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Moustiques, une lutte nécessaire

Pour prévenir l’installation d’une population au sein d’une mare ou d’un étang, qui sont des gîtes larvaires prisés des moustiques, une bonne oxygénation de l’eau (aérateur, pompe) est nécessaire.

Pour lutter contre la prolifération des populations de moustiques, et notamment des moustiques tigres (Aedes albopictus) qui sont vecteurs de maladies et générateurs de nuisances sanitaires importantes, il est important de prévenir leur développement, en engageant différents moyens de lutte préventive, avec de plus en plus de solutions mécaniques, dans le cadre d’une lutte raisonnée. Couplée à des solutions curatives, qui peuvent agir sur tous les stades de développement du moustique (à l’exception des oeufs), cette lutte sera ainsi efficace face à une recrudescence de moustiques exacerbée par le réchauffement climatique.

Chaque été, nous sommes très nombreux à être incommodés par les nuisances des moustiques, et notamment celles des moustiques tigres qui surviennent préférentiellement le matin et le soir, mais peuvent se produire en journée. Dans certaines régions, il est impossible de rester plus de cinq minutes dans un parc en plein cœur de ville sans écoper au moins d’une dizaine de piqûres urticantes en pleine après-midi…
Au-delà de ce désagrément, les moustiques tigres posent un problème sanitaire : ils sont vecteurs de maladies et connus pour transmettre le Chikungunya, la Dengue et le virus Zika. Encore marginaux en France métropolitaine, les cas d’infection par ces maladies et virus se sont développés du fait des voyages et transports internationaux et à cause du réchauffement climatique, jusqu’à produire des transmissions de cas autochtones.
L’année passée, ce sont au total 96 départements français qui ont été placés à différents niveaux de vigilance (51 en vigilance rouge, 9 en vigilance orange) face aux risques de maladies liées aux moustiques. Une lutte efficace et optimisée, agissant sur tous les stades de développement du moustique, doit donc être mise en place par les collectivités et gestionnaires d’espaces publics. 

La prolifération d’une population de moustiques est rapide. En effet, une seule femelle peut donner naissance à 3 000 moustiques. Alors autant combiner les différents moyens de lutte à disposition, notamment face au moustique tigre, qui ne mesure que quelques millimètres.

L’expansion des moyens de lutte mécanique

Dans la logique actuelle qui tend à limiter l’apport de substance “chimiques” pour préserver l’environnement et la ressource en eau, les moyens de lutte mécanique qui n’utilisent pas de substance active, sont en pleine expansion. Entre biofilms, filtres de ponte, émetteurs d’ultrasons et pièges, chaque moyen étant adapté à un cas de figure particulier (gouttières, plans d’eau, jardins, réservoirs…), ils doivent donc généralement s’utiliser conjointement :

 les films ou les barrières anti-larves et anti-moustiques, qui forment une barrière physique invisible à la surface de l’eau, à l’image du larvicide X-Larv sélectif pour les moustiques, nouveauté 2020 développée par Zapi, et distribuée par Ensystex. “Ce moyen de lutte alternatif agit mécaniquement sans matière active. A appliquer au niveau des plans d’eau, il est constitué d’agents mouillants et d’huile végétale, et donc sans silicone, formant alors un film invisible à la surface qui modifie la ‘tension de l’eau’ : lorsque le moustique se pose pour pondre à la surface, celui-ci coule au lieu de flotter. De plus, lorsque les œufs qui se sont déposés au fond éclosent, les larves remontent à la surface pour trouver de l’oxygène : grâce à cette solution, elles ne peuvent pas ‘se fixer’ à la surface. Ce traitement peut être utilisé en préventif ou bien à partir de juin-juillet, lors de la pleine activité du moustique” explique Cécile Castagnera de Zapi. Il existe également des films à base de silicone, tels que le film liquide Dobol® Pro Aquatain AMFTM de Kwizda.Celui-ci, composé essentiellement de silicone (sans substance active), ne présente pas de risque pour la faune et la flore. En se répandant de façon uniforme à la surface des eaux stagnantes, il forme un film très fin et invisible qui agit par action mécanique en bloquant le cycle de développement du moustique, et en affectant, de ce fait, tous les stades larvaires 

•les “filtres écologiques”, pour gîtes larvaires, tels que les gouttières, avaloirs, regards ou encore pots de plantes, qui sont des lieux de ponte idéaux pour les moustiques en ville. Aedes System propose la gamme Aglostic, distribuée en France par Edialux : “le principe est d’éviter la ponte des moustiques grâce à un filtre élaboré à base de 85 % de caoutchouc recyclé (pneus usagés) qui laissent l’eau s’infiltrer et s’écouler. Aglostic Gouttière s’installe dans ces zones de prolifération des moustiques, sachant qu’en zone urbaine, une gouttière sur deux abrite des larves. Celles des bâtiments municipaux n’échappent pas à cette règle ! La mise en œuvre est facile, sans nécessiter la dépose de la gouttière, avec la découpe du produit à la scie à métaux qui est aisée. Pour Aglostic Regard, la couche de caoutchouc est prise entre deux cadres métalliques avec feuille grillagée : en plus de limiter le développement des moustiques, deux éclosions sur trois se produisant dans les avaloirs des voiries, le dispositif empêche également la pénétration des rongeurs” précise Alexandre Maury d’Edialux ;

•les dispositifs émetteurs de fréquence, à l’image du Larvasonic proposé par Edialux, dont Stéphanie Régnier nous explique le principe : “c’est un système de lutte écologique pour éliminer les larves. Un boîtier, équipé d’une sonde, envoie de façon régulière une fréquence sonore de 18 à 36 KHz, qui fait alors entrer en résonnance l’air contenu dans la vessie des larves, poche située dans leur thorax. L’énergie emmagasinée crée alors une rupture de la membrane de la vessie, des bulles d’air s’échappant et entraînant de nombreux traumatismes dans le corps de la larve, conduisant finalement à sa mort. Ce dispositif, qui peut être loué, est parfaitement adapté aux puisards ou aux citernes, par exemple”.

© Bayer. Des émulsions concentrées en phase aqueuse, telles que le Aqua K-Othrine® de Bayer, sont à appliquer en traitement spatial pour contrôler aussi bien les insectes dans les zones de refuges que ceux présents dans l’espace.

Piégeage : limiter le nombre d’adultes

Ces dernières années, des appareils de capture pour piéger les adultes, et notamment les femelles qui sont responsables des piqûres et donc de la transmission de maladies, ont été développés par les professionnels. Classiquement à base d’acide lactique, d’acides gras ou d’ammoniaque, de nouveaux dispositifs s’appuient sur la capacité du CO2 à attirer les moustiques (ainsi, lorsque l’on dort, pas besoin de lumière pour attirer les moustiques, l’odeur de notre peau et notre respiration suffisent !). 

Des bornes anti-moustiques existent à l’image du dispositif ingénieux de lutte alternative proposé par Edialux : la gamme de technologies brevetées Biogents. “Ces pièges, disponibles en différentes versions, permettent de réduire d’environ 85 % les populations dans un périmètre de 60 m. Robustes, ils sont faciles à installer dans les parcs et jardins, par exemple, et les substances attractives qu’ils contiennent (kairomones qui libèrent des odeurs humaines caractéristiques) peuvent être associées avec un kit CO2 pour en accroître l’attractivité. Le BG-Sentinel est le premier prototype de piège utilisé par les scientifiques, épidémiologistes et autorités sanitaires, pour contrôler la présence de ces insectes. Il permet de piéger tout type de moustiques. Le BG-GAT est, quant à lui, destiné spécifiquement au monitoring ou piégeage de masse des moustiques du genre Aedes, et donc du moustique tigre” souligne Stéphanie Régnier de Edialux. 

Aussi, il existe une technologie brevetée, à destination des professionnels, appelée ‘Smart-BAM’. “C’est une borne anti-moustique qui simule de façon mécanique et moléculaire la respiration humaine, afin d’attirer les femelles. Elle est intégrée à de grands boîtiers à installer dans les rues (BAM Urbaine) ou bien à un mât d’éclairage : c’est la Light-BAM. La borne comptabilