Archives de catégorie : Gestion de l’eau

Canalisations en polyéthylène : la qualité en tube

Pièces maîtresses d’un système d’arrosage automatique, les canalisations primaires et secondaires acheminent l’eau à moins de 5 bars en direction des asperseurs ou des lignes de goutteurs. Fabriqués à partir de polyéthylène haute densité, ces tubes de diamètres variables imposent une mise en œuvre stricte, écartant tout risque de fuite et de fissuration. Le Groupe Elydan, géant du secteur et leader français des solutions tubes et réseaux
polyéthylène, nous dévoile ses principales recommandations, à contrôler pendant les phases de chantiers pour des ouvrages dignes de ce nom.

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Juin-Juillet 2019, abonnez-vous

Vagues de chaleur :
la brumisation s’impose !

Des colonnes rafraîchissantes en aluminium (ici modèle Coolfresh), équipées de 6 buses intégrées, sont mises en route par un simple bouton. A proximité de ces équipements, la température ambiante peut baisser de 10 °C !

Si les infrastructures vertes, que sont les arbres et les gazons arrosés avec méthode, permettent de gagner significativement quelques degrés à l’échelle d’une rue ou d’un quartier, les systèmes de brumisation à haute pression, plus efficaces, s’avèrent
aujourd’hui indispensables pour contrer les îlots de chaleur et rendre les périodes caniculaires plus agréables. D’ici cet été, il est encore temps de rafraîchir la ville et les citadins en optant pour des systèmes de brumisation fonctionnels !

La ville suffoque. Les habitants aussi. En effet, dès le seuil des 29 °C dépassé, de jour comme de nuit, l’organisme n’est plus capable de se reposer, causant un inconfort certain et, parfois, le décès des plus fragiles. Que faut-il donc faire pour se protéger, et plus généralement réduire les températures urbaines ? Multiplier la présence d’espaces verts ? Impeccable. Planter des arbres ? Parfait, encore faut-il qu’ils aient accès à suffisamment d’eau pour rafraîchir l’air par évaporation (réduction des températures locales de 3 à 5 °C). Aménager des fontaines dans l’espace public ? C’est une possibilité, qui s’avère aussi très esthétique. Ou bien encore créer des bassins, des mares ?… Toutes ces infrastructures vertes ou bétonnées, qui répondent d’ailleurs à des besoins plus larges (esthétiques, sociaux…), se basent sur le même principe physique pour abaisser les températures : l’humidification d’un flux d’air sec et chaud afin de provoquer une évaporation. Cette vaporisation absorbe une partie de la chaleur et entraîne donc une baisse de la température et une augmentation du degré d’hygrométrie.
Aujourd’hui, il existe des systèmes qui plongent l’espace public dans un brouillard agréable sur plusieurs mètres, qui ne mouille pas, procurant une sensation de bien-être inégalée au cœur de l’été : ce sont les brumisateurs.

Différents équipements sont proposés, notamment des brumisateurs intégrés dans le creux d’un mât, pour une diffusion latérale et rafraîchissante.

Brumisation à haute pression

Il existe deux types de brumisation :
• Brumisation Basse Pression (BP) : les systèmes à BP fonctionnent avec la pression d’un réseau d’eau potable (quelques bars de pression). Utilisés aussi dans les serres horticoles, ils produisent une brume humide composée de gouttes grossières ;
• Brumisation à Haute Pression (HP) : les systèmes de brumisation à HP fonctionnent avec un surpresseur (groupe moteur/pompe), qui sort l’eau du réseau à des pressions comprises entre 50 et 150 bars. La taille des gouttelettes, qui s’évaporent de façon instantanée par un système de vortex ou à aiguille, est inférieure à 5 microns.
“Seuls les systèmes HP, composés d’une pompe HP, de tuyaux en cuivre, inox ou nylon haute pression ponctués de diffuseurs, sont utilisés pour rafraîchir les citadins” indique Romain Baltayan, directeur général de la société B.R.O. Différentes solutions sont proposées : des rampes de diffusion, des brumisateurs intégrés sur mât en inox ou au niveau du sol, des arches, des couronnes placées sous ventilateur… Dans tous les cas, ces équipements génèrent une brume rafraîchissante. “Plus il y aura une brume dense, plus il fera bon de se trouver face à un brumisateur” indique Edith Schaeffer, gérante de l’entreprise Brumest©.

En ville, la régulation des systèmes de brumisation s’effectue par thermostat et/ou hygrostat. Des temporisations sont possibles, grâce à des programmateurs équipés d’horloge (réglage du temps de fonctionnement, marche/arrêt de façon journalière ou hebdomadaire…).

