Archives de catégorie : Gestion de l’eau

Bubblers : optez pour du très haut débit !

Pour atteindre les racines profondes des jeunes arbres et des arbustes, dont la survie est aujourd’hui clairement menacée par l’intensité et l’allongement des épisodes de sécheresse, des systèmes d’arrosage automatiques s’imposent. Si les goutteurs disposés autour des mottes apportent lentement, et de façon diffuse, l’élément hydrique au plus près des racines, des dispositifs fournissent de plus grandes quantités d’eau en un minimum de temps : ce sont les bubblers. Sont-ils efficaces ? Doit-on privilégier aussi des systèmes à bas débit ? Éléments de réponse.

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dans le numéro de Novembre- Décembre 2019, abonnez-vous

Micro-irrigation : révolution sous les rails

Dispositif intelligent que celui installé sous une portion du tramway parisien. Des goutteurs enterrés irriguent près de 4,5 km de voies engazonnées avec les eaux brutes de la Seine. Une première, à si grande échelle, dans toute la France, et qui trouve également un intérêt dans d’autres applications : toitures végétalisées, massifs ornementaux, parcs et jardins.

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dans le numéro d’Octobre 2019, abonnez-vous

Arrosage : eaux brutes et inévitables citernes

En l’absence de systèmes d’arrosage automatique, les collectivités s’équipent inévitablement de citernes d’arrosage mobiles, disposées sur un châssis routier ou le plateau d’un véhicule porteur. D’une capacité de plusieurs centaines de litres, ces cuves acheminent les eaux brutes ou puisées des forages dans les moindres recoins de verdure de l’espace public. Objectifs : arroser ce qui doit l’être, mobiliser le moins d’agents possible et rendre la tâche plus aisée.

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dans le numéro de Août-Septembre 2019, abonnez-vous

Canalisations en polyéthylène : la qualité en tube

Pièces maîtresses d’un système d’arrosage automatique, les canalisations primaires et secondaires acheminent l’eau à moins de 5 bars en direction des asperseurs ou des lignes de goutteurs. Fabriqués à partir de polyéthylène haute densité, ces tubes de diamètres variables imposent une mise en œuvre stricte, écartant tout risque de fuite et de fissuration. Le Groupe Elydan, géant du secteur et leader français des solutions tubes et réseaux
polyéthylène, nous dévoile ses principales recommandations, à contrôler pendant les phases de chantiers pour des ouvrages dignes de ce nom.

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dans le numéro de Juin-Juillet 2019, abonnez-vous

Vagues de chaleur :
la brumisation s’impose !

Des colonnes rafraîchissantes en aluminium (ici modèle Coolfresh), équipées de 6 buses intégrées, sont mises en route par un simple bouton. A proximité de ces équipements, la température ambiante peut baisser de 10 °C !

Si les infrastructures vertes, que sont les arbres et les gazons arrosés avec méthode, permettent de gagner significativement quelques degrés à l’échelle d’une rue ou d’un quartier, les systèmes de brumisation à haute pression, plus efficaces, s’avèrent
aujourd’hui indispensables pour contrer les îlots de chaleur et rendre les périodes caniculaires plus agréables. D’ici cet été, il est encore temps de rafraîchir la ville et les citadins en optant pour des systèmes de brumisation fonctionnels !

La ville suffoque. Les habitants aussi. En effet, dès le seuil des 29 °C dépassé, de jour comme de nuit, l’organisme n’est plus capable de se reposer, causant un inconfort certain et, parfois, le décès des plus fragiles. Que faut-il donc faire pour se protéger, et plus généralement réduire les températures urbaines ? Multiplier la présence d’espaces verts ? Impeccable. Planter des arbres ? Parfait, encore faut-il qu’ils aient accès à suffisamment d’eau pour rafraîchir l’air par évaporation (réduction des températures locales de 3 à 5 °C). Aménager des fontaines dans l’espace public ? C’est une possibilité, qui s’avère aussi très esthétique. Ou bien encore créer des bassins, des mares ?… Toutes ces infrastructures vertes ou bétonnées, qui répondent d’ailleurs à des besoins plus larges (esthétiques, sociaux…), se basent sur le même principe physique pour abaisser les températures : l’humidification d’un flux d’air sec et chaud afin de provoquer une évaporation. Cette vaporisation absorbe une partie de la chaleur et entraîne donc une baisse de la température et une augmentation du degré d’hygrométrie.
Aujourd’hui, il existe des systèmes qui plongent l’espace public dans un brouillard agréable sur plusieurs mètres, qui ne mouille pas, procurant une sensation de bien-être inégalée au cœur de l’été : ce sont les brumisateurs.

Différents équipements sont proposés, notamment des brumisateurs intégrés dans le creux d’un mât, pour une diffusion latérale et rafraîchissante.

Brumisation à haute pression

Il existe deux types de brumisation :
• Brumisation Basse Pression (BP) : les systèmes à BP fonctionnent avec la pression d’un réseau d’eau potable (quelques bars de pression). Utilisés aussi dans les serres horticoles, ils produisent une brume humide composée de gouttes grossières ;
• Brumisation à Haute Pression (HP) : les systèmes de brumisation à HP fonctionnent avec un surpresseur (groupe moteur/pompe), qui sort l’eau du réseau à des pressions comprises entre 50 et 150 bars. La taille des gouttelettes, qui s’évaporent de façon instantanée par un système de vortex ou à aiguille, est inférieure à 5 microns.
“Seuls les systèmes HP, composés d’une pompe HP, de tuyaux en cuivre, inox ou nylon haute pression ponctués de diffuseurs, sont utilisés pour rafraîchir les citadins” indique Romain Baltayan, directeur général de la société B.R.O. Différentes solutions sont proposées : des rampes de diffusion, des brumisateurs intégrés sur mât en inox ou au niveau du sol, des arches, des couronnes placées sous ventilateur… Dans tous les cas, ces équipements génèrent une brume rafraîchissante. “Plus il y aura une brume dense, plus il fera bon de se trouver face à un brumisateur” indique Edith Schaeffer, gérante de l’entreprise Brumest©.

En ville, la régulation des systèmes de brumisation s’effectue par thermostat et/ou hygrostat. Des temporisations sont possibles, grâce à des programmateurs équipés d’horloge (réglage du temps de fonctionnement, marche/arrêt de façon journalière ou hebdomadaire…).

Sont-ils efficaces ?

“En moyenne, une augmentation de 10 % de l’humidité relative produit une chute de 2 à 3 degrés de la température” indique Éric Dufour, directeur de la société Dutrie Sas. A en croire Edith Schaeffer, les températures peuvent diminuer jusqu’à 10 degrés directement sous l’espace brumisé à haute densité, sans compter l’effet ‘windchill’ (refroidissement ressenti par le facteur vent). Autant dire que ces équipements sont particulièrement efficaces pour rafraîchir l’espace public et les citadins. Cet abaissement de température s’explique par le fait que les calories de l’air sont absorbées par les calories de l’eau (effet adiabatique). En effet, lorsque l’air non saturé vient en contact avec les microgouttelettes, l’eau s’évapore. Et en l’absence d’apports calorifiques au cours de cette étape, la chaleur nécessaire à l’évaporation ne peut être fournie que par l’air. Résultats : les températures locales diminuent et l’hygrométrie augmente.

Sur des fontaines existantes, comme ici à Lyon, des systèmes de brumisation peuvent être installés en déviant le circuit d’alimentation en eau et en disposant un réseau d’eau et d’air comprimé.

Mise en œuvre d’un système de brumisation HP

L’installation d’un système de brumisation HP comprend, tout d’abord, la mise en place d’un local technique alimenté en eau, via un réseau de distribution d’eau potable dans le meilleur des cas, et en électrique, de préférence en triphasé (trois conducteur de phases et un câble neutre). Le local technique intègre un réseau d’eau et d’air comprimé, un filtre et une pompe. Eventuellement, il est possible d’installer un dispositif de traitement de l’eau (adoucisseur, osmoseur, système à UV), afin notamment de réduire l’apparition du calcaire au niveau des diffuseurs. L’alimentation en eau du système de brumisation proprement dit (rampes, mâts, arches…) est assurée par un réseau souterrain ou aérien de tubes en cuivre (naturellement bactéricide !) ou inox. “Dans l’espace public, la régulation des systèmes s’effectue par thermostat et/ou hygrostat. Des temporisations sont possibles, grâce à des programmateurs équipés d’horloge (réglage du temps de fonctionnement, marche/arrêt de façon journalière ou hebdomadaire…)” précise Éric Dufour.
En ce qui concerne les installations éphémères, la mise en œuvre est quasiment identique, si ce n’est que les connexions entre la pompe et les brumisateurs s’effectuent par des flexibles haute pression et des raccords rapides.
Enfin, côté consommation, un système de brumisation HP possède une débit moyen compris entre 5 et 10 L/h en fonctionnement continu. Quid de l’électricité ? “En moyenne, une installation consomme entre 300 W et 2,5 kW (1 kW ≈ 0,10 €). Au total, eau et électricité comprises, un système de brumisation coûte 1 €/jour en plein été” précise Romain Baltayan.
Rafraîchissants, faciles à mettre en œuvre, peu gourmands en eau et en électricité, les systèmes de brumisation s’imposent de plus en plus dans l’espace public. Pour le plus grand plaisir des citadins au cœur de l’été !
*Source : Météo France

Réglementation dans l’espace public

Le décret n°2017-657 du 27 avril 2017 définit les conditions d’utilisations des systèmes collectifs de brumisation d’eau. Entré en vigueur le 1er janvier 2018, il s’applique aussi bien aux installations neuves qu’existantes.
Le décret vise à prévenir les risques sanitaires. Les équipements installés ne doivent également pas polluer le réseau de distribution. C’est pourquoi, l’alimentation en eau des brumisateurs doit être directement reliée à un réseau public destiné à la consommation humaine. Acheminée à des températures inférieures à 25 °C, l’eau ne doit subir aucun traitement thermique ou chimique qui modifie les qualités physico-chimiques et microbiologiques de l’eau brumisée ainsi que les propriétés olfactives ou visuelles. Le système doit être équipé d’un clapet anti-retour, une vanne purge et de vidange, un dispositif de purge en cas d’arrêt du système et de vidange avant un arrêt prolongé de plus de 6 semaines consécutives…
Côté maintenance, celle-ci doit être effectuée au moins une fois par an, avec une traçabilité des interventions. En cas d’arrêt supérieur à 6 semaines, il convient de vidanger, nettoyer, désinfecter et rincer le système. Enfin, la qualité de l’eau doit être surveillée une fois tous les deux ans (au minimum 14 jours après une opération de nettoyage et de désinfection). Des contrôles peuvent être réalisés par l’Agence régionale de santé.

A retenir

• Seuls les brumisateurs à Haute Pression sont utilisés dans l’espace public (entre 50 et 150 bars) ;
• La taille des gouttelettes est d’environ 5 microns.
• Ils doivent répondre au décret n°2017-657 du 27 avril 2017, entré en vigueur depuis le 1er janvier 2018.
• Abaissement maximal des températures : 10 °C.
• Consommation d’eau : entre 5 et 10 L/h en fonction continue ;
• Consommation d’électricité : entre 300 W
et 2,5 kW/jour.

 

Article du numéro de Mai 2019, abonnez-vous

Débitmètres et GC : les fuites ne sont plus ‘hors de contrôle’ !

Connectés directement aux programmateurs et couplés à un système de gestion centralisée, les débitmètres (ou fluxmètres) détectent, surveillent et signalent les débits critiques dans les canalisations primaires. A l’heure où les économies en eau allègent les factures des collectivités et préservent la ressource naturelle, les gestionnaires plébiscitent ces dispositifs de contrôle. C’est aussi le meilleur moyen de préserver un espace vert (pas d’asséchement brutal, ni de détrempage en cas de sous ou sur-débit).

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dans le numéro d’Avril 2019, abonnez-vous

Electrovanne : fiabilité, qualité et références

Pièce maîtresse d’un système d’arrosage automatique, l’électrovanne autorise ou non le passage de l’eau dans les canalisations secondaires. Ce ‘robinet’ automatique, géré
par des programmateurs 9 ou 220/24 V, est disponible en bas ou haut débit, basse ou haute pression… en fonction des applications. Voici un panel d’électrovannes indispensables dans le montage d’un système d’arrosage automatique.

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dans le numéro de Mars 2019, abonnez-vous

Tuyères : caractéristiques et critères de choix

Arroseurs à jet fixe (parfois rotatif), les tuyères génèrent une pluie fine et continue pour irriguer efficacement des massifs, des surfaces engazonnées restreintes ou à la géométrie parfois complexe. L’alternative idéale aux arroseurs escamotables à turbine, souvent surdimensionnés pour irriguer les petits espaces verts.

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dans le numéro de Février 2019, abonnez-vous

Systèmes d’arrosage : précision et performance à la pompe

Elle impacte directement le fonctionnement du réseau, la précision des apports en eau, le coût énergétique… De surface ou immergée, la pompe est l’élément clé d’un système d’arrosage automatique en prélevant et en acheminant l’eau sous pression depuis la source jusqu’aux organes d’arrosage (goutte-à-goutte, asperseurs, tuyères…). Les géants du secteur, Jetly, Pedrollo, Ebara, Rovatti… présentent leurs références et dernières nouveautés : des pompes à variation de vitesse, des groupes de surpression, des pompes tout inox, des pompes 4’’ à faire rêver les installateurs…

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dans le numéro de Janvier 2019, abonnez-vous

Arrosage des jeunes arbres : les conseils des pépiniéristes

Confectionner une cuvette à la base de l’arbre, dont le diamètre est supérieur au diamètre de la motte, et la remplir à refus à chaque opération d’arrosage, comble les déficits hydriques constatés après la plantation.

Le bilan de l’été 2018 confirme les inquiétudes : des jeunes arbres n’ont pas survécu, faute d’un arrosage efficient. D’autres, pourtant plus âgés, ne passeront pas l’hiver. Autant dire, des plantations et donc des investissements perdus pour les collectivités. Comment assurer la reprise des plantations ? Quelles méthodes d’arrosage sont à prioriser ? Comment rendre l’arbre autonome sur le plan hydrique ? Des pépiniéristes expérimentés donnent de précieux conseils.

A la plantation, en raison d’une exploration racinaire réduite et d’un transfert hydrique très limité depuis les bords de la fosse, l’arbre est entièrement dépendant des apports en eau dans la motte. Il pleut et les températures sont clémentes ? Parfait. Cependant, les relevés météorologiques de ces dernières années (2018 est un très bon exemple) sont loin de cet idéal : le mercure monte en flèche dès le printemps jusqu’à l’automne, et les précipitations se font de plus en plus rares, si bien que les plantations, récentes voire plus anciennes, sont mises à rude épreuve. Résultat, de nombreux arbres ne survivent pas, notamment ceux plantés trop tard, avec un système racinaire restreint.
Aujourd’hui, un arbre planté ne peut donc s’affranchir d’un plan d’arrosage parfaitement maîtrisé, apportant la juste quantité d’eau au bon moment et surtout, au bon endroit. Conscients des prérogatives des professionnels, pas toujours disponibles pour arroser, les pépiniéristes vulgarisent justement une méthode simple, efficace et rationnelle sur les plans financier et humain pour qu’un arbre devienne autonome en eau dès la troisième année de plantation et survive plus tard aux épisodes de sécheresse récurrents.

La méthode de la ‘cuvette’

“Il y a beaucoup de méthodes d’arrosage, mais la confection d’une cuvette au pied de l’arbre est la meilleure qui soit… Et la plus pratique” affirme Laurent Chatelain, directeur des pépinières éponymes. “Par contre, il faut éviter les cuvettes sous les grilles d’arbres en zones urbaines, l’eau risquerait de stagner. Pas de drains non plus ! N’oublions pas que nous proposons du végétal, du vert, de la vie, donc le plastique est à éviter dans le paysage”. Marc Koehler, ingénieur commercial et horticole au sein des Pépinières Guillot Bourne II, partage le même avis. “Non seulement le plastique est à proscrire, mais les drains, déployés autour de la motte à la plantation, n’apportent pas l’eau à l’intérieur de la motte, là où les racines sont logées” précise-t-il. Les drains empêchent aussi certaines racines de sortir hors de la motte. D’où la confection d’une cuvette sans drain, dont le diamètre est supérieur à celui de la motte (10 à 20 cm de plus). Hauteur de la cuvette : environ 20 cm. Durée de vie de la cuvette : 6 mois à 2 ans (pour peu qu’elle soit entretenue).
Que dire des systèmes goutte-à-goutte, ceinturant le sommet de la motte ? “En présence d’un sol drainant, ce système aura tendance à ‘biberonner’ les racines, sans faire pénétrer l’eau à l’intérieur de la motte. Seules les racines les plus près du tronc seront arrosées. Du coup, on aura des arbres ‘poireaux’ sans racines d’ancrage, sensibles à la moindre tempête” explique Marc Koehler.

