Une incompréhension.

Poste important en matière d’impact sur l’environnement, mais aussi de dépenses publiques (investissements et coûts opérationnels), l’éclairage est soumis à un cadre réglementaire précis, respectant notamment les préceptes des Lois Grenelle et Biodiversité. Cependant, poussé par le Conseil d’Etat pour son inaction contre la pollution lumineuse, le ministère de la Transition Ecologique a édicté de nouvelles obligations à travers deux arrêtés publiés récemment. Les experts émettent toutefois quelques réserves…

En ville, la transition énergétique des collectivités est amorcée. Après la mise en application du décret n°2012-118 depuis le 1er juillet 2018, relatif à l’extinction des enseignes lumineuses des façades commerciales entre 1 h 00 et 6 h 00 du matin dans toutes les villes (sauf exceptions), les collectivités territoriales, uniquement celles dont le nombre d’habitants est compris entre 20 000 et 50 000, ont eu l’obligation jusqu’au 31 décembre dernier de mettre en œuvre leurs ‘Plans ‘Climat-Air-Energie Territoriaux’ (cf. encadré), qui sont ni plus, ni moins des ‘feuilles de route’ pour que les Villes soient performantes et résilientes sur le plan énergétique.
Enseignes éteintes, panneaux publicitaires moins ‘flashy’, PCAET… Que de bonnes initiatives. Pourtant, l’Etat ne devait pas en rester là, comme le demandait la Loi Biodiversité de 2016, et surtout la Loi Grenelle de 2007-1087 et le décret n°2011-831 qui en découle, dont l’objet était “la prévention et à la limitation des nuisances lumineuses… fixaient des prescriptions qui n’ont pas pu être mises en application. Poussé par des associations qui ont enjoint le Conseil d’Etat, le ministère a donc changé la donne. Récemment, il vient d’édicter une série d’arrêtés, fournissant des prescriptions techniques pour un grand nombre d’installations d’éclairage extérieur. Dans certains cas, leur mise en application sera effective au 1er janvier 2020” indique Roger Couillet, responsable de l’éclairage public de la Ville de Douai, membre de l’Association Française de l’Eclairage (AFE) et animateur du groupe de travail Eclairage Public de l’Association des Ingénieurs des Villes de France (AITF). “Mais il faut dire que cela demande certaines précisions pour les collectivités, que ce soit d’un point de vue technique ou économique… Beaucoup de données sont ‘unilatérales’ et pourront créer des dépenses, notamment en matière de contrôle”.

Les voies de circulation publiques (rues, avenues, boulevards…) ne sont pas concernées par des exigences en termes d’allumage et d’extinction.

Que disent les nouvelles obligations ?

Concrètement, pour les installations existantes, “en l’état actuel, pas grand-chose de vraiment innovant. Tous les types d’espaces éclairés cités par le décret de 2011 sont enfin traités” souligne Dominique Ouvrard, délégué général adjoint du Syndicat de l’Eclairage. “Mais on peut être surpris de la quasi-absence d’obligations réelles de rénovation pour les installations existantes, celles reconnues comme pourtant énergivores et sans doute nocives pour la biodiversité”. L’article 2 incite à mieux gérer les allumages, donc à réduire les consommations, en adoptant les mêmes exigences que pour les installations neuves, mais pas avant 2021 et sauf si cela demande la création d’un réseau séparé, à l’exception de l’éclairage public. L’article 3 demande de régler les luminaires pour réduire, avant 2020, la lumière perdue envoyée vers le ciel au même niveau que pour les installations neuves, sauf si le luminaire n’est pas réglable… Avant 2025, tous les luminaires qui émettront 50 % du flux lumineux au-dessus de l’horizontale devront être remplacés, pas ceux qui émettent moins de 50 % et ne sont pas réglables. Ces exceptions limitent fortement les progrès énergétiques et environnementaux qu’une rénovation rapide et performante apporterait rapidement.
Pour les installations d’éclairage nouvelles ou rénovées livrées à partir de 2020, le texte fixe en revanche des exigences plus ambitieuses. Par exemple, pour l’éclairage des voies publiques et des parkings, les gestionnaires devront s’assurer que la valeur nominale de la proportion de lumière émise au-dessus de l’horizontale par les luminaires installés sera strictement inférieure à 4 %. Par ailleurs, la proportion de flux lumineux émis par le luminaire dans l’hémisphère inférieur dans un angle solide équivalent à un cône de demi-angle de 75,5° (émission ineffective, intrusive, éblouissante) devra être supérieure à 95 %. D’autre part, la densité surfacique de flux lumineux installée (flux lumineux total des sources rapporté à la surface destinée à être éclairée, en lumens par mètre carré), sera inférieure à 35 lumens/m². Mais ce n’est pas tout…
Sur la base du principe de précaution, le ministère a tranché et décidé, dans l’article 3, que les nouvelles sources lumineuses installées devront présenter une température de couleur inférieures ou égales à 3 000 K, et cela dès le 1er janvier 2020 (hors marché en cours). “Cela ne pose pas de problème industriel, mais nous avions informé le ministère qu’une source LED de 4 000 K est 10 à 15 % plus efficace. Elle produit plus de lumière pour un watt consommé. Le ministère n’a pas priorisé l’efficacité énergétique, avec en conséquence plus de luminaires ou plus de consommations”.
Troisième obligation majeure, pour les nouvelles installations, édictée dans l’article 2 : les exigences d’allumages et d’extinction, sauf comme dit ci-dessus pour les voies de circulation publiques, ainsi que les équipements sportifs. Par contre, l’extinction des feux doit être effective, en général, à 1 heure du matin ou une heure après l’arrêt d’un chantier, après la fermeture des parcs et des jardins… Un délai porté à 2 heures pour les parkings des zones d’activités. Dans tous les cas, les préfets sont en mesure d’appliquer ou non certaines restrictions au nom de la biodiversité ou des besoins inhérents au territoire (organisation d’évènements touristiques par exemple). Toutefois, Il est important de noter, car cela correspond à une pratique de plus en plus répandue que ces exigences de temporalité peuvent être adaptées lorsque ces installations sont couplées à des dispositifs de détection de présence et des dispositifs d’asservissement à l’éclairement naturel.

Critiques

Si les collectivités ont la possibilité de mieux gérer les allumages et extinctions et d’orienter correctement les flux lumineux de leur parc existant, qu’elles le fassent. “Mais si ce n’est pas possible, on continue à gaspiller l’énergie et ennuyer les astronomes et les chiroptères” ajoute Dominique Ouvrard. Autant dire que les arrêtés n’incitent vraiment pas les collectivités à rénover et à investir dans de nouvelles technologies pourtant disponibles et éprouvées. Le délégué général adjoint pointe également un certain nombre d’incompréhensions et d’ambiguïtés. “Par exemple, on ne connait pas le sort des luminaires encastrés dans le sol utiles au balisage de cheminement, de piste cyclable… Autre questions pour les personnes handicapées : il est énoncé que l’éclairement des chemins et des zones piétonnes ne doit surtout pas dépasser 20 lux. Qu’est-ce qui justifie cette valeur ? Le syndicat avait pourtant informé le ministère que la réglementation déjà existante au nom de la Loi handicap exigeait au minimum 20 lux moyens. Il est aussi mentionné que les logements ne doivent pas être impactés par la lumière dite intrusive. À juste titre, surtout si c’est à la suite du ‘réglage’ des luminaires existants, mais il faudrait indiquer un référentiel de mesure…”.
A propos de la densité surfacique de flux lumineux installé, les experts émettent des réserves. “Quelle est la valeur de la surface à éclairer à prendre en compte dans les dimensionnements ? De plus, l’approche par le concept de luminance et les revêtements des espaces extérieurs n’a été pris en compte…” précise Roger Couillet. Autant de questions auxquelles des réponses seraient utiles pour des applications sans équivoque. Les associations de défense de l’environnement, à l’origine de ces arrêtés, font aussi grise mine car, par exemple, la baisse de 50 % des flux lumineux en ‘cœur de nuit’ n’a pas été retenue. Il est juste indiqué que les flux pourront être diminués, sans valeur seuil mentionnée.
Des points sont clairement énoncés (température de couleur, temporalité…), d’autres difficilement applicables. Toujours est-il que les collectivités ont désormais la charge de contrôler ces obligations pour les installations privées (article L583-3 du code de l’environnement). Elles devront tenir des registres de données, acquérir éventuellement des appareils de mesure, multiplier les interventions sur les nacelles notamment pour les prescriptions relatives au proportions de flux lumineux au-dessus de l’horizontale pour les luminaires existants avant le 1er janvier 2020… Comment les collectivités vont-elles réagir et appliquer ces dispositions ? L’avenir nous le dira.

Rôles des PCAET  (Plans Climat-Air-Energie Territoriaux)

Le PCAET est un projet territorial de développement durable qui vise plusieurs objectifs : la réduction des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES), la sobriété et l’efficacité énergétiques, le développement des énergies renouvelables, l’adaptation des territoires aux changements climatiques, et l’amélioration de la qualité de l’air. Rendu obligatoire par la loi Grenelle, son contenu a été étoffé par la Loi relative à la Transition Energétique pour la Croissance Verte (LTECV). Le PCAET est désormais obligatoire pour tous les Etablissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) de plus de 20 000 habitants qui doivent le réaliser avant le 31 décembre 2018. Il n’est plus obligatoire pour les villes de plus de 50 000 habitants, comme ce fut le cas sous l’ère Grenelle. Ces villes sont toutefois toujours tenues de réalisation un bilan GES assorti d’un programme d’actions.

Article paru dans le numéro de Février 2019, abonnez-vous

Economie circulaire et bioéconomie : pour construire le végétal de demain !

Un colloque sur les solutions pratiques et durables au service d’une agriculture et d’espaces verts “circulaires” a été organisé par l’AFAIA avec le soutien de l’ADEME et de VAL’HOR, en partenariat avec l’INEC (Institut National de l’Economie Circulaire), l’INRA, l’UNEP,
mais aussi votre magazine Espace public & Paysage. Face aux constats alarmants d’évolution de la biodiversité et du climat, cette journée a été articulée autour de 3 thématiques : les plans d’action en matière de bioéconomie, le retour au sol de la matière organique
et la végétalisation des villes.

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Février 2019, abonnez-vous