Sont-ils efficaces ?

“En moyenne, une augmentation de 10 % de l’humidité relative produit une chute de 2 à 3 degrés de la température” indique Éric Dufour, directeur de la société Dutrie Sas. A en croire Edith Schaeffer, les températures peuvent diminuer jusqu’à 10 degrés directement sous l’espace brumisé à haute densité, sans compter l’effet ‘windchill’ (refroidissement ressenti par le facteur vent). Autant dire que ces équipements sont particulièrement efficaces pour rafraîchir l’espace public et les citadins. Cet abaissement de température s’explique par le fait que les calories de l’air sont absorbées par les calories de l’eau (effet adiabatique). En effet, lorsque l’air non saturé vient en contact avec les microgouttelettes, l’eau s’évapore. Et en l’absence d’apports calorifiques au cours de cette étape, la chaleur nécessaire à l’évaporation ne peut être fournie que par l’air. Résultats : les températures locales diminuent et l’hygrométrie augmente.

Sur des fontaines existantes, comme ici à Lyon, des systèmes de brumisation peuvent être installés en déviant le circuit d’alimentation en eau et en disposant un réseau d’eau et d’air comprimé.

Mise en œuvre d’un système de brumisation HP

L’installation d’un système de brumisation HP comprend, tout d’abord, la mise en place d’un local technique alimenté en eau, via un réseau de distribution d’eau potable dans le meilleur des cas, et en électrique, de préférence en triphasé (trois conducteur de phases et un câble neutre). Le local technique intègre un réseau d’eau et d’air comprimé, un filtre et une pompe. Eventuellement, il est possible d’installer un dispositif de traitement de l’eau (adoucisseur, osmoseur, système à UV), afin notamment de réduire l’apparition du calcaire au niveau des diffuseurs. L’alimentation en eau du système de brumisation proprement dit (rampes, mâts, arches…) est assurée par un réseau souterrain ou aérien de tubes en cuivre (naturellement bactéricide !) ou inox. “Dans l’espace public, la régulation des systèmes s’effectue par thermostat et/ou hygrostat. Des temporisations sont possibles, grâce à des programmateurs équipés d’horloge (réglage du temps de fonctionnement, marche/arrêt de façon journalière ou hebdomadaire…)” précise Éric Dufour.
En ce qui concerne les installations éphémères, la mise en œuvre est quasiment identique, si ce n’est que les connexions entre la pompe et les brumisateurs s’effectuent par des flexibles haute pression et des raccords rapides.
Enfin, côté consommation, un système de brumisation HP possède une débit moyen compris entre 5 et 10 L/h en fonctionnement continu. Quid de l’électricité ? “En moyenne, une installation consomme entre 300 W et 2,5 kW (1 kW ≈ 0,10 €). Au total, eau et électricité comprises, un système de brumisation coûte 1 €/jour en plein été” précise Romain Baltayan.
Rafraîchissants, faciles à mettre en œuvre, peu gourmands en eau et en électricité, les systèmes de brumisation s’imposent de plus en plus dans l’espace public. Pour le plus grand plaisir des citadins au cœur de l’été !
*Source : Météo France

Réglementation dans l’espace public

Le décret n°2017-657 du 27 avril 2017 définit les conditions d’utilisations des systèmes collectifs de brumisation d’eau. Entré en vigueur le 1er janvier 2018, il s’applique aussi bien aux installations neuves qu’existantes.
Le décret vise à prévenir les risques sanitaires. Les équipements installés ne doivent également pas polluer le réseau de distribution. C’est pourquoi, l’alimentation en eau des brumisateurs doit être directement reliée à un réseau public destiné à la consommation humaine. Acheminée à des températures inférieures à 25 °C, l’eau ne doit subir aucun traitement thermique ou chimique qui modifie les qualités physico-chimiques et microbiologiques de l’eau brumisée ainsi que les propriétés olfactives ou visuelles. Le système doit être équipé d’un clapet anti-retour, une vanne purge et de vidange, un dispositif de purge en cas d’arrêt du système et de vidange avant un arrêt prolongé de plus de 6 semaines consécutives…
Côté maintenance, celle-ci doit être effectuée au moins une fois par an, avec une traçabilité des interventions. En cas d’arrêt supérieur à 6 semaines, il convient de vidanger, nettoyer, désinfecter et rincer le système. Enfin, la qualité de l’eau doit être surveillée une fois tous les deux ans (au minimum 14 jours après une opération de nettoyage et de désinfection). Des contrôles peuvent être réalisés par l’Agence régionale de santé.

