Archives de catégorie : Gestion de l’eau

Arrosage des jeunes arbres : les conseils des pépiniéristes

Confectionner une cuvette à la base de l’arbre, dont le diamètre est supérieur au diamètre de la motte, et la remplir à refus à chaque opération d’arrosage, comble les déficits hydriques constatés après la plantation.

Le bilan de l’été 2018 confirme les inquiétudes : des jeunes arbres n’ont pas survécu, faute d’un arrosage efficient. D’autres, pourtant plus âgés, ne passeront pas l’hiver. Autant dire, des plantations et donc des investissements perdus pour les collectivités. Comment assurer la reprise des plantations ? Quelles méthodes d’arrosage sont à prioriser ? Comment rendre l’arbre autonome sur le plan hydrique ? Des pépiniéristes expérimentés donnent de précieux conseils.

A la plantation, en raison d’une exploration racinaire réduite et d’un transfert hydrique très limité depuis les bords de la fosse, l’arbre est entièrement dépendant des apports en eau dans la motte. Il pleut et les températures sont clémentes ? Parfait. Cependant, les relevés météorologiques de ces dernières années (2018 est un très bon exemple) sont loin de cet idéal : le mercure monte en flèche dès le printemps jusqu’à l’automne, et les précipitations se font de plus en plus rares, si bien que les plantations, récentes voire plus anciennes, sont mises à rude épreuve. Résultat, de nombreux arbres ne survivent pas, notamment ceux plantés trop tard, avec un système racinaire restreint.
Aujourd’hui, un arbre planté ne peut donc s’affranchir d’un plan d’arrosage parfaitement maîtrisé, apportant la juste quantité d’eau au bon moment et surtout, au bon endroit. Conscients des prérogatives des professionnels, pas toujours disponibles pour arroser, les pépiniéristes vulgarisent justement une méthode simple, efficace et rationnelle sur les plans financier et humain pour qu’un arbre devienne autonome en eau dès la troisième année de plantation et survive plus tard aux épisodes de sécheresse récurrents.

La méthode de la ‘cuvette’

“Il y a beaucoup de méthodes d’arrosage, mais la confection d’une cuvette au pied de l’arbre est la meilleure qui soit… Et la plus pratique” affirme Laurent Chatelain, directeur des pépinières éponymes. “Par contre, il faut éviter les cuvettes sous les grilles d’arbres en zones urbaines, l’eau risquerait de stagner. Pas de drains non plus ! N’oublions pas que nous proposons du végétal, du vert, de la vie, donc le plastique est à éviter dans le paysage”. Marc Koehler, ingénieur commercial et horticole au sein des Pépinières Guillot Bourne II, partage le même avis. “Non seulement le plastique est à proscrire, mais les drains, déployés autour de la motte à la plantation, n’apportent pas l’eau à l’intérieur de la motte, là où les racines sont logées” précise-t-il. Les drains empêchent aussi certaines racines de sortir hors de la motte. D’où la confection d’une cuvette sans drain, dont le diamètre est supérieur à celui de la motte (10 à 20 cm de plus). Hauteur de la cuvette : environ 20 cm. Durée de vie de la cuvette : 6 mois à 2 ans (pour peu qu’elle soit entretenue).
Que dire des systèmes goutte-à-goutte, ceinturant le sommet de la motte ? “En présence d’un sol drainant, ce système aura tendance à ‘biberonner’ les racines, sans faire pénétrer l’eau à l’intérieur de la motte. Seules les racines les plus près du tronc seront arrosées. Du coup, on aura des arbres ‘poireaux’ sans racines d’ancrage, sensibles à la moindre tempête” explique Marc Koehler.

Volumes d’eau à apporter

Prenons l’exemple d’un arbre de force 20/25, peu importe l’essence dont il est question. Les quantités apportées (eau de forage ou de récupération dans l’idéal) doivent être progressives :
• Année 1 : 50 à 100 L d’eau/arbre/arrosage, en privilégiant l’humidification de la motte ;
• Année 2 : 125 à 175 L d’eau/arbre/arrosage ;
• Année 3 : 150 à 200 L d’eau/arbre/arrosage, en privilégiant la périphérie de la motte car les racines sont supposées se développées au-delà.
“Ces quantités ne doivent pas être systématiques. Tout dépend de la nature du sol (sable, argile…), du climat (zone venteuse, en pente)…” indique Marc Koehler, qui insiste aussi sur la qualité du premier arrosage, juste après la plantation. “Il faut bien plomber le sol, de sorte à ce que les particules de terre collent à la motte. Cela évite aussi la formation de trous d’air” conseille-t-il. Si l’eau s’infiltre difficilement dans la cuvette en deux ou trois reprises, y compris après 15 à 20 min d’attente (ce qui peut être le cas en présence d’un sol argileux), l’agent devra sortir la binette pour casser les croûtes de battance. Le problème persiste ? Un carottage permettra de vérifier l’asphyxie, signe notamment d’une fosse de plantation mal conçue. A ce sujet, Laurent Chatelain n’est pas vraiment convaincu du mélange terre-pierre. “A l’origine, le mélange terre-pierre était préconisé pour que les abords des arbres puissent supporter le passage des véhicules. Aujourd’hui, en incorporant un mélange terre-pierre un peu partout, on ajoute une contrainte supplémentaire à l’arbre urbain qui déjà doit en subir beaucoup. En cas de mauvais mélange (proportion, calibre des pierres…), ce qui est souvent le cas, des poches d’air se forment et le substrat devient trop drainant. L’arrosage devient compliqué. Ou, dans le cas inverse, le mélange devient trop compact et conduit à une asphyxie racinaire”.
Concernant les fréquences d’arrosage, les pépiniéristes recommandent entre 6 et 8 interventions par an. L’objectif est de forcer les racines à chercher l’eau en profondeur afin d’assurer un bon ancrage du sujet planté. Des arrosages en petite quantité et assez fréquents ne font que favoriser le développement des radicelles en surface.
Pour ajuster les quantités et les périodes d’arrosage, les tensiomètres et les dispositifs basés sur la colorimétrie du feuillage sont de plus en plus utilisés.

Arroser le sol… et les feuilles !