Volumes d’eau à apporter

Prenons l’exemple d’un arbre de force 20/25, peu importe l’essence dont il est question. Les quantités apportées (eau de forage ou de récupération dans l’idéal) doivent être progressives :
• Année 1 : 50 à 100 L d’eau/arbre/arrosage, en privilégiant l’humidification de la motte ;
• Année 2 : 125 à 175 L d’eau/arbre/arrosage ;
• Année 3 : 150 à 200 L d’eau/arbre/arrosage, en privilégiant la périphérie de la motte car les racines sont supposées se développées au-delà.
“Ces quantités ne doivent pas être systématiques. Tout dépend de la nature du sol (sable, argile…), du climat (zone venteuse, en pente)…” indique Marc Koehler, qui insiste aussi sur la qualité du premier arrosage, juste après la plantation. “Il faut bien plomber le sol, de sorte à ce que les particules de terre collent à la motte. Cela évite aussi la formation de trous d’air” conseille-t-il. Si l’eau s’infiltre difficilement dans la cuvette en deux ou trois reprises, y compris après 15 à 20 min d’attente (ce qui peut être le cas en présence d’un sol argileux), l’agent devra sortir la binette pour casser les croûtes de battance. Le problème persiste ? Un carottage permettra de vérifier l’asphyxie, signe notamment d’une fosse de plantation mal conçue. A ce sujet, Laurent Chatelain n’est pas vraiment convaincu du mélange terre-pierre. “A l’origine, le mélange terre-pierre était préconisé pour que les abords des arbres puissent supporter le passage des véhicules. Aujourd’hui, en incorporant un mélange terre-pierre un peu partout, on ajoute une contrainte supplémentaire à l’arbre urbain qui déjà doit en subir beaucoup. En cas de mauvais mélange (proportion, calibre des pierres…), ce qui est souvent le cas, des poches d’air se forment et le substrat devient trop drainant. L’arrosage devient compliqué. Ou, dans le cas inverse, le mélange devient trop compact et conduit à une asphyxie racinaire”.
Concernant les fréquences d’arrosage, les pépiniéristes recommandent entre 6 et 8 interventions par an. L’objectif est de forcer les racines à chercher l’eau en profondeur afin d’assurer un bon ancrage du sujet planté. Des arrosages en petite quantité et assez fréquents ne font que favoriser le développement des radicelles en surface.
Pour ajuster les quantités et les périodes d’arrosage, les tensiomètres et les dispositifs basés sur la colorimétrie du feuillage sont de plus en plus utilisés.

Arroser le sol… et les feuilles !

En période de sécheresse, encore trop de professionnels oublient d’arroser le feuillage des persistants. “Le bassinage matinal des arbres, jusqu’à ce que l’eau coule sur les feuilles, est essentiel à chaque arrosage. En effet, l’hygrométrie créée va permettre de diminuer l’évapotranspiration des feuilles. Par expérience, le bassinage augmente les chances de reprise de l’arbre de plus de 50 %” indique le directeur des Pépinières Chatelain. Surtout, ne pas attendre que les feuilles flétrissent pour arroser et bassiner, car il est déjà trop tard. “Au-dessus d’un certain seuil de sécheresse, l’arbre atteint un stress total, au point qu’il n’a plus la capacité, même après un arrosage copieux, de retrouver son état initial. C’est pourquoi, il est nécessaire d’arroser avant ce seuil critique et de respecter les fréquences d’arrosage” ajoute-t-il.
L’arrosage des arbres est une intervention essentielle, si ce n’est la principale, pour assurer la pérennité des ouvrages paysagers, contribuant ainsi, par leur abondance végétale, à rafraîchir l’air ambiant. Arroser n’est donc pas un acte dénué de sens, mais une opération nécessaire pour le climat de demain.

Tailler, planter, arroser !

Avant la plantation surtout en motte, une taille est indispensable. L’objectif n’est pas de réaliser une taille comme on le ferait en pépinières, mais d’effectuer une taille de formation, un habillage. Bref, rendre l’arbre propre, afin d’harmoniser le volume aérien et racinaire. Au niveau de la motte, il convient de bien dégriffer les chignons et tailler tout ce qui dépasse de trop. En pépinière, l’arrosage est supprimé (sauf en cas de grande sècheresse), avec l’objectif de rendre les végétaux plus robustes.
Attention également à bien veiller à ce que le diamètre de la motte corresponde à la force de l’arbre. Pour un arbre 20/25, un diamètre de minimum 70 à 90 cm est requis. Néanmoins, certains professionnels constatent que le diamètre de motte des arbres venus de toute l’Europe est revu à la baisse. Pourquoi ? Pour remplir au maximum les camions lors du transport !
D’où le recours à une production locale, où les arbres,
du bas jusqu’en haut, sont conformes aux attentes et aptes
à la reprise. Encore faut-il bien les arroser par la suite…

Article de Novembre-Décembre 2018, abonnez-vous