A retenir

• Seuls les brumisateurs à Haute Pression sont utilisés dans l’espace public (entre 50 et 150 bars) ;
• La taille des gouttelettes est d’environ 5 microns.
• Ils doivent répondre au décret n°2017-657 du 27 avril 2017, entré en vigueur depuis le 1er janvier 2018.
• Abaissement maximal des températures : 10 °C.
• Consommation d’eau : entre 5 et 10 L/h en fonction continue ;
• Consommation d’électricité : entre 300 W
et 2,5 kW/jour.

 

Article du numéro de Mai 2019, abonnez-vous

Débitmètres et GC : les fuites ne sont plus ‘hors de contrôle’ !

Connectés directement aux programmateurs et couplés à un système de gestion centralisée, les débitmètres (ou fluxmètres) détectent, surveillent et signalent les débits critiques dans les canalisations primaires. A l’heure où les économies en eau allègent les factures des collectivités et préservent la ressource naturelle, les gestionnaires plébiscitent ces dispositifs de contrôle. C’est aussi le meilleur moyen de préserver un espace vert (pas d’asséchement brutal, ni de détrempage en cas de sous ou sur-débit).

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro d’Avril 2019, abonnez-vous

Electrovanne : fiabilité, qualité et références

Pièce maîtresse d’un système d’arrosage automatique, l’électrovanne autorise ou non le passage de l’eau dans les canalisations secondaires. Ce ‘robinet’ automatique, géré
par des programmateurs 9 ou 220/24 V, est disponible en bas ou haut débit, basse ou haute pression… en fonction des applications. Voici un panel d’électrovannes indispensables dans le montage d’un système d’arrosage automatique.

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Mars 2019, abonnez-vous

Tuyères : caractéristiques et critères de choix

Arroseurs à jet fixe (parfois rotatif), les tuyères génèrent une pluie fine et continue pour irriguer efficacement des massifs, des surfaces engazonnées restreintes ou à la géométrie parfois complexe. L’alternative idéale aux arroseurs escamotables à turbine, souvent surdimensionnés pour irriguer les petits espaces verts.

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Février 2019, abonnez-vous

Systèmes d’arrosage : précision et performance à la pompe

Elle impacte directement le fonctionnement du réseau, la précision des apports en eau, le coût énergétique… De surface ou immergée, la pompe est l’élément clé d’un système d’arrosage automatique en prélevant et en acheminant l’eau sous pression depuis la source jusqu’aux organes d’arrosage (goutte-à-goutte, asperseurs, tuyères…). Les géants du secteur, Jetly, Pedrollo, Ebara, Rovatti… présentent leurs références et dernières nouveautés : des pompes à variation de vitesse, des groupes de surpression, des pompes tout inox, des pompes 4’’ à faire rêver les installateurs…

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Janvier 2019, abonnez-vous

Arrosage des jeunes arbres : les conseils des pépiniéristes

Confectionner une cuvette à la base de l’arbre, dont le diamètre est supérieur au diamètre de la motte, et la remplir à refus à chaque opération d’arrosage, comble les déficits hydriques constatés après la plantation.

Le bilan de l’été 2018 confirme les inquiétudes : des jeunes arbres n’ont pas survécu, faute d’un arrosage efficient. D’autres, pourtant plus âgés, ne passeront pas l’hiver. Autant dire, des plantations et donc des investissements perdus pour les collectivités. Comment assurer la reprise des plantations ? Quelles méthodes d’arrosage sont à prioriser ? Comment rendre l’arbre autonome sur le plan hydrique ? Des pépiniéristes expérimentés donnent de précieux conseils.

A la plantation, en raison d’une exploration racinaire réduite et d’un transfert hydrique très limité depuis les bords de la fosse, l’arbre est entièrement dépendant des apports en eau dans la motte. Il pleut et les températures sont clémentes ? Parfait. Cependant, les relevés météorologiques de ces dernières années (2018 est un très bon exemple) sont loin de cet idéal : le mercure monte en flèche dès le printemps jusqu’à l’automne, et les précipitations se font de plus en plus rares, si bien que les plantations, récentes voire plus anciennes, sont mises à rude épreuve. Résultat, de nombreux arbres ne survivent pas, notamment ceux plantés trop tard, avec un système racinaire restreint.
Aujourd’hui, un arbre planté ne peut donc s’affranchir d’un plan d’arrosage parfaitement maîtrisé, apportant la juste quantité d’eau au bon moment et surtout, au bon endroit. Conscients des prérogatives des professionnels, pas toujours disponibles pour arroser, les pépiniéristes vulgarisent justement une méthode simple, efficace et rationnelle sur les plans financier et humain pour qu’un arbre devienne autonome en eau dès la troisième année de plantation et survive plus tard aux épisodes de sécheresse récurrents.

La méthode de la ‘cuvette’

“Il y a beaucoup de méthodes d’arrosage, mais la confection d’une cuvette au pied de l’arbre est la meilleure qui soit… Et la plus pratique” affirme Laurent Chatelain, directeur des pépinières éponymes. “Par contre, il faut éviter les cuvettes sous les grilles d’arbres en zones urbaines, l’eau risquerait de stagner. Pas de drains non plus ! N’oublions pas que nous proposons du végétal, du vert, de la vie, donc le plastique est à éviter dans le paysage”. Marc Koehler, ingénieur commercial et horticole au sein des Pépinières Guillot Bourne II, partage le même avis. “Non seulement le plastique est à proscrire, mais les drains, déployés autour de la motte à la plantation, n’apportent pas l’eau à l’intérieur de la motte, là où les racines sont logées” précise-t-il. Les drains empêchent aussi certaines racines de sortir hors de la motte. D’où la confection d’une cuvette sans drain, dont le diamètre est supérieur à celui de la motte (10 à 20 cm de plus). Hauteur de la cuvette : environ 20 cm. Durée de vie de la cuvette : 6 mois à 2 ans (pour peu qu’elle soit entretenue).
Que dire des systèmes goutte-à-goutte, ceinturant le sommet de la motte ? “En présence d’un sol drainant, ce système aura tendance à ‘biberonner’ les racines, sans faire pénétrer l’eau à l’intérieur de la motte. Seules les racines les plus près du tronc seront arrosées. Du coup, on aura des arbres ‘poireaux’ sans racines d’ancrage, sensibles à la moindre tempête” explique Marc Koehler.

Volumes d’eau à apporter

Prenons l’exemple d’un arbre de force 20/25, peu importe l’essence dont il est question. Les quantités apportées (eau de forage ou de récupération dans l’idéal) doivent être progressives :
• Année 1 : 50 à 100 L d’eau/arbre/arrosage, en privilégiant l’humidification de la motte ;
• Année 2 : 125 à 175 L d’eau/arbre/arrosage ;
• Année 3 : 150 à 200 L d’eau/arbre/arrosage, en privilégiant la périphérie de la motte car les racines sont supposées se développées au-delà.
“Ces quantités ne doivent pas être systématiques. Tout dépend de la nature du sol (sable, argile…), du climat (zone venteuse, en pente)…” indique Marc Koehler, qui insiste aussi sur la qualité du premier arrosage, juste après la plantation. “Il faut bien plomber le sol, de sorte à ce que les particules de terre collent à la motte. Cela évite aussi la formation de trous d’air” conseille-t-il. Si l’eau s’infiltre difficilement dans la cuvette en deux ou trois reprises, y compris après 15 à 20 min d’attente (ce qui peut être le cas en présence d’un sol argileux), l’agent devra sortir la binette pour casser les croûtes de battance. Le problème persiste ? Un carottage permettra de vérifier l’asphyxie, signe notamment d’une fosse de plantation mal conçue. A ce sujet, Laurent Chatelain n’est pas vraiment convaincu du mélange terre-pierre. “A l’origine, le mélange terre-pierre était préconisé pour que les abords des arbres puissent supporter le passage des véhicules. Aujourd’hui, en incorporant un mélange terre-pierre un peu partout, on ajoute une contrainte supplémentaire à l’arbre urbain qui déjà doit en subir beaucoup. En cas de mauvais mélange (proportion, calibre des pierres…), ce qui est souvent le cas, des poches d’air se forment et le substrat devient trop drainant. L’arrosage devient compliqué. Ou, dans le cas inverse, le mélange devient trop compact et conduit à une asphyxie racinaire”.
Concernant les fréquences d’arrosage, les pépiniéristes recommandent entre 6 et 8 interventions par an. L’objectif est de forcer les racines à chercher l’eau en profondeur afin d’assurer un bon ancrage du sujet planté. Des arrosages en petite quantité et assez fréquents ne font que favoriser le développement des radicelles en surface.
Pour ajuster les quantités et les périodes d’arrosage, les tensiomètres et les dispositifs basés sur la colorimétrie du feuillage sont de plus en plus utilisés.

Arroser le sol… et les feuilles !

En période de sécheresse, encore trop de professionnels oublient d’arroser le feuillage des persistants. “Le bassinage matinal des arbres, jusqu’à ce que l’eau coule sur les feuilles, est essentiel à chaque arrosage. En effet, l’hygrométrie créée va permettre de diminuer l’évapotranspiration des feuilles. Par expérience, le bassinage augmente les chances de reprise de l’arbre de plus de 50 %” indique le directeur des Pépinières Chatelain. Surtout, ne pas attendre que les feuilles flétrissent pour arroser et bassiner, car il est déjà trop tard. “Au-dessus d’un certain seuil de sécheresse, l’arbre atteint un stress total, au point qu’il n’a plus la capacité, même après un arrosage copieux, de retrouver son état initial. C’est pourquoi, il est nécessaire d’arroser avant ce seuil critique et de respecter les fréquences d’arrosage” ajoute-t-il.
L’arrosage des arbres est une intervention essentielle, si ce n’est la principale, pour assurer la pérennité des ouvrages paysagers, contribuant ainsi, par leur abondance végétale, à rafraîchir l’air ambiant. Arroser n’est donc pas un acte dénué de sens, mais une opération nécessaire pour le climat de demain.

Tailler, planter, arroser !

Avant la plantation surtout en motte, une taille est indispensable. L’objectif n’est pas de réaliser une taille comme on le ferait en pépinières, mais d’effectuer une taille de formation, un habillage. Bref, rendre l’arbre propre, afin d’harmoniser le volume aérien et racinaire. Au niveau de la motte, il convient de bien dégriffer les chignons et tailler tout ce qui dépasse de trop. En pépinière, l’arrosage est supprimé (sauf en cas de grande sècheresse), avec l’objectif de rendre les végétaux plus robustes.
Attention également à bien veiller à ce que le diamètre de la motte corresponde à la force de l’arbre. Pour un arbre 20/25, un diamètre de minimum 70 à 90 cm est requis. Néanmoins, certains professionnels constatent que le diamètre de motte des arbres venus de toute l’Europe est revu à la baisse. Pourquoi ? Pour remplir au maximum les camions lors du transport !
D’où le recours à une production locale, où les arbres,
du bas jusqu’en haut, sont conformes aux attentes et aptes
à la reprise. Encore faut-il bien les arroser par la suite…

Article de Novembre-Décembre 2018, abonnez-vous

Etude d’arrosage, l’indispensable

Une étude d’arrosage donne un quantitatif de tous les équipements à installer (nombre d’arroseurs, de vannes, de programmateurs…), selon un schéma d’implantation précis. Objectifs : économiser la ressource et apporter la juste quantité d’eau de manière homogène.

Avant tout projet d’installation d’un système d’arrosage automatique, une étude préalable est nécessaire pour répondre
au plus près des besoins, gérer la ressource en eau avec efficience
et définir un ‘coût global’ optimal (consommation et maintenance),
gage d’économies pour les maîtres d’ouvrage à moyen et long termes.

L’évaluation précise d’un certain nombre de paramètres techniques (débit, pression dynamique, couverture pluviométrique, connaissance des surfaces et des végétaux à arroser, dimensionnement des installations, qualité agronomique des sols…) conditionne la réussite d’un système d’arrosage automatique. Car l’installation d’une série d’asperseurs ou de lignes de goutte-à-goutte ne s’improvise pas sans un minimum de connaissances requises, à corréler entre elles. “Imaginez à Strasbourg un sol de nature identique à celui observé à Perpignan. Connaître la pédologie des sols ne suffit pas, il faut notamment recueillir des données climatiques, comme par exemple la force du vent” indique, à titre d’exemple, Laurent Mignonneau, responsable prescriptions chez Hunter industries.
C’est tout l’intérêt de réaliser une étude d’arrosage, confiée généralement à un bureau d’études spécialisé, qui recense tous les paramètres spécifiques du site à arroser (agronomiques, météorologiques, contraintes techniques et physiques…), déterminants dans la composition d’un système d’arrosage. “J’insiste sur le fait d’avoir recours à des spécialistes pour la bonne et simple raison que nous sommes indépendants des fabricants, distributeurs et installateurs. Nous sommes là pour accompagner les collectivités dans le montage des appels d’offres, pour que les entreprises répondent à des besoins précis. D’où l’intérêt d’une étude d’arrosage, qui se constitue d’un plan DCE (Dossier de Consultation des Entreprises), d’un BQ (Bordereau Quantitatif,) des différents équipements à installer par poste et un CCTP (Cahier des Clauses Techniques Particulières) qui encadre les méthodologies de mise en œuvre” indique Michael Laliot, du bureau d’études Agua.

L’étude, en détail

La réalisation d’une étude d’arrosage comporte plusieurs étapes. “Lorsqu’on me confie un projet, je commence par rédiger un avant-projet sommaire (AVP). C’est une orientation, une estimation. Par exemple, pour l’arrosage d’un parc, je peux préconiser l’usage des eaux de pluie, l’utilisation des eaux issues d’un forage… Je fournis également quelques croquis et schémas pour étayer les différentes solutions proposées à la collectivité” indique Frédéric Depalle, gérant du bureau d’études Arrogest.
Deuxième étape (PRO) : la rédaction de la partie ‘projet’, correspondant à l’étude technique en tant que telle. Elle donne un quantitatif de toutes les installations (nombre d’arroseurs, de vannes, de programmateurs…) avec un plan d’implantation précis, réalisé généralement sur Autocad. Tous les paramètres qui distinguent le site à arroser sont pris en compte : végétaux, pente, texture du sol… Cette étape s’accompagne d’un estimatif financier et généralement d’une note technique explicative.
Vient ensuite la partie DCE (Dossier de Consultation des Entreprises). “Elle contient les pièces techniques finalisées de la partie ‘projet’, avec en plus un descriptif précis des matériels et leurs conditions de mise en œuvre (CCTP). Ce document, accompagné d’un Bordereau Quantitatif (BQ) et d’un plan, constitue l’essentiel des pièces d’un dossier d’appel d’offres” indique Michael Laliot.

Exemple d’un plan d’exécution, répertoriant chaque équipement, chaque position.

Après l’étude, la mise en œuvre

Le bureau d’étude peut aussi accompagner le maître d’ouvrage dans une mission de maîtrise d’œuvre pour le suivi du chantier. En commençant par l’Assistance pour la passation des Contrats de Travaux (ACT), avec l’ouverture des plis et l’analyse des candidatures. Puis vient la Phase exécution (EXE), durant laquelle le maître d’œuvre analyse et attribue les visas sur les plans et les fiches produits. Bien souvent, les plans d’exécution correspondent à ceux de l’appel d’offres, à ceci près que des modifications peuvent être opérées lors de la préparation des travaux (découverte d’un réseau non mentionné sur les plans, présence d’un massif récemment créé, modification de projet, etc.).
Enfin, lors du chantier, le maître d’œuvre réalise la Direction de l’Exécution des Travaux (DET) : visites de terrain et vérification de la conformité des ouvrages (creusement des tranchées, mise en place des canalisations, des fourreaux, des électrovannes, des arroseurs, du sablon…
Le maître d’œuvre termine sa mission par la réception des travaux, analyse du DOE (Dossier des Ouvrages Exécutés) et des plans de récolement. C’est la phase AOR (Assistance apportée au maître de l’ouvrage lors des opérations de réception).

Une question de coût

“Un système d’arrosage bien conçu, fruit d’une étude bien menée, est plus onéreux qu’une installation ‘light’ (low cost). C’est évident” confirme Michael Laliot.
En moyenne, le coût d’une étude d’arrosage et du suivi sur le terrain représente environ 7 à 14 % du montant total du chantier (loi MOP).
Quid des économies générées à moyen et long termes ? “Les gestionnaires d’espaces verts oublient trop souvent la notion de coût global d’une installation. Certes, elle est plus onéreuse au départ, car plus complète, mais c’est un investissement judicieux pour diminuer les consommations d’eau et les frais de maintenance ultérieurs, qui eux s’avèrent réellement coûteux dans le temps” insiste le gérant d’Agua. Et de préciser : “trop souvent, il y a un manque de concertation entre les services d’achat travaux neufs et les services d’exploitation des installations (frais de fonctionnement et maintenance). Si bien que l’on a d’un côté un service qui cherche à dépenser le moins possible (achat), et de l’autre, un service qui cherche à minimiser les interventions (coût d’exploitation). Or, ce dernier hérite parfois d’une installation qui s’avère plus onéreuse en entretien. Je crois qu’il faut pour réaliser des économies, une meilleur concertation des différents services, sans oublier, bien évidemment, de réaliser une étude d’arrosage avant tout projet, qui pointe d’ailleurs tout dysfonctionnement technique ou organisationnel”.
Pour les plus sceptiques quant à l’intérêt d’une étude d’arrosage, il faut savoir qu’un système d’arrosage automatique, installé dans les règles de l’art, permet d’économiser, entre autres, 20 à 30 % d’eau, tout en assurant une répartition homogène des apports hydriques, zone par zone, m² par m². En effet, il serait inutile, tant sur le plan économique qu’écologique, d’arroser de manière uniforme un gazon alors que certaines zones sont plus sèches que d’autres ou au contraire plus humides (selon leur exposition par exemple). L’étude d’arrosage permet, entre autres, de pointer ces différences et de les intégrer dans la configuration et la programmation du système d’arrosage automatique. N’oublions pas aussi qu’une programmation mal réglée, défaillante, générant des consommations excessives en eau, représente un surcoût de 20 à 50 %… “Dès qu’on parle d’économie, de productivité, de rendement… Notre discours, pourtant technique, est écouté. Je crois aussi que les services espaces verts ne sont pas assez formés au métier de l’arrosage” avoue Michael Laliot. Alors autant céder la place aux professionnels de l’arrosage, dont les études sont la garantie d’espaces verts bien arrosés… sans ruiner les communes !

article paru dans le numéro d’Octobre 2018, abonnez-vous

Goutte par goutte, racine par racine

Le schéma d’implantation des lignes de goutteurs dépend, en partie, de la nature du substrat en place. Plus le sol est léger, plus les lignes seront resserrées ! Et plus le sol est argileux, plus les lignes seront distancées.

Correctement positionnés et dotés, dans le meilleur des cas, de goutteurs autorégulés, les systèmes de goutte-à-goutte apportent la juste quantité d’eau au plus près des racines en formant un ‘bulbe’ humide. Pas une goutte n’est perdue, sous réserve d’un bon réglage, dépendant du matériel, de la nature du sol, des végétaux en place…

Intervention indispensable pour assurer la pérennité des espaces verts, l’arrosage permet de compléter l’offre hydrique assurée par les précipitations naturelles. Parmi les solutions proposées : les systèmes de goutte-à-goutte, qui génèrent localement de faibles débits, de l’ordre de 1,6 L/m2, et assurent une diffusion homogène de l’eau, ‘goutte par goutte’, dans le substrat. Positionnés en surface ou enterrés, ces dispositifs d’arrosage se caractérisent par des tuyaux porteurs en polyéthylène basse densité (traité anti UV) et perforés (extrudés) de goutteurs plus ou moins distancés. En espaces verts, il est conseillé d’utiliser des goutteurs autorégulés, c’est-à-dire à compensation de pression, qui permettent d’obtenir un débit invariable du premier au dernier goutteur, et peu importe le niveau de pente du terrain (dans la limite technique du fabricant). Ainsi, l’arrosage est beaucoup plus efficace, en formant des ‘bulbes humides’ (bulbes d’eau) bien dimensionnés à proximité des goutteurs et donc, des racines.

Caractéristiques techniques et réglages

• ligne ou tube porteur : de dimension variable selon la configuration du site à arroser, les lignes sont ponctuées de goutteurs en série ou en dérivation. Plus le tube porteur est long, plus le débit varie, d’où l‘importance d’utiliser des goutteurs autorégulés.
Selon les produits, les lignes peuvent être disposées en surface ou enterrées (on parle de sub-irrigation). L’enfouissement des lignes permet de limiter les actes de vandalisme et d’arroser au plus près de la rhizosphère, sans irriguer les horizons superficiels et sous-jacents où se développent les adventices. Par contre, un système enterré oblige les professionnels à ne pas travailler le sol au-delà de 10 cm de profondeur ;
• débit des goutteurs : idéalement invariable d’un goutteur à un autre, et sur tout le ‘tubing’, le débit moyen est d’environ 1,6 L/h (20 L/h maximum). Soit 1,6 kg d’eau que le sol devra répartir et retenir en une heure ;
• espacement des goutteurs : les goutteurs sont généralement séparés de 30 à 50 cm. En présence d’un sol léger (exemples : terre de bruyère, sol sableux…), il est préférable d’opter pour de faibles écartements afin de couvrir l’intégralité du système racinaire et d’éviter des pertes d’eau en profondeur. Des goutteurs additionnels peuvent être ajoutés dans l’objectif d’arroser des plantes isolées ;
• écartement des lignes de goutteurs : il est compris entre 10 et 50 cm. Là encore, tout dépend de la texture et de la granulométrie du sol sur lequel se développent les plantes à arroser. Plus le substrat est léger, plus les lignes seront resserrées lors de l’implantation du système d’arrosage en goutte-à-goutte. La règle est simple : 20 cm pour les sols légers, contre 30 à 50 cm pour les sols lourds, type argileux. On réserve un écartement de 10 cm dans le cas d’une surface engazonnée, de sorte à ce que chaque brin d’herbe et donc chaque système racinaire qui lui est propre soit arrosé (avec un dispositif enterré) ;
• pluviométrie : mesurée en mm d’eau/h, la pluviométrie correspond à la quantité d’eau apportée (Q). Son calcul est le suivant :
Exemple :
– Débit des goutteurs : 1,6 L/h ;
– Espacement des goutteurs : 3 m ;
– Ecartement des lignes : 0,5 m.
Q (en mm/h) = (débit goutteur) / (espacement des goutteurs x écartement des goutteurs) = 1,6 / (3 x 0,5) = 1,06 mm/h.
Soustraite aux hauteurs d’eau des précipitations, cette valeur est ensuite corrélée à l’ETP/ETR pour déterminer les temps d’arrosage. Avec une ETP évaluée à 3 mm/h par exemple, le temps d’arrosage est de : 3/1,06 = 2,83. Il convient donc, dans ce cas présent, d’arroser pendant une durée programmée de 3 heures.
A noter : en présence d’un sol à dominante argileuse, des apports d’eau irrationnels, aussi bien en durée qu’en fréquence, auront tendance à créer des petits chemins dans le substrat, autrement dit des zones de ruissellement d’où percolera plus facilement l’eau en profondeur, le tout, sans avoir été en contact avec les racines des végétaux à arroser.

Points de vigilance

• colmatage : pour limiter le colmatage, la qualité de l’eau est essentielle. “On conseille même de réaliser une analyse avant toute intervention d’arrosage en goutte-à-goutte. Pas d’eau contenant un taux important de fer. La dureté de l’eau est aussi à vérifier, au risque de colmater les orifices par des dépôts calcaires” indique Christophe Derbez, responsable marketing chez Netafim. Des systèmes de filtration (130 µm minimum) existent et peuvent être disposés au début du réseau. Des goutteurs plats avec des membranes internes ‘autonettoyantes’ sont à privilégier.
En cas de colmatage, le débit peut varier de 30 à 40 % par goutteur !
• perforation du tube porteur : les professionnels sont parfois confrontés à un tube percé, ne serait-ce que par vandalisme. “Pas de rustines, car rien ne colle sur du polyéthylène basse densité. Ce serait peine perdue. Au point de rupture, il faut sectionner le tube et le manchonner avec un tube spécifique, que seul le fabricant/distributeur est capable de fournir” explique-t-il.
• perforation volontaire : pour ajouter un goutteur, les professionnels doivent parfois percer le tube. “Il faut un porte-pièce spécifique, car chaque goutteur possède des têtes de vipère (entrée/sortie) différentes” précise-t-il. Rien ne s’improvise !

Systèmes de goutte-à-goutte en nappe : faits pour les toits !

Présentés sous la forme de rouleaux, ces dispositifs d’arrosage sont composés de deux nappes non tissées, chimiquement inertes, emprisonnant des lignes de goutteurs autorégulés, caractérisées par un écartement fixe de 40 cm. Si ces toiles ont pour objectif d’apporter une capacité de rétention en eau supplémentaire (environ 5 L/ml²), elles séparent également le système d’arrosage du substrat en place et de la surface portante. L’installation de ce système est simple et rapide. Ces dispositifs constituent une solution de choix pour irriguer des toitures végétalisées.

Article du numéro d’Août-Septembre 2018, abonnez-vous

Arroseurs : s’il fallait n’en choisir qu’un…

Assurer la réussite d’un système d’arrosage automatique et, indirectement, rentabiliser les investissements engagés, passe inévitablement par la sélection d’arroseurs escamotables à turbine de qualité, adaptés avec précision aux besoins et à la configuration du secteur à irriguer. Entre les arroseurs ½, ¾ ou 1 pouce, ceux qui génèrent une pluviométrie de 10 à 15 mm/h et fonctionnent à des pressions variables de 2,5 à 8 bars, le(s)quel(s) choisir ? Quelles sont les références du marché ? Les géants du secteur présentent leurs modèles phares en espaces verts, autrement dit les indispensables pour arroser les gazons.

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Juin-Juillet 2018, abonnez-vous