En période de sécheresse, encore trop de professionnels oublient d’arroser le feuillage des persistants. “Le bassinage matinal des arbres, jusqu’à ce que l’eau coule sur les feuilles, est essentiel à chaque arrosage. En effet, l’hygrométrie créée va permettre de diminuer l’évapotranspiration des feuilles. Par expérience, le bassinage augmente les chances de reprise de l’arbre de plus de 50 %” indique le directeur des Pépinières Chatelain. Surtout, ne pas attendre que les feuilles flétrissent pour arroser et bassiner, car il est déjà trop tard. “Au-dessus d’un certain seuil de sécheresse, l’arbre atteint un stress total, au point qu’il n’a plus la capacité, même après un arrosage copieux, de retrouver son état initial. C’est pourquoi, il est nécessaire d’arroser avant ce seuil critique et de respecter les fréquences d’arrosage” ajoute-t-il.
L’arrosage des arbres est une intervention essentielle, si ce n’est la principale, pour assurer la pérennité des ouvrages paysagers, contribuant ainsi, par leur abondance végétale, à rafraîchir l’air ambiant. Arroser n’est donc pas un acte dénué de sens, mais une opération nécessaire pour le climat de demain.

Tailler, planter, arroser !

Avant la plantation surtout en motte, une taille est indispensable. L’objectif n’est pas de réaliser une taille comme on le ferait en pépinières, mais d’effectuer une taille de formation, un habillage. Bref, rendre l’arbre propre, afin d’harmoniser le volume aérien et racinaire. Au niveau de la motte, il convient de bien dégriffer les chignons et tailler tout ce qui dépasse de trop. En pépinière, l’arrosage est supprimé (sauf en cas de grande sècheresse), avec l’objectif de rendre les végétaux plus robustes.
Attention également à bien veiller à ce que le diamètre de la motte corresponde à la force de l’arbre. Pour un arbre 20/25, un diamètre de minimum 70 à 90 cm est requis. Néanmoins, certains professionnels constatent que le diamètre de motte des arbres venus de toute l’Europe est revu à la baisse. Pourquoi ? Pour remplir au maximum les camions lors du transport !
D’où le recours à une production locale, où les arbres,
du bas jusqu’en haut, sont conformes aux attentes et aptes
à la reprise. Encore faut-il bien les arroser par la suite…

Article de Novembre-Décembre 2018, abonnez-vous

Etude d’arrosage, l’indispensable

Une étude d’arrosage donne un quantitatif de tous les équipements à installer (nombre d’arroseurs, de vannes, de programmateurs…), selon un schéma d’implantation précis. Objectifs : économiser la ressource et apporter la juste quantité d’eau de manière homogène.

Avant tout projet d’installation d’un système d’arrosage automatique, une étude préalable est nécessaire pour répondre
au plus près des besoins, gérer la ressource en eau avec efficience
et définir un ‘coût global’ optimal (consommation et maintenance),
gage d’économies pour les maîtres d’ouvrage à moyen et long termes.

L’évaluation précise d’un certain nombre de paramètres techniques (débit, pression dynamique, couverture pluviométrique, connaissance des surfaces et des végétaux à arroser, dimensionnement des installations, qualité agronomique des sols…) conditionne la réussite d’un système d’arrosage automatique. Car l’installation d’une série d’asperseurs ou de lignes de goutte-à-goutte ne s’improvise pas sans un minimum de connaissances requises, à corréler entre elles. “Imaginez à Strasbourg un sol de nature identique à celui observé à Perpignan. Connaître la pédologie des sols ne suffit pas, il faut notamment recueillir des données climatiques, comme par exemple la force du vent” indique, à titre d’exemple, Laurent Mignonneau, responsable prescriptions chez Hunter industries.
C’est tout l’intérêt de réaliser une étude d’arrosage, confiée généralement à un bureau d’études spécialisé, qui recense tous les paramètres spécifiques du site à arroser (agronomiques, météorologiques, contraintes techniques et physiques…), déterminants dans la composition d’un système d’arrosage. “J’insiste sur le fait d’avoir recours à des spécialistes pour la bonne et simple raison que nous sommes indépendants des fabricants, distributeurs et installateurs. Nous sommes là pour accompagner les collectivités dans le montage des appels d’offres, pour que les entreprises répondent à des besoins précis. D’où l’intérêt d’une étude d’arrosage, qui se constitue d’un plan DCE (Dossier de Consultation des Entreprises), d’un BQ (Bordereau Quantitatif,) des différents équipements à installer par poste et un CCTP (Cahier des Clauses Techniques Particulières) qui encadre les méthodologies de mise en œuvre” indique Michael Laliot, du bureau d’études Agua.

L’étude, en détail

La réalisation d’une étude d’arrosage comporte plusieurs étapes. “Lorsqu’on me confie un projet, je commence par rédiger un avant-projet sommaire (AVP). C’est une orientation, une estimation. Par exemple, pour l’arrosage d’un parc, je peux préconiser l’usage des eaux de pluie, l’utilisation des eaux issues d’un forage… Je fournis également quelques croquis et schémas pour étayer les différentes solutions proposées à la collectivité” indique Frédéric Depalle, gérant du bureau d’études Arrogest.
Deuxième étape (PRO) : la rédaction de la partie ‘projet’, correspondant à l’étude technique en tant que telle. Elle donne un quantitatif de toutes les installations (nombre d’arroseurs, de vannes, de programmateurs…) avec un plan d’implantation précis, réalisé généralement sur Autocad. Tous les paramètres qui distinguent le site à arroser sont pris en compte : végétaux, pente, texture du sol… Cette étape s’accompagne d’un estimatif financier et généralement d’une note technique explicative.
Vient ensuite la partie DCE (Dossier de Consultation des Entreprises). “Elle contient les pièces techniques finalisées de la partie ‘projet’, avec en plus un descriptif précis des matériels et leurs conditions de mise en œuvre (CCTP). Ce document, accompagné d’un Bordereau Quantitatif (BQ) et d’un plan, constitue l’essentiel des pièces d’un dossier d’appel d’offres” indique Michael Laliot.

Exemple d’un plan d’exécution, répertoriant chaque équipement, chaque position.

Après l’étude, la mise en œuvre

Le bureau d’étude peut aussi accompagner le maître d’ouvrage dans une mission de maîtrise d’œuvre pour le suivi du chantier. En commençant par l’Assistance pour la passation des Contrats de Travaux (ACT), avec l’ouverture des plis et l’analyse des candidatures. Puis vient la Phase exécution (EXE), durant laquelle le maître d’œuvre analyse et attribue les visas sur les plans et les fiches produits. Bien souvent, les plans d’exécution correspondent à ceux de l’appel d’offres, à ceci près que des modifications peuvent être opérées lors de la préparation des travaux (découverte d’un réseau non mentionné sur les plans, présence d’un massif récemment créé, modification de projet, etc.).
Enfin, lors du chantier, le maître d’œuvre réalise la Direction de l’Exécution des Travaux (DET) : visites de terrain et vérification de la conformité des ouvrages (creusement des tranchées, mise en place des canalisations, des fourreaux, des électrovannes, des arroseurs, du sablon…
Le maître d’œuvre termine sa mission par la réception des travaux, analyse du DOE (Dossier des Ouvrages Exécutés) et des plans de récolement. C’est la phase AOR (Assistance apportée au maître de l’ouvrage lors des opérations de réception).

Une question de coût

“Un système d’arrosage bien conçu, fruit d’une étude bien menée, est plus onéreux qu’une installation ‘light’ (low cost). C’est évident” confirme Michael Laliot.
En moyenne, le coût d’une étude d’arrosage et du suivi sur le terrain représente environ 7 à 14 % du montant total du chantier (loi MOP).
Quid des économies générées à moyen et long termes ? “Les gestionnaires d’espaces verts oublient trop souvent la notion de coût global d’une installation. Certes, elle est plus onéreuse au départ, car plus complète, mais c’est un investissement judicieux pour diminuer les consommations d’eau et les frais de maintenance ultérieurs, qui eux s’avèrent réellement coûteux dans le temps” insiste le gérant d’Agua. Et de préciser : “trop souvent, il y a un manque de concertation entre les services d’achat travaux neufs et les services d’exploitation des installations (frais de fonctionnement et maintenance). Si bien que l’on a d’un côté un service qui cherche à dépenser le moins possible (achat), et de l’autre, un service qui cherche à minimiser les interventions (coût d’exploitation). Or, ce dernier hérite parfois d’une installation qui s’avère plus onéreuse en entretien. Je crois qu’il faut pour réaliser des économies, une meilleur concertation des différents services, sans oublier, bien évidemment, de réaliser une étude d’arrosage avant tout projet, qui pointe d’ailleurs tout dysfonctionnement technique ou organisationnel”.
Pour les plus sceptiques quant à l’intérêt d’une étude d’arrosage, il faut savoir qu’un système d’arrosage automatique, installé dans les règles de l’art, permet d’économiser, entre autres, 20 à 30 % d’eau, tout en assurant une répartition homogène des apports hydriques, zone par zone, m² par m². En effet, il serait inutile, tant sur le plan économique qu’écologique, d’arroser de manière uniforme un gazon alors que certaines zones sont plus sèches que d’autres ou au contraire plus humides (selon leur exposition par exemple). L’étude d’arrosage permet, entre autres, de pointer ces différences et de les intégrer dans la configuration et la programmation du système d’arrosage automatique. N’oublions pas aussi qu’une programmation mal réglée, défaillante, générant des consommations excessives en eau, représente un surcoût de 20 à 50 %… “Dès qu’on parle d’économie, de productivité, de rendement… Notre discours, pourtant technique, est écouté. Je crois aussi que les services espaces verts ne sont pas assez formés au métier de l’arrosage” avoue Michael Laliot. Alors autant céder la place aux professionnels de l’arrosage, dont les études sont la garantie d’espaces verts bien arrosés… sans ruiner les communes !

article paru dans le numéro d’Octobre 2018, abonnez-vous

Goutte par goutte, racine par racine

Le schéma d’implantation des lignes de goutteurs dépend, en partie, de la nature du substrat en place. Plus le sol est léger, plus les lignes seront resserrées ! Et plus le sol est argileux, plus les lignes seront distancées.

Correctement positionnés et dotés, dans le meilleur des cas, de goutteurs autorégulés, les systèmes de goutte-à-goutte apportent la juste quantité d’eau au plus près des racines en formant un ‘bulbe’ humide. Pas une goutte n’est perdue, sous réserve d’un bon réglage, dépendant du matériel, de la nature du sol, des végétaux en place…

Intervention indispensable pour assurer la pérennité des espaces verts, l’arrosage permet de compléter l’offre hydrique assurée par les précipitations naturelles. Parmi les solutions proposées : les systèmes de goutte-à-goutte, qui génèrent localement de faibles débits, de l’ordre de 1,6 L/m2, et assurent une diffusion homogène de l’eau, ‘goutte par goutte’, dans le substrat. Positionnés en surface ou enterrés, ces dispositifs d’arrosage se caractérisent par des tuyaux porteurs en polyéthylène basse densité (traité anti UV) et perforés (extrudés) de goutteurs plus ou moins distancés. En espaces verts, il est conseillé d’utiliser des goutteurs autorégulés, c’est-à-dire à compensation de pression, qui permettent d’obtenir un débit invariable du premier au dernier goutteur, et peu importe le niveau de pente du terrain (dans la limite technique du fabricant). Ainsi, l’arrosage est beaucoup plus efficace, en formant des ‘bulbes humides’ (bulbes d’eau) bien dimensionnés à proximité des goutteurs et donc, des racines.

Caractéristiques techniques et réglages

• ligne ou tube porteur : de dimension variable selon la configuration du site à arroser, les lignes sont ponctuées de goutteurs en série ou en dérivation. Plus le tube porteur est long, plus le débit varie, d’où l‘importance d’utiliser des goutteurs autorégulés.
Selon les produits, les lignes peuvent être disposées en surface ou enterrées (on parle de sub-irrigation). L’enfouissement des lignes permet de limiter les actes de vandalisme et d’arroser au plus près de la rhizosphère, sans irriguer les horizons superficiels et sous-jacents où se développent les adventices. Par contre, un système enterré oblige les professionnels à ne pas travailler le sol au-delà de 10 cm de profondeur ;
• débit des goutteurs : idéalement invariable d’un goutteur à un autre, et sur tout le ‘tubing’, le débit moyen est d’environ 1,6 L/h (20 L/h maximum). Soit 1,6 kg d’eau que le sol devra répartir et retenir en une heure ;
• espacement des goutteurs : les goutteurs sont généralement séparés de 30 à 50 cm. En présence d’un sol léger (exemples : terre de bruyère, sol sableux…), il est préférable d’opter pour de faibles écartements afin de couvrir l’intégralité du système racinaire et d’éviter des pertes d’eau en profondeur. Des goutteurs additionnels peuvent être ajoutés dans l’objectif d’arroser des plantes isolées ;
• écartement des lignes de goutteurs : il est compris entre 10 et 50 cm. Là encore, tout dépend de la texture et de la granulométrie du sol sur lequel se développent les plantes à arroser. Plus le substrat est léger, plus les lignes seront resserrées lors de l’implantation du système d’arrosage en goutte-à-goutte. La règle est simple : 20 cm pour les sols légers, contre 30 à 50 cm pour les sols lourds, type argileux. On réserve un écartement de 10 cm dans le cas d’une surface engazonnée, de sorte à ce que chaque brin d’herbe et donc chaque système racinaire qui lui est propre soit arrosé (avec un dispositif enterré) ;
• pluviométrie : mesurée en mm d’eau/h, la pluviométrie correspond à la quantité d’eau apportée (Q). Son calcul est le suivant :
Exemple :
– Débit des goutteurs : 1,6 L/h ;
– Espacement des goutteurs : 3 m ;
– Ecartement des lignes : 0,5 m.
Q (en mm/h) = (débit goutteur) / (espacement des goutteurs x écartement des goutteurs) = 1,6 / (3 x 0,5) = 1,06 mm/h.
Soustraite aux hauteurs d’eau des précipitations, cette valeur est ensuite corrélée à l’ETP/ETR pour déterminer les temps d’arrosage. Avec une ETP évaluée à 3 mm/h par exemple, le temps d’arrosage est de : 3/1,06 = 2,83. Il convient donc, dans ce cas présent, d’arroser pendant une durée programmée de 3 heures.
A noter : en présence d’un sol à dominante argileuse, des apports d’eau irrationnels, aussi bien en durée qu’en fréquence, auront tendance à créer des petits chemins dans le substrat, autrement dit des zones de ruissellement d’où percolera plus facilement l’eau en profondeur, le tout, sans avoir été en contact avec les racines des végétaux à arroser.

Points de vigilance

• colmatage : pour limiter le colmatage, la qualité de l’eau est essentielle. “On conseille même de réaliser une analyse avant toute intervention d’arrosage en goutte-à-goutte. Pas d’eau contenant un taux important de fer. La dureté de l’eau est aussi à vérifier, au risque de colmater les orifices par des dépôts calcaires” indique Christophe Derbez, responsable marketing chez Netafim. Des systèmes de filtration (130 µm minimum) existent et peuvent être disposés au début du réseau. Des goutteurs plats avec des membranes internes ‘autonettoyantes’ sont à privilégier.
En cas de colmatage, le débit peut varier de 30 à 40 % par goutteur !
• perforation du tube porteur : les professionnels sont parfois confrontés à un tube percé, ne serait-ce que par vandalisme. “Pas de rustines, car rien ne colle sur du polyéthylène basse densité. Ce serait peine perdue. Au point de rupture, il faut sectionner le tube et le manchonner avec un tube spécifique, que seul le fabricant/distributeur est capable de fournir” explique-t-il.
• perforation volontaire : pour ajouter un goutteur, les professionnels doivent parfois percer le tube. “Il faut un porte-pièce spécifique, car chaque goutteur possède des têtes de vipère (entrée/sortie) différentes” précise-t-il. Rien ne s’improvise !

Systèmes de goutte-à-goutte en nappe : faits pour les toits !

Présentés sous la forme de rouleaux, ces dispositifs d’arrosage sont composés de deux nappes non tissées, chimiquement inertes, emprisonnant des lignes de goutteurs autorégulés, caractérisées par un écartement fixe de 40 cm. Si ces toiles ont pour objectif d’apporter une capacité de rétention en eau supplémentaire (environ 5 L/ml²), elles séparent également le système d’arrosage du substrat en place et de la surface portante. L’installation de ce système est simple et rapide. Ces dispositifs constituent une solution de choix pour irriguer des toitures végétalisées.

Article du numéro d’Août-Septembre 2018, abonnez-vous

Arroseurs : s’il fallait n’en choisir qu’un…

Assurer la réussite d’un système d’arrosage automatique et, indirectement, rentabiliser les investissements engagés, passe inévitablement par la sélection d’arroseurs escamotables à turbine de qualité, adaptés avec précision aux besoins et à la configuration du secteur à irriguer. Entre les arroseurs ½, ¾ ou 1 pouce, ceux qui génèrent une pluviométrie de 10 à 15 mm/h et fonctionnent à des pressions variables de 2,5 à 8 bars, le(s)quel(s) choisir ? Quelles sont les références du marché ? Les géants du secteur présentent leurs modèles phares en espaces verts, autrement dit les indispensables pour arroser les gazons.

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Juin-Juillet 2018, abonnez-vous

I-25 d’Hunter : un arroseur fait pour les collectivités

L’arroseur I-25 offre une portée d’arrosage moyenne, de 11,9 à 21,6 m, ce qui fait que ce modèle peut être utilisé dans une grande variété d’applications et d’environnements. De conception compacte et durable, il est proposé en option avec un piston en acier inoxydable, pour une résistance extrême. En outre, l’I-25 dispose d’options d’identification des eaux usées. Un clapet anti-vidange standard est intégré, tandis qu’un large éventail de buses hautes performances est disponible. Réglage du secteur : 50 à 360 °. Efficace, robuste et construit pour durer, l’arroseur I-25 de Hunter est le partenaire idéal des collectivités !

www.hunterindustries.com

Arrosage : les bons raccords !

 

Equipements indispensables pour assembler des canalisations PE, les raccords sont l’assurance de la qualité des systèmes d’arrosage souterrains. Souvent mécaniques, électrosoudables, parfois encliquetables, ces pièces maîtresses couvrent une très large gamme de diamètres et de formes : tés, coudes à 45°, à 90°, raccords taraudés ou filetés, bouchons de fin de ligne… Différents modèles sont faciles d’installation et largement prisés des professionnels.

De 20 à 900 mm, les raccords électrosoudables sont destinés à l’assemblage de tubes en pression de moyens et gros diamètres.

Si les équipements de surface, que sont les arroseurs escamotables, les goutteurs ou bien encore les bubblers, sont des paramètres déterminants pour assurer un arrosage efficient, ceux que l’on ne voit pas, c’est-à-dire l’intégralité des parties enterrées des systèmes d’arrosage, sont tout autant importants. Sans eux, pas d’acheminement de l’eau sous pression.
Connecté à deux tubes/canalisations généralement en PE (normés NF EN 12201), un raccord se caractérise par un corps en polypropylène, un écrou de même composition, une bague de crampage en acétal (plastique) pour le serrage et des joints toriques NBR ou EPDM, qui possèdent une bonne résistance au gonflement. En forme de té, de coude, de manchon… ils répondent à la norme ISO 14 236, qui spécifie les propriétés requises et les méthodes d’essai des raccords mécaniques destinés à l’assemblage des tubes en polyéthylène, de diamètres extérieurs nominaux inférieurs ou égaux à 160 mm, utilisés dans les systèmes de distribution d’eau à des températures inférieures ou égales à 40 °C. La Pression Nominale (PN) des raccords mécaniques spécifiés correspond au moins à la PN du système pour lequel ils sont conçus et est généralement égale à PN 6 (bars), PN 10 ou PN 16.

Les selles de branchement avec prise d’essai permettent d’économiser des soudures (moins de tés, de manchons) et de réaliser des tests de soudure en pression avant de percer et de réaliser la dérivation.

Les raccords mécaniques à compression

Difficile de faire mieux pour les réseaux d’arrosage, à l’instar de la gamme Série 7 de la société Plasson, fabricant leader dans l’univers des raccords. Généralement, les diamètres extérieurs sont compris entre 20 et 160 mm, 63 mm étant un maximum pour un réseau d’arrosage conventionnel en espaces verts. Spécificité du fabricant : l’étanchéité est dissociée du serrage. “Lorsque l’on insert des tubes, par exemple de 63 mm dans un raccord de 63 mm (les diamètres ‘tube-raccord’ doivent être équivalents), le système est automatiquement étanche. Le serrage n’intervient que pour éviter les déplacements latéraux des canalisations et dérivations. En termes de fiabilité, il n’y a pas mieux. C’est notre force” indique Corinne Collas, directrice technique de Plasson France. Par ailleurs, l’assemblage ‘tube-raccord’ se réalise sans démontage du raccord, avec un système de crampage, d’auto-butée et de grandes longueurs d’emboîtement, ce qui garantit la qualité des systèmes souterrains.

Les raccords mécaniques PE à compression possèdent une étanchéité dissociée du serrage. L’assemblage est donc garanti sans risque de fuite, y compris à haute pression.

Les raccords électrosoudables

Ils offrent une très large plage de diamètres, allant de 20 à 900 mm. A la différence des raccords dits mécaniques et/ou encliquetables, l’assemblage est plus complexe. Après avoir gratté, avec un outil spécifique, la surface de soudage sur chaque extrémité, éliminant ainsi entre 0,15 et 0,4 mm de matière, les tubes sont ‘désovalisés’ si nécessaire, puis sont insérés de part et d’autre d’un manchon (raccords), et stabilisés à l’aide d’un positionneur. Connecté à une machine spécifique type ‘Smartfuse®’, le manchon est reconnu automatiquement et le soudage peut commencer. De grandes longueurs d’emboiture permettent de souder davantage de surface ; la résistance mécanique est donc supérieure.
Pour réaliser des antennes de réseau, autrement dit des dérivations (mâle, taraudée, à bride…) en direction des arroseurs par exemple, il existe des pièces spécifiques, remplaçant un té et deux manchons : ce sont les selles de branchement (multi-diamètres) avec prise d’essai. “Elles permettent de réaliser deux soudures au lieu de trois” précise la directrice technique de Plasson. Et de préciser : “avec nos derniers produits, il est possible de réaliser des tests de soudure avant de percer et de réaliser la dérivation”. Des selles de réparation sont également disponibles. Autres équipements de raccordement : les colliers de prise, essentiels pour monter des bras articulés ou des cannes fixes en direction des arroseurs/tuyères. Sans oublier les vannes, à soupape droite, en quart de tour ou obliques.
Aujourd’hui, les professionnels disposent de tout un arsenal de pièces de formes pour concevoir un réseau d’arrosage enterré de qualité, parfaitement étanche et facile à mettre en œuvre.

Article du numéro de Mai 2018, abonnez-vous

Bassins et cuves : l’eau de pluie est précieuse !

Peut-on récupérer les eaux de pluie stockées dans des cuves enterrées et des bassins de rétention pour arroser des espaces verts ou remplir les cuves des laveuses ? Oui, répondent les fabricants. A condition de réaliser des ouvrages calibrés et de s’équiper d’un kit de pompage adéquat.

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro d’Avril 2018, abonnez-vous

Arrosage des arbres : objectif autonomie !

Par l’intermédiaire de sondes tensiométriques, la mesure directe des forces de succion de l’eau dans le sol s’avère la méthode la plus pertinente pour analyser avec précision les besoins en eau de l’arbre dès sa plantation. Et un arbre bien arrosé est un arbre bien enraciné ; et un arbre bien enraciné prospecte l’eau en profondeur et résiste aux aléas climatiques !

Dès le premier mois de la première année de plantation, la seule ressource en eau d’un arbre provient exclusivement de la motte. Il est donc dépendant des précipitations et de l’arrosage, essentiels pour assurer la sortie racinaire hors de la fosse. D’où l’intérêt
de surveiller l’état hydrique du sol pour piloter les apports en eau, assurer la reprise de l’arbre et sa résilience à moyen terme, tout en rationalisant les moyens humains et financiers déployés.

A la plantation, les transferts hydriques et la colonisation racinaire sont souvent réduits à cause d’un compactage excessif des bords de la fosse. Indirectement, entre la phase de débourrement, marquant la fin de l’hiver, et la sortie racinaire, l’arbre récemment planté est particulièrement dépendant des apports en eau dans la motte. Seuls des systèmes d’arrosage spécifiques, type ‘RZWS’ d’Hunter, ou tout simplement un tuyau dirigé dans une cuvette de terre (la meilleure technique d’après les experts des sociétés Hydrasol et Urbasense), permettent d’apporter des quantités d’eau plus ou moins importantes à l’ensemble de la motte, selon l’essence en question, sa force et le climat.

Confection de la cuvette

Premièrement, la durée de vie d’une cuvette est de 6 mois à 2 ans. Certaines cuvettes, en paraffine, sont très efficaces. Elles se dégradent moins vite et limitent les travaux d’exécution pour les agents des espaces verts. Concrètement, le diamètre de la cuve doit correspondre à celui de la motte. Pelle en main, les agents doivent aussi réaliser des bords de cuvette d’environ 15 cm de haut, pas plus. Sur la motte, l’épaisseur de terre ne doit pas excéder les 3 cm, au risque de favoriser la rétention de l’eau en surface, au détriment des racines de la motte sous-jacente. Dans la majorité des cas, il est également inutile d’installer des drains pour arroser, les quantités d’eau apportées humecteraient la motte trop en profondeur, et non dans son ensemble. Enfin, les apports d’eau doivent être fractionnés afin de limiter les pertes (environ 5 à 7 interventions/an).

Pour que les jeunes arbres s’épanouissent, ils doivent
recevoir un arrosage adéquat et un échange d’oxygène régulier à tous les niveaux de la zone racinaire. Cela
encourage les racines à pousser en profondeur
et à rester en toute sécurité dans le sol, de manière
à ce que les plantes deviennent fortes et pérennes.
Des systèmes d’arrosage (ici RZWS d’Hunter), composés d’une série de cloisons, acheminent l’eau vers l’ensemble de la zone racinaire.

Détermination de l’état hydrique

Aujourd’hui, une conduite raisonnée de l’irrigation est non seulement fondée sur des données climatiques, mais surtout sur la disponibilité en eau du sol pour les racines. La mesure directe des forces de tension de l’eau dans le sol s’avère donc la plus pertinente. C’est le principe de la tensiométrie. Sur le terrain, trois sondes tensiométriques, mesurant ainsi les forces de succion nécessaires pour extraire l’eau du sol, sont placées à trois profondeurs correspondant respectivement à la zone d’enracinement.
“On n’est plus dans une ère où l’on arrose à l’aveugle. On arrose parce qu’il y a des bonnes raisons, et uniquement des bonnes raisons ! Continuer à arroser un arbre de plus de 4 ans pour ne pas qu’il dépérisse sous la chaleur signifie que l’arrosage n’a pas été performant ou réalisé pendant la période critique des 2-3 ans après la plantation. En somme, il n’est pas assez enraciné pour aller chercher l’eau en profondeur ! Or, la filière du paysage et les villes n’ont plus les moyens financiers et humains. Il faut rationaliser les interventions. D’où l’intérêt d’analyser précisément les besoins hydriques. Ce ne doit plus être un sujet économique, mais une nécessité ! On ne se pose plus la question du tuteurage quadripode maintenant que l’arbre dans de bonnes conditions de pousse, alors pourquoi mettrions-nous en doute les analyses alors qu’elles permettent de réaliser des économies importantes par la suite (reprise assurée, arrosage maîtrisé, rationalisation des interventions…) ? Surtout que le coût de l’analyse est compris entre 20 et 50 €/arbre/an, sans compter que l’on préserve aussi la ressource en eau” détaille Mickael Fayaud, co-fondateur et gérant d’Urbasense.

Une conduite raisonnée de l’irrigation est non seulement fondée sur des données climatiques, mais surtout sur la disponibilité en eau du sol pour les racines. La mesure directe des forces de tension de l’eau dans le sol s’avère donc la plus pertinente.

Arrosage : jusqu’à 24 mois après la plantation

Les objectifs sont clairs. A la fin de la première année, le développement racinaire hors de la motte doit être significatif, alors qu’au bout de la deuxième année, le personnel des espaces verts doit simplement constater la colonisation des racines, bien que celles-ci soient actives dans une zone de 0,8 à 1 m du tronc. “Une fois la deuxième année passée, l’irrigation n’est plus nécessaire et l’arbre peut survivre même lors de fortes sècheresses” soutient Laurent Mignonneau, responsable prescriptions chez Hunter. Alors pourquoi continuer à arroser ? L’arbre est censé être autonome ! “Encore trop souvent, des gestionnaires ne savent pas si l’arbre a bien pris, du coup, ils arrosent, faute d’outils de mesure” indique Mickael Fayaud. Et quand bien même, les arbres ‘adultes’ ont des racines qui dépassent largement la fosse de plantation ; il faudrait des quantités disproportionnées d’eau (plusieurs centaines de litres/arbre) pour alimenter en eau tout le volume racinaire ! Peut-être est-il plus judicieux d’améliorer la prospection racinaire, dépendante des conditions d’arrosage pendant les premières années de plantation, pour reconstituer des réserves en eau suffisantes et durables dans les années à venir ? Car de toute évidence, un arbre bien enraciné est un arbre capable d’aller chercher l’eau en profondeur !

Le problème du changement climatique

Quand les pluies n’engorgent pas les réseaux et lessivent les sols, à défaut de s’infiltrer correctement en profondeur pour alimenter les racines, les épisodes de sécheresse prolongés et les canicules mettent à mal la végétation, y compris les arbres. A cela s’ajoutent les températures clémentes dès fin février, annonçant le débourrement de manière précoce, et les faibles précipitations automnales. Si bien qu’aujourd’hui, les professionnels doivent faire face à un nouveau questionnement : que doit-on faire en fin de saison lorsque le sol s’assèche rapidement et qu’au cours de l’hiver, la réserve en eau du sol n’est pas reconstituée ? “Si les gestionnaires pensent être à l’abri de l’arrosage en hiver, ils ont tort !” précise Mickael Fayaud. “Lorsque les températures sont clémentes, il est fort à parier que la relance de l’activité biologique engendre un début d’ETP. En février 2017, par manque d’eau, des conifères d’Île-de-France ont ainsi dû être arrosés pour assurer leur reprise au printemps et ainsi éviter les pertes”. Autre exemple, à Montpellier. D’ordinaire, à l’automne, la sève descend et l’arbre ne pompe plus d’eau. Mais en l’absence de réserve en eau suffisante, des caducs sont arrosés en hiver dans le Sud de la France, juste avant le débourrement. “Et puis, il faut se dire une chose : les pertes d’arbres engendrées par le manque d’eau, en été comme en hiver, coûtent bien plus chères que les outils de mesure” ajoute-t-il. Par conséquent, il n’y a plus à douter : il faut analyser les besoins en eau avec précision et arroser, encore et toujours, pour que les arbres soient beaux, forts et résilients !

Recommandations

Selon les recommandations du Fascicule n°35 du CCTG,
la cuvette d’arrosage doit avoir une forme torique,
et non sphérique. Après la formation de la cuvette,
l’entrepreneur en charge des travaux de plantation doit
effectuer un premier arrosage. Sauf stipulations différant
du CCTP, les quantités d’eau pour ce plombage (des apports complémentaires de terre doivent être effectués pour
compenser la disparition du foisonnement) sont les suivantes :
• 10 L par jeune plant ;
• 15 L par arbuste ;
• 40 L par arbre en racines nues jusqu’à à la force 14/16 ;
• 100 L par arbre en motte au-delà de 14/16

 

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Stations météo et pluviomètres : économies garanties !

gestion-eau
Des capteurs sont capables de détecter les pluies et les températures, évitant ainsi d’arroser lorsqu’il gèle, ce qui causerait d’importants dégâts au gazon.

Arroser tout en proposant des stratégies d’économies
de la ressource en eau est une tâche complexe, mais fondamentale : les quantités d’eau apportées artificiellement doivent combler,
à la goutte près, les précipitations naturelles. Pas une goutte
de moins, les fonctions esthétiques et climatiques des végétaux
ne seraient pas optimales ; pas une goutte de plus, car l’heure est
à la préservation des ressources. Deux équipements, plus qu’indispensables, permettent d’ajuster l’arrosage avec précision
et simplicité : les stations météo et les pluviomètres.

Sceptique sur l’intérêt de ces équipements par rapport à l’expérience et à l’intuition des hommes de terrain ? Regardons d’un peu plus près les résultats de l’étude de Cardenas-Laihacar & Dukes (parue il y a quelques années dans ‘Journal of Irrigation and Drainage Engineering’, ASCE). Ces agronomes-universitaires ont démontré que les stations météo et les pluviomètres, couplés à un système d’arrosage automatique conventionnel, permettent de réaliser, selon le contexte local (région, exposition, ensoleillement…), entre 30 et 44 % d’économies en eau ! Rien que ça. Toujours sceptique ? Non, évidemment. La société K-Rain va même plus loin pour convaincre et inciter les gestionnaires d’espaces verts à utiliser ces équipements, avérés indispensables : “ce sont des outils simples, précis et efficaces qui permettent d’économiser de l’eau, mais aussi de réduire, indirectement, l’usure des systèmes d’irrigation, de diminuer la pression des maladies, des adventices…”. En effet, en arrosant avec la plus grande précision, on ne sollicite pas les canalisations outre mesure, ni les asperseurs… Bref, on préserve le matériel. Parfaitement irrigué, le terrain est aussi moins propice à l’installation des maladies cryptogamiques ; le gazon, plus dense, laisse également moins de place aux herbes indésirables. Comme quoi, en installant ces précieux outils, tout s’enchaîne : réduction des coûts d’entretien, amélioration de la qualité du gazon, diminution des opérations de désherbage…

Par temps de pluie, tout ce qu’il faut parfois est un simple capteur capable de remplir son rôle. Avec un seuil  de sensibilité parfaitement réglé et des disques  hygroscopiques fonctionnels, les pluviomètres permettent de réaliser d’importantes économies d’eau.
Par temps de pluie, tout ce qu’il faut parfois est un simple capteur capable de remplir son rôle. Avec un seuil
de sensibilité parfaitement réglé et des disques
hygroscopiques fonctionnels, les pluviomètres permettent de réaliser d’importantes économies d’eau.

Station météo : une source de données

Un arrosage efficient implique, en partie, d’être préparé aux différentes conditions climatiques. Comment ? Avec une station météo. Et la plus performante possible…
Reliée à un système de gestion centralisé par l’intermédiaire d’un réseau filaire ou radio, une station météo mesure les conditions climatiques locales et envoie les informations aux programmateurs par ondes radio (ou par un réseau filaire). Parmi les données récoltées : l’hygrométrie, les températures locales, le vent, l’ETP (EvapoTranspiration Potentielle), représentant les pertes d’eau et donc les quantités d’eau à apporter par arrosage… “Les modèles les plus performants mesurent aussi le rayonnement solaire, détectent le gel…” ajoute Matthieu Cussy, responsable activité irrigation chez Solvert (Toro).
En présence d’une station météo, il est possible, depuis le logiciel de gestion centralisée, de paramétrer l’arrêt ou la mise en route du système d’arrosage. Par exemple, si la station météo indique ‘30 km/h de vent’ (conditions asséchantes), le système d’arrosage redémarre automatiquement, pour s’arrêter aussitôt lorsque le vent s’estompe ou atteint une valeur seuil. D’où l’intérêt de bien positionner la station météo afin de mesurer les conditions climatiques locales, et uniquement locales. “Elle doit être installée dans un milieu représentatif de l’espace irrigué” précise Laurent Mignonneau, responsable prescription chez Hunter Industries. Et la société K-Rain de préciser : “si le milieu à arroser est ombragé et protégé du vent, la station devra être installée dans les mêmes conditions. Les sols doivent aussi être similaires”.

La mesure du vent est un paramètre important  pour affiner les quantités d’eau apportées. Par exemple, si la station indique ‘30 km/h de vent’ (conditions  asséchantes), le système d’arrosage d’où elle est  connectée, redémarre automatiquement, pour s’arrêter aussitôt lorsque le vent s’estompe ou atteint  une valeur seuil prédéfinie.
La mesure du vent est un paramètre important
pour affiner les quantités d’eau apportées. Par exemple, si la station indique ‘30 km/h de vent’ (conditions
asséchantes), le système d’arrosage d’où elle est
connectée, redémarre automatiquement, pour s’arrêter aussitôt lorsque le vent s’estompe ou atteint
une valeur seuil prédéfinie.

