Archives de catégorie : Débats & Opinions

Daniel Boulens : une vie professionnelle bien remplie

Le 7 février dernier, Emmanuel Mony, président de l’ELCA (European Landscape Contractors Association) et président de Tarvel Segex, en présence de Gérard Collomb, maire de Lyon, remettait les insignes de l’ordre national du mérite, à Daniel Boulens, à l’issue de son parcours professionnel et de son départ à la retraite. Retours et analyses sur ce parcoursde près de 40 années consacrées aux espaces verts, au cadre de vie et à l’environnement.

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dans le numéro d’Avril 2019, abonnez-vous

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Aménagements neufs : les revêtements perméables deviennent presque systématiques !

Intégrez-vous systématiquement des revêtements perméables (résines, béton drainant, stabilisé…) dans vos projets neufs ?

Oui 62 %
Non 38 %

 

D’après ces résultats, les gestionnaires de l’espace public sont de plus en plus sensibilisés et incités à couvrir les sols des aménagements neufs par des revêtements perméables. Un avantage pour rendre la ville un peu plus résiliente dans la gestion de ses eaux pluviales.

Eau et changement climatique, l’urgence est là !

Le changement climatique influe directement sur la ressource en eau, engendrant “la baisse de débit des fleuves, à l’image de la diminution de 30 % du niveau du Rhône en 2017. Cela peut engendrer des problèmes de refroidissement des réacteurs nucléaires et de fonctionnement des centrales hydroélectriques” explique Elisabeth Ayrault, directrice générale de la Compagnie Nationale du Rhône.

Le colloque national “Eau et changement climatique, une journée, des solutions” qui a eu lieu à Lyon, a réuni plus de 800 scientifiques, élus et acteurs de l’eau, pour échanger et débattre autour de la question, plus que vitale, de l’adaptation au changement climatique. Avant tout, celle-ci doit être un projet de territoire et une action partagée entre tous les acteurs concernés, avec la nécessité de faire percoler le débat scientifique chez les citoyens.

“L’eau est un enjeu vital, un défi climatique, avec une ressource qui, aujourd’hui, n’est plus garantie à chacun, d’où la nécessité d’une fiscalité écologique”. Voilà ce qu’a rappelé lors de son intervention au colloque, François de Rugy, Ministre de la Transition écologique et solidaire. On connaît depuis les remous qu’a engendré la création d’une taxe carbone… Pourtant, l’urgence climatique est bien là, comme en ont témoigné tous les intervenants et participants à la journée, à l’image des présidents des sept comités de bassins métropolitains qui ont entamé la journée, mais aussi de Jean-Louis Etienne, médecin, explorateur et écrivain, grand témoin du colloque. Pour lui, “la Terre est atteinte d’une fébricule, une petite fièvre, avec une légère augmentation des températures, dont on commence à s’inquiéter seulement lorsque les symptômes apparaissent. Cette ‘légère’ dérégulation de la température dûe au changement climatique est en fait une véritable bombe thermique : lorsque 50 cm d’eau montent à une température de 27 °C, un cyclone se forme aussitôt, d’où la multiplication de ces évènements climatiques, par exemple, au niveau du Golfe du Mexique. Ainsi, en rejetant des quantités anormales de CO2 qui, rappelons-le, est un gaz rare (seulement 0,02 % de la composition de notre atmosphère) et un gaz ‘trace’ s’éliminant très lentement, nous avons modifié la machine climatique, caractérisée par une inertie colossale”. Ainsi, Jean-Louis Etienne se souvient que, déjà en 1989, lors d’une expédition au pôle, l’un de ses amis explorateurs évoquait le fait “que le processus climatique est enclenché…”.

L’urgence climatique

Le dernier “baromètre de l’opinion 2018” des Agences de l’eau, du Ministère et de l’Agence française pour la biodiversité révèle que, désormais, le changement climatique est le sujet environnemental qui préoccupe le plus les Français (47 %, soit 9 points de plus qu’en 2011), le plaçant alors devant la biodiversité (45 %) et la qualité de l’eau potable (42 %). Suite au dernier rapport alarmant du GIEC (Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat), les consciences semblent donc enfin se réveiller, ce qui est plus que vital face à l’urgence climatique. En effet, comme le souligne Martial Saddier, président du Comité de bassin Rhône-Méditerranée, “l’inertie de la machine climatique est telle que l’on doit se retrousser immédiatement les manches, avec un scénario qui prévoit d’ores et déjà + 1,5 °C d’ici 2050. L’autre scénario à + 2 °C, qui se produira si l’on met du temps à agir sans coordination des échelles d’actions et des acteurs, engendrera des changements bien plus importants ‘que seulement 0,5 °C supplémentaire’,comme le pensent de nombreuses personnes. Ainsi, nous nous attaquons au plus grand défi climatique de l’histoire, dont nous mesurons déjà les effets sur nos territoires : dans les Alpes du Nord, nous avons déjà atteint une température moyenne annuelle de + 1,5 °C, à l’image de la Mer de glace dans la vallée de l’Arve qui recule à vue d’œil”. Un autre problème de taille commence à se présenter dans les milieux montagnards, à l’instar de plusieurs villages d’altitude qui, cet été, n’ont plus eu assez d’eau potable pour approvisionner les foyers, nécessitant alors l’intervention des pompiers équipés de citernes.
Face à ces constats, les présidents des 7 comités de bassin, qui correspondent aux 7 grands bassins hydrographiques français et qui réunissent différents acteurs publics et privés agissant dans le domaine de l’eau, ont rappelé la nécessité d’impliquer tous les acteurs de l’eau (pêcheurs, ostréiculteurs, agriculteurs, collectivités, syndicats de rivières, propriétaires privés, industriels…) afin de gérer la ressource en eau, celle-ci devant être regardée de façon transversale et patrimoniale. L’eau est en effet l’affaire de tous, en appartenant à la fois “à tout le monde et à personne”, et il convient donc de renforcer la solidarité territoriale, notamment la solidarité amont/aval, et de mettre en place une coopération décentralisée pour gérer et préserver la ressource eau.

Des problématiques différentes selon les bassins

Le changement climatique affecte tous les milieux, les acteurs, les régions géographiques, tout en révélant des problématiques différenciées selon les caractéristiques et enjeux de chaque territoire. Ainsi, pour le bassin Loire-Bretagne, la préservation des zones humides devient un enjeu majeur. Pour le bassin Corse, qui a vécu un été 2018 très humide, marqué par des épisodes de type mousson, à l’opposé d’un été 2017 et un hiver 2018-2019 très secs à l’origine d’incendies hivernaux qui ont ravagé dernièrement 1 500 ha de forêts, la raréfaction de la ressource est un vrai problème. Surtout lors du pic estival, avec 35 % de l’économie reposant sur le tourisme, où la population passe de 330 000 habitants à 3 millions de personnes, posant alors des questions de surdimensionnement des ouvrages pour acheminer ou stocker l’eau. Au niveau du bassin Adour-Garonne, Martin Malvy, président du comité de bassin, alerte sur la corrélation entre diminution de la ressource et problème de périurbanisation, avec 60 000 ha imperméabilisés chaque année en France. “Sur le bassin, 2 milliards de litres d’eau par an sont consommés. Mais d’ici 30 ans, un déficit de 1,2 milliard de L d’eau/an est prévu… C’est mathématique : nous devons réduire notre consommation en eau et changer le niveau de confort auquel chacun s’est habitué. Et même dans l’hypothèse de maintien de la pluviométrie actuelle, le problème serait là, le développement en périurbanisation d’ici 2050, laissant présager la construction de 10 à 20 fois plus de surfaces minérales imperméables autour des grandes villes telles que Toulouse, Bordeaux, Agen…”. Le Comité de bassin Adour-Garonne a d’ailleurs créé une plateforme de recherche pour recenser les solutions, innovations et technologies pour une gestion économe de l’eau. Autre incertitude liée à une météo de plus en plus capricieuse et imprévisible : le fait d’assurer à des industriels qui désirent s’implanter sur un territoire qu’ils auront de l’eau dans 10 ans et, cela, tout au long de l’année…

Des solutions locales pour un problème global

De nombreuses solutions ont été évoquées lors de cette journée afin de traiter “ce problème global à une échelle locale”. Comme l’ont rappelé plusieurs intervenants, il s’agit avant tout d’établir des propositions structurantes et localisées pour être adaptées à chaque contexte. Laurent Roy, directeur général de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse précise que “sur les 500 000 000 € de budget annuel pour les 6 Agences de l’eau (soit 2,5 milliards d’€ sur 5 ans), 40 % vont être dédiés au changement climatique, en subventionnant des projets de territoire pour économiser la ressource en eau (détection fuites réseaux, irrigation, réutilisation des eaux traitées usées), avoir recours à des solutions techniques innovantes (déconnexion des eaux pluviales des réseaux d’assainissement, chaussées réservoirs, trottoirs drainants) et basées sur la nature (fossé drainant, noue, bocage, surfaces vertes…) pour favoriser l’infiltration dans les nappes souterraines” qui sont, soyez en sûrs, les meilleurs bassins de stockage qu’il existe !
Dans tous les cas, il s’agit d’accélérer les mesures et de les associer les unes aux autres. Et le panel de solutions est large : reconquête des sols compactés, principe de sur-inondation, cohérence entre l’installation d’une activité et la nature du sol en place, protection des lieux de captage, préservation des milieux naturels et des zones humides, stockage (à savoir qu’en France, on ne stocke que 4 à 5 % des eaux pluviales, contre 20 % en Espagne), installation de sondes tensiométriques reliées à des stations météo, obligations réglementaires dans les PLU à destination des promoteurs et autres aménageurs privés pour favoriser l’infiltration, recyclage des eaux usées, récupération des eaux de pluie dans des citernes ou des cuves, innovations agro-écologiques ou encore reconquête de la qualité de l’eau pour augmenter la disponibilité en eau potable… Pour conclure, retenons, comme l’a dit Patricia Blanc, directrice générale de l’Agence de l’eau Seine-Normandie, “qu’il faut privilégier les solutions fondées sur la nature, qui utilisent la résilience des écosystèmes par la création, par exemple, de zones d’expansion des crues ou de zones humides pour favoriser l’infiltration, celles-ci coûtant, d’ailleurs souvent moins chères !”.

D’ici 2070 – 2100, le climat change en France
• Raréfaction des ressources en eau : de 10 % à 50 %
de débit d’étiage en moins pour les grands fleuves français et de – 10 % à – 30 % pour les nappes ;
• augmentation des températures atmosphériques : entre
+ 2 et + 5 °C ;
• grande variabilité des précipitations : davantage de pluies fortes en hiver/printemps et moins de pluies en été/automne ;
• concentration des pollutions : la réduction des débits et des ressources entraînent mécaniquement une plus grande concentration des polluants ;
• augmentation des sécheresses agricoles : de + 10 %
à + 30 % d’évapotranspiration, en particulier en automne ;
• montée des eaux : jusqu’à 1 m sur les côtes françaises ;
• bouleversement des écosystèmes aquatiques et terrestres.

A chaque bassin, un plan d’adaptation et une charte
Chaque comité de bassin s’est doté d’un plan d’adaptation au changement climatique et a également élaboré une charte d’adaptation au changement climatique, présentant des mesures concrètes pour adapter les territoires au manque d’eau. Chaque comité invite donc tous les acteurs de l’eau (concernés de près ou de loin !) à signer la charte d’engagement pour préserver les ressources en eau. Les signataires s’engagent alors à participer activement à l’adaptation au changement climatique en menant des actions cohérentes avec les mesures recommandées dans les plans de bassin, telles que favoriser l’infiltration de l’eau de pluie.
Pour plus d’informations, www.lesagencesdeleau.fr

Article du numéro de Mars 2019, abonnez-vous

Eclairage public : décryptage et analyse des nouvelles obligations

A partir du 1er janvier 2020, les nouvelles sources installées devront émettre des températures de couleur inférieures ou égales à 3 000 K (la couleur bleue pouvant être nocive pour la biodiversité et la rétine). Les sources existantes ne seront pas concernées par ces nouvelles prescriptions… Une incompréhension.

Poste important en matière d’impact sur l’environnement, mais aussi de dépenses publiques (investissements et coûts opérationnels), l’éclairage est soumis à un cadre réglementaire précis, respectant notamment les préceptes des Lois Grenelle et Biodiversité. Cependant, poussé par le Conseil d’Etat pour son inaction contre la pollution lumineuse, le ministère de la Transition Ecologique a édicté de nouvelles obligations à travers deux arrêtés publiés récemment. Les experts émettent toutefois quelques réserves…

En ville, la transition énergétique des collectivités est amorcée. Après la mise en application du décret n°2012-118 depuis le 1er juillet 2018, relatif à l’extinction des enseignes lumineuses des façades commerciales entre 1 h 00 et 6 h 00 du matin dans toutes les villes (sauf exceptions), les collectivités territoriales, uniquement celles dont le nombre d’habitants est compris entre 20 000 et 50 000, ont eu l’obligation jusqu’au 31 décembre dernier de mettre en œuvre leurs ‘Plans ‘Climat-Air-Energie Territoriaux’ (cf. encadré), qui sont ni plus, ni moins des ‘feuilles de route’ pour que les Villes soient performantes et résilientes sur le plan énergétique.
Enseignes éteintes, panneaux publicitaires moins ‘flashy’, PCAET… Que de bonnes initiatives. Pourtant, l’Etat ne devait pas en rester là, comme le demandait la Loi Biodiversité de 2016, et surtout la Loi Grenelle de 2007-1087 et le décret n°2011-831 qui en découle, dont l’objet était “la prévention et à la limitation des nuisances lumineuses… fixaient des prescriptions qui n’ont pas pu être mises en application. Poussé par des associations qui ont enjoint le Conseil d’Etat, le ministère a donc changé la donne. Récemment, il vient d’édicter une série d’arrêtés, fournissant des prescriptions techniques pour un grand nombre d’installations d’éclairage extérieur. Dans certains cas, leur mise en application sera effective au 1er janvier 2020” indique Roger Couillet, responsable de l’éclairage public de la Ville de Douai, membre de l’Association Française de l’Eclairage (AFE) et animateur du groupe de travail Eclairage Public de l’Association des Ingénieurs des Villes de France (AITF). “Mais il faut dire que cela demande certaines précisions pour les collectivités, que ce soit d’un point de vue technique ou économique… Beaucoup de données sont ‘unilatérales’ et pourront créer des dépenses, notamment en matière de contrôle”.

Les voies de circulation publiques (rues, avenues, boulevards…) ne sont pas concernées par des exigences en termes d’allumage et d’extinction.

Que disent les nouvelles obligations ?

Concrètement, pour les installations existantes, “en l’état actuel, pas grand-chose de vraiment innovant. Tous les types d’espaces éclairés cités par le décret de 2011 sont enfin traités” souligne Dominique Ouvrard, délégué général adjoint du Syndicat de l’Eclairage. “Mais on peut être surpris de la quasi-absence d’obligations réelles de rénovation pour les installations existantes, celles reconnues comme pourtant énergivores et sans doute nocives pour la biodiversité”. L’article 2 incite à mieux gérer les allumages, donc à réduire les consommations, en adoptant les mêmes exigences que pour les installations neuves, mais pas avant 2021 et sauf si cela demande la création d’un réseau séparé, à l’exception de l’éclairage public. L’article 3 demande de régler les luminaires pour réduire, avant 2020, la lumière perdue envoyée vers le ciel au même niveau que pour les installations neuves, sauf si le luminaire n’est pas réglable… Avant 2025, tous les luminaires qui émettront 50 % du flux lumineux au-dessus de l’horizontale devront être remplacés, pas ceux qui émettent moins de 50 % et ne sont pas réglables. Ces exceptions limitent fortement les progrès énergétiques et environnementaux qu’une rénovation rapide et performante apporterait rapidement.
Pour les installations d’éclairage nouvelles ou rénovées livrées à partir de 2020, le texte fixe en revanche des exigences plus ambitieuses. Par exemple, pour l’éclairage des voies publiques et des parkings, les gestionnaires devront s’assurer que la valeur nominale de la proportion de lumière émise au-dessus de l’horizontale par les luminaires installés sera strictement inférieure à 4 %. Par ailleurs, la proportion de flux lumineux émis par le luminaire dans l’hémisphère inférieur dans un angle solide équivalent à un cône de demi-angle de 75,5° (émission ineffective, intrusive, éblouissante) devra être supérieure à 95 %. D’autre part, la densité surfacique de flux lumineux installée (flux lumineux total des sources rapporté à la surface destinée à être éclairée, en lumens par mètre carré), sera inférieure à 35 lumens/m². Mais ce n’est pas tout…
Sur la base du principe de précaution, le ministère a tranché et décidé, dans l’article 3, que les nouvelles sources lumineuses installées devront présenter une température de couleur inférieures ou égales à 3 000 K, et cela dès le 1er janvier 2020 (hors marché en cours). “Cela ne pose pas de problème industriel, mais nous avions informé le ministère qu’une source LED de 4 000 K est 10 à 15 % plus efficace. Elle produit plus de lumière pour un watt consommé. Le ministère n’a pas priorisé l’efficacité énergétique, avec en conséquence plus de luminaires ou plus de consommations”.
Troisième obligation majeure, pour les nouvelles installations, édictée dans l’article 2 : les exigences d’allumages et d’extinction, sauf comme dit ci-dessus pour les voies de circulation publiques, ainsi que les équipements sportifs. Par contre, l’extinction des feux doit être effective, en général, à 1 heure du matin ou une heure après l’arrêt d’un chantier, après la fermeture des parcs et des jardins… Un délai porté à 2 heures pour les parkings des zones d’activités. Dans tous les cas, les préfets sont en mesure d’appliquer ou non certaines restrictions au nom de la biodiversité ou des besoins inhérents au territoire (organisation d’évènements touristiques par exemple). Toutefois, Il est important de noter, car cela correspond à une pratique de plus en plus répandue que ces exigences de temporalité peuvent être adaptées lorsque ces installations sont couplées à des dispositifs de détection de présence et des dispositifs d’asservissement à l’éclairement naturel.

Critiques

Si les collectivités ont la possibilité de mieux gérer les allumages et extinctions et d’orienter correctement les flux lumineux de leur parc existant, qu’elles le fassent. “Mais si ce n’est pas possible, on continue à gaspiller l’énergie et ennuyer les astronomes et les chiroptères” ajoute Dominique Ouvrard. Autant dire que les arrêtés n’incitent vraiment pas les collectivités à rénover et à investir dans de nouvelles technologies pourtant disponibles et éprouvées. Le délégué général adjoint pointe également un certain nombre d’incompréhensions et d’ambiguïtés. “Par exemple, on ne connait pas le sort des luminaires encastrés dans le sol utiles au balisage de cheminement, de piste cyclable… Autre questions pour les personnes handicapées : il est énoncé que l’éclairement des chemins et des zones piétonnes ne doit surtout pas dépasser 20 lux. Qu’est-ce qui justifie cette valeur ? Le syndicat avait pourtant informé le ministère que la réglementation déjà existante au nom de la Loi handicap exigeait au minimum 20 lux moyens. Il est aussi mentionné que les logements ne doivent pas être impactés par la lumière dite intrusive. À juste titre, surtout si c’est à la suite du ‘réglage’ des luminaires existants, mais il faudrait indiquer un référentiel de mesure…”.
A propos de la densité surfacique de flux lumineux installé, les experts émettent des réserves. “Quelle est la valeur de la surface à éclairer à prendre en compte dans les dimensionnements ? De plus, l’approche par le concept de luminance et les revêtements des espaces extérieurs n’a été pris en compte…” précise Roger Couillet. Autant de questions auxquelles des réponses seraient utiles pour des applications sans équivoque. Les associations de défense de l’environnement, à l’origine de ces arrêtés, font aussi grise mine car, par exemple, la baisse de 50 % des flux lumineux en ‘cœur de nuit’ n’a pas été retenue. Il est juste indiqué que les flux pourront être diminués, sans valeur seuil mentionnée.
Des points sont clairement énoncés (température de couleur, temporalité…), d’autres difficilement applicables. Toujours est-il que les collectivités ont désormais la charge de contrôler ces obligations pour les installations privées (article L583-3 du code de l’environnement). Elles devront tenir des registres de données, acquérir éventuellement des appareils de mesure, multiplier les interventions sur les nacelles notamment pour les prescriptions relatives au proportions de flux lumineux au-dessus de l’horizontale pour les luminaires existants avant le 1er janvier 2020… Comment les collectivités vont-elles réagir et appliquer ces dispositions ? L’avenir nous le dira.

Rôles des PCAET  (Plans Climat-Air-Energie Territoriaux)

Le PCAET est un projet territorial de développement durable qui vise plusieurs objectifs : la réduction des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES), la sobriété et l’efficacité énergétiques, le développement des énergies renouvelables, l’adaptation des territoires aux changements climatiques, et l’amélioration de la qualité de l’air. Rendu obligatoire par la loi Grenelle, son contenu a été étoffé par la Loi relative à la Transition Energétique pour la Croissance Verte (LTECV). Le PCAET est désormais obligatoire pour tous les Etablissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) de plus de 20 000 habitants qui doivent le réaliser avant le 31 décembre 2018. Il n’est plus obligatoire pour les villes de plus de 50 000 habitants, comme ce fut le cas sous l’ère Grenelle. Ces villes sont toutefois toujours tenues de réalisation un bilan GES assorti d’un programme d’actions.

Article paru dans le numéro de Février 2019, abonnez-vous

Economie circulaire et bioéconomie : pour construire le végétal de demain !

Un colloque sur les solutions pratiques et durables au service d’une agriculture et d’espaces verts “circulaires” a été organisé par l’AFAIA avec le soutien de l’ADEME et de VAL’HOR, en partenariat avec l’INEC (Institut National de l’Economie Circulaire), l’INRA, l’UNEP,
mais aussi votre magazine Espace public & Paysage. Face aux constats alarmants d’évolution de la biodiversité et du climat, cette journée a été articulée autour de 3 thématiques : les plans d’action en matière de bioéconomie, le retour au sol de la matière organique
et la végétalisation des villes.

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Février 2019, abonnez-vous

Urgence climatique : parcs résilients et infrastructures vertes

Si les infrastructures vertes doivent imposer un nouvel urbanisme, pour Jacqueline Osty, Grand prix national du paysage 2018, il ne faut pas oublier la dimension culturelle et esthétique du paysage car il participe aussi à l’embellissement des lieux et de la ville.

A l’occasion du Simi (Salon de l’immobilier d’entreprise), dans le cadre du programme ‘Cités Vertes pour une Europe durable’, Val’hor et le CIBI (Conseil International Biodiversité et Immobilier) ont lancé un appel inédit pour des parcs résilients et des infrastructures vertes, indispensables pour des villes vivables ! Témoignages d’experts et de décideurs comme Roland Castro, Erik Orsenna, François Bertière ou encore Jacqueline Osty, Grand Prix national du paysage…

“L’été 2018 constitue un record : c’est le deuxième été le plus chaud de l’histoire depuis la mise en place des relevés météorologiques. Plus qu’un ressenti, les effets du changement climatique sont une réalité vécue par tous. Il ne s’agit plus de prévenir les effets du dérèglement climatique pour “les générations futures” : c’est une urgence pour tous, les effets étant déjà palpables. Augmenter la place du végétal et désimperméabiliser les sols en ville sont des leviers d’action concrets reconnus pour rafraîchir les villes face aux phénomènes d’îlots de chaleur et pour les rendre plus résilientes face au risque d’inondations. Il est urgent, à toutes les échelles, d’intégrer le vivant au sein des espaces urbains, de l’îlot bâti à la ville toute entière. Des initiatives existent, mais restent trop éparses, les verrous règlementaires, techniques et financiers étant trop souvent mis en avant. Or des dispositifs comme les labellisations, à l’image de BiodiverCity, mais aussi les règlements comme les PLU sont des outils efficaces. Des solutions techniques mobilisant les propriétés du vivant ont fait preuve de leur efficacité et de leur coût inferieur aux procédés traditionnels. En d’autres termes, pour contrer les effets du dérèglement climatique, l’action coûte moins cher que l’inaction” C’est en ces termes que Pierre Darmet, des Jardins de Gally, Secrétaire du CIBI et organisateur de ces Ateliers avec le soutien de Val’hor, expose les enjeux et ouvre les échanges, avant de les animer.

Des solutions grises aux solutions vertes

Pendant trop longtemps, les aménagements urbains n’ont eu cesse de déconnecter les sites de leur socle, à l’image des “villes nouvelles de Marne-la-Vallée, composées sans la Marne, ou d’Evry qui a oublié la Seine… engendrant des situations de discorde environnementale et sociale” témoigne Roland Castro, architecte et urbaniste, qui poursuit : “il est nécessaire de tenir compte du génie du lieu et de sa singularité, pour croiser le social, le climat et le civilisationnel et créer ainsi une oasis urbaine où la canopée et l’eau fabriqueraient une ville dense et agréable à vivre”. Annabelle Jaegger, rapporteur du dossier ‘Nature en Ville’ au Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE), ajoute que “dans cette dynamique où le gris l’emporte sur le vert, il est nécessaire de prendre en compte la nature, de façon transversale, dans toutes les politiques publiques de la ville, en privilégiant les approches conjointes entre biodiversité et climat. Protéger le ‘patrimoine sol’, créer des continuités écologiques vertes et bleues, viser 30 % d’espaces végétalisés en pleine terre, avec notamment des espaces de nature comestible, sont autant de solutions bénéfiques”. De plus, comme le précise Marc Barra, écologue à l’Agence Régionale de la Biodiversité Ile-de-France, “les solutions low-tech, comme l’utilisation de plantes grimpantes plutôt que de murs végétalisés, ou le recours à des matériaux bio-sourcés (lin paille, chanvre, miscanthus…), sont tout aussi efficaces, en développant des solutions fondées sur la nature pour répondre à la crise du climat et de la biodiversité actuelle”. Pascal Berteaud, directeur général du Cerema, précise qu’il faut “dans ce climat d’urgence, être prudent et proposer des solutions réversibles et multidisciplinaires, tout cela en passant de l’échelle des projets de la ville et de son territoire à celle d’un projet individuel et vice-versa”. Jean Marc Bouillon, président de Takahé Conseil, ancien président de la FFP, est quant à lui convaincu que “le paysage n’est pas un complément au projet, mais un préalable et qu’il est aujourd’hui nécessaire de mettre au service de nos villes, des solutions naturelles, efficaces, économes et surtout autonomes. En effet, nous touchons aux limites de nos infrastructures techniques (inondations, chaleur urbaine…) et nous constatons désormais que c’est une erreur que d’avoir oublié la nature dans notre modèle urbain. La nature est une infrastructure primaire nécessaire à la ville et avec l’avènement de la voiture autonome et partagée à l’œuvre, c’est un foncier urbain inattendu (routes, parkings…) qui va se libérer pour partie, tout en lanière certes, mais classé ‘domaine public’, un foncier d’infrastructure qui va nous permettre de changer le système urbain”.

Pour Jean-Marc Bouillon (ici à droite, aux côtés de Pierre Darmet), c’est une erreur que d’avoir oublié la nature dans notre modèle urbain car la nature est une infrastructure primaire nécessaire à la ville.

Le sol et le vivant pour une ville résiliente

Pour Luc Abbadie, un des grands témoins de la journée, professeur d’écologie à l’université de Paris Sorbonne, “les questions du changement climatique et de l’érosion de la biodiversité sont structurantes pour toutes nos politiques, y compris sociales. Le vivant est en effet un réseau d’interactions sol/air/eau, évolutif tout comme nos sociétés, dont il faut s’inspirer : il faut se rapprocher du fonctionnement d’un écosystème naturel. Le premier ennemi de la biodiversité est la perte de son support : le sol. Il faut donc que la ville redevienne un habitat pour la faune et la flore et qu’elle soit perméable à la biodiversité”. Et Marjorie Musy, du programme VegDud pour le Cerema, d’ajouter : “pour rafraîchir la ville, il faut mettre le vivant au service de la climatologie urbaine pour ombrager (c’est-à-dire protéger du soleil), réfléchir et ventiler (renvoyer la chaleur) et pour réduire les usages d’énergie (diminuer les émissions). A l’échelle de chaque parcelle urbaine, le végétal contribue ainsi à rafraîchir l’air à condition de disposer d’eau (arrosage) et d’un sol pour se développer”.

Le végétal pour une ville vivable

Comme l’affirme Pierre Georgel, PDG d’Ecovégétal, “nous vivons dans des villes de plus en plus inconfortables du fait de leur densification et de l’imperméabilisation des sols”. Pourtant, “la nature rend des services” confie Daniel Breuiller, vice-président de la Métropole du Grand Paris, “malheureusement pas toujours connus, ni reconnus, mais elle ne paye pas de droits à construire ! Alors que l’argent public va être rare, les maires vont devoir choisir et définir une nouvelle intimité entre la nature et l’intensité urbaine. La métropole de demain sera verte ou invivable. La nature est un formidable outil car elle satisfait 80 % des attentes des habitants. Il faut donc que la ville de demain intègre la nature comme une composante de son développement. Créons le ‘5 % nature’ comme on a créé le ‘1 % culturel : il serait un outil financier pour renaturer la ville, un outil réglementaire (pourcentage de pleine terre, de toitures végétalisées dans les SCOT) et une nécessaire stimulation pour la qualité de vie des humains et de la biodiversité”. Pour Jacqueline Osty, Grand prix national du paysage 2018, “il y a un enjeu technique à traiter la biodiversité, à réparer les terres abîmées et polluées, à gérer les eaux. Les infrastructures vertes doivent ainsi imposer un nouvel urbanisme, avec une nature ancrée dans le sol. Mais au-delà de l’infrastructure, le paysage participe à l’embellissement des lieux et de la ville.” Comme le confirme Jean-Louis Missika, adjoint chargé de l’urbanisme à la Ville de Paris, “la demande de verdissement de la ville dépasse tout le reste. Il existe des millions de m2 de parkings souterrains ou en surface à requalifier pour gérer les pics de chaleur et éviter les climatiseurs qui aggravent la situation. Il faut ainsi expérimenter (utiliser l’eau pour rafraîchir les sols, l’air des carrières souterraines…), inciter à l’innovation et changer la règlementation pour fabriquer la ville et accélérer le changement”. Les habitants sont donc demandeurs de cette nature qui améliore le cadre de vie, affirmation renforcée par la vision de François Bertière, PDG de Bouygues Immobilier : “selon nos dernières enquêtes, nos clients désirent dans leurs appartements de la lumière (fenêtres et baies vitrées), des rangements et, en 3e position, un contact avec la nature. La nature en ville, ce ne sont pas que des espaces verts, mais des espaces de nature où on laisse faire pour que cela ne coûte rien. La nature et la biodiversité, ça vaut le coup car le but est bien de satisfaire nos clients !”.

Végétaliser pour limiter les risques

Les dérèglements climatiques amènent la question du “risque”, la végétalisation des villes étant un moyen de limiter ceux-ci, comme le souligne Eric Donnet, directeur général de Groupama Immobilier. “Les sociétés d’assurance prélèvent des primes pour couvrir des risques pouvant survenir tous les 200 ans. Or depuis 2014, chaque année, on subit un tel risque (inondations, incendies, tempêtes…). Nous devons être diplômés du BSP (Bon Sens Paysan) et réinventer collectivement un nouveau modèle économique et social”. Pour Marie Christine Huau, de Veolia Eau, il y a 3 mots clés : “échelle, cohérence, complexité. Et nous ne pouvons pas nous tromper sous prétexte d’urgence. Il faut se hâter lentement mais sûrement dans la même direction. Mais s’il existe des solutions vertes pour gérer les eaux pluviales et faire éponge, il faut aussi prévoir les risques et les alternatives quand l’éponge est saturée… Il faut aussi répondre à la durabilité et à l’entretien de ces aménagements verts, et donc créer un nouveau modèle économique pour aller du réactif au préventif”.
Ainsi, désimperméabiliser les surfaces en ville, créer de grands parcs, planter des arbres… sont autant de solutions à mettre en œuvre pour une ville résiliente. Mais attention à la “peinture verte” alerte Antoine Cadi de CDC biodiversité. “Il est urgent de mettre en œuvre des solutions vertes, mais surtout que les collectivités restaurent des écosystèmes performants, car l’érosion de la biodiversité est bien pire que l’évolution climatique. Pour être efficace, il faut travailler à l’émergence d’un ‘indicateur d’empreinte de biodiversité’ par région, par pays”.
Comme le conclut très bien Erik Orsenna, académicien, “l’époque accélère enfin, il faut apprendre et inventer pour retisser un pacte de confiance. Articulons les échelles pour bâtir la ville, sans sacrifier l’essentiel à l’urgence. Il faut proclamer une ambition : le 5 % nature, et adapter les outils, car l’eau est le miroir de notre société et une nécessité absolue à la vie”.

Article paru dans le numéro de Janvier 2019, abonnez-vous

Sport en ville : usages, attentes et prospectives

Demain, tous dehors pour bouger, courir, jouer, se connecter ? Possible. En tout cas, deux études donnent de précieux enseignements et de réelles perspectives de développement aux aménageurs des villes. L’une dévoile le rapport des jeunes à l’outdoor, fournissant notamment de vraies pistes d’actions pour transformer l’espace public à leur image. L’autre analyse plus précisément les pratiques sportives des citadins d’aujourd’hui et les attentes des infrastructures sportives de proximité, aujourd’hui en plein essor.

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dans le numéro de Janvier 2019, abonnez-vous

Végétation urbaine : l’indispensable présence

Savez-vous qu’un arbre est le meilleur allié santé du citadin d’aujourd’hui ? Une fois encore, la science prouve les bienfaits des arbres, du gazon et des toitures végétalisées sur les températures urbaines, la qualité de l’air, les nuisances sonores, la biodiversité ou encore le bien-être social des habitants des villes.

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dans le numéro de Novembre-Décembre 2018, abonnez-vous

La “trame brune”, pour une ville plus vivable

Pics de chaleur localement bien supérieurs à ceux des courbes
de normales saisonnières, inondations récurrentes, pollutions massives des littoraux et des cours d’eau… certains ravages
de l’imperméabilisation des sols sont de plus en plus manifestes. Pourtant cette situation ne va qu’en s’aggravant puisqu’à chaque seconde, en France, 27 mètres carrés supplémentaires de sols
sont imperméabilisés.

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dans le numéro d’Octobre 2018, abonnez-vous

Pollution lumineuse : comment lutter ?

Alors que l’érosion de la biodiversité devient de plus en plus préoccupante, l’usage intensif de la lumière artificielle, perturbant les cycles biologiques de la faune et de la flore, est pointé du doigt. Les solutions ? Changer les luminaires défaillants, réorienter les flux
en direction du sol… mais surtout, opter pour un éclairage ‘smart’, programmé en fonction des besoins.

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dans le numéro d’Octobre 2018, abonnez-vous