Pluviomètres : rien de plus simple

S’il existe un dispositif capable de réaliser d’importantes économies d’eau, c’est bien le pluviomètre ! Il en existe plusieurs types : ceux qui mesurent le poids de l’eau récoltée dans un petit réceptacle, coupant le système d’arrosage dès qu’une partie s’évapore, d’autres qui utilisent des électrodes pour déterminer le niveau d’eau dans des réceptacles identiques et interrompent le système dès qu’un seuil critique est mesuré après évaporation… Dans la plupart des cas, les mesures réalisées avec ces appareils sont parfois hasardeuses, notamment en raison des débris végétaux ou des batraciens présents potentiellement dans les réceptacles, faussant ainsi les données… Mais les pluviomètres les plus utilisés et les plus performants sont ceux équipés de disques hygrométriques (généralement en liège). Leur fonctionnement est simple : les disques se gonflent proportionnellement aux quantités d’eau déversées par les pluies. Quand les épisodes pluvieux s’interrompent, les disques commencent à s’assécher progressivement et actionnement le circuit d’arrosage selon les cycles pré-programmés. “Le seuil de coupure du système d’arrosage est réglable. Un simple capteur permet d’interrompre l’arrosage” précise Matthieu Cussy.
Concernant leur installation, tout dépend du site à arroser. Prenons l’exemple d’une ligne de tramway engazonnée. “Imaginons qu’elle s’étire sur 10 kilomètres. Au kilomètre 3, des pluies locales peuvent tomber, alors qu’au kilomètre 9, il n’y a pas une goutte d’eau venant du ciel ! Cela suppose qu’il faut un pluviomètre par programmateur afin d’affiner les apports éventuels d’eau. Par contre, l’hygrométrie, les températures… peuvent être identiques d’un bout à l’autre de la ligne” indique Laurent Mignonneau. Techniquement, les pluviomètres sont connectés aux programmateurs par un réseau filaire ou ‘wireless’ (ondes hertziennes).

Les sondes météo les plus performantes, mesurant  les températures, l’ensoleillement... calculent l’ETP  et règlent les programmateurs au quotidien.
Les sondes météo les plus performantes, mesurant
les températures, l’ensoleillement… calculent l’ETP
et règlent les programmateurs au quotidien.

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Programmateurs ‘Wifi’ : l’arrosage intelligent
et facile !

wifi
Pour raccorder un programmateur, il suffit de brancher le réseau 220 volts ou le transformateur au bornier, où sont aussi raccorder les câbles des électrovannes, de 9 ou 24 volts.

Quel gestionnaire n’a jamais rêvé de contrôler des programmateurs à distance, n’importe où, n’importe quand, à l’aide d’un simple smartphone ? Aujourd’hui, les fabricants ont compris
cet engouement et proposent désormais sur le marché
des programmateurs ‘Wifi’, accessibles et contrôlables
depuis le web ou un smartphone.

En rappel, un programmateur est un organe de mémoire et de commande autonome qui déclenche à distance des électrovannes (ou des arroseurs à électrovanne incorporée) en fonction de l’heure d’arrosage choisie et du temps défini pour chaque voie. Il peut être à piles, sur secteur, relié à une gestion centralisée par radio ou, dorénavant, contrôlé par Wifi.
En plein développement, les programmateurs Wifi, grâce à leur modem intégré, permettent à tout moment et à tout instant d’accéder en temps réel aux informations d’arrosage sur le web, via une application ou un cloud, sous réserve que l’utilisateur soit dans le ‘champ’ d’une boxe internet et, plus généralement, que la commune soit intégralement couverte par un réseau Wifi. Ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle ; la Smart City a encore du progrès à faire afin d’amplifier les spots Wifi dans toutes les villes.

hunter
En présence d’un programmateur Wifi, l’utilisateur peut programmer, modifier et vérifier les paramètres d’arrosage à distance.

Intérêts

Les avantages d’un programmateur Wifi sont multiples. Tout d’abord, l’utilisateur interagit avec le programmateur quand il veut et où il veut, depuis la cabine de son tracteur ou bien encore dans les bureaux des services techniques, assis confortablement face à son bureau. A distance, il peut programmer, modifier et vérifier les paramètres d’arrosage. En parallèle, les données ‘terrain’ sont également disponibles sur le smartphone/tablette : fuites d’eau, informations en temps réel provenant des sondes connectées ou des débitmètres… Ainsi, l’utilisateur économise non seulement des temps de trajets superflus, mais aussi et surtout, de la ressource en eau et des budgets consacrés au fonctionnement de l’arrosage. Les collectivités ont donc tout à y gagner, d’autant plus qu’un programmateur traditionnel peut évoluer en programmateur Wifi en raccordant une simple ‘clé’ spécifique à cet usage.

solem
Cette année, Solem présentera le programmateur ‘Smart-Is’, fonctionnant en Bluetooth ‘et’ Wifi.

Installation

Qu’il s’agisse d’un programmateur traditionnel ou Wifi, l’installation est identique. Les étapes de mise en route et sous tension sont :
• fixation du programmateur : vissé au mur du local technique, le programmateur doit bien évidemment être accessible. En présence d’un programmateur indoor, les murs ne doivent pas être trop épais, au risque de perturber la communication internet avec les équipements d’arrosage. Le cas échéant, des amplificateurs Wifi peuvent être installés ;
• raccordement : il suffit de brancher le réseau 220 volts ou le transformateur au bornier du programmateur, où sont aussi raccorder les câbles des électrovannes, de 9 ou 24 volts. Certains modèles fonctionnent avec des piles 9 V mais sont limités en nombre de stations. En parallèle, le compteur d’eau et la sonde de pluie, coupant l’arrivée d’eau en cas d’épisodes pluvieux, sont branchés au programmateur. Les réglages météorologiques sont automatiques et modifient les durées d’arrosage au quotidien, jusqu’à générer des économies d’eau de l’ordre de 30 %, voire plus ;
• fonctionnement : lors de la mise sous tension du programmateur, une interface s’ouvre et lance la recherche des réseaux Wifi situés à proximité. Après sélection, un mot de passe permet de finaliser la connexion du programmateur au réseau, qui sera identifié par une adresse IP. A partir de là, l’utilisateur pourra contrôler l’arrosage… A condition de télécharger une application spécifique sur son smartphone ou sa tablette, ou de se diriger sur le cloud du fabricant. En principe, les programmateurs Wifi sont compatibles avec les logiciels de gestion du marché. Enfin, des services restent payants (si multiplication du nombre d’utilisateurs, augmentation du nombre de stations contrôlées…) ;
• programmation : selon les besoins de l’utilisateur, celui-ci effectue son propre paramétrage sur l’interface numérique dédiée : durée et heure d’arrosage, nombre d’électrovannes à gérer… Rien de plus simple. De quoi réaliser d’importantes économies dès la première année d’utilisation !

capteur
Smartphone ou tablette en main, l’utilisateur pourra programmer et modifier à distance, peu importe où il se trouve et quand, son ou ses programmes d’arrosage. Il recevra aussi des données ’terrain’ : alertes météo, fuites d’eau… Plus besoin de se déplacer, hormis pour les contrôles réguliers.
rain-bird
Un programmateur traditionnel peut évoluer en programmateur Wifi en raccordant un simple ‘clé’ spécifique à cet usage (ici Module Wifi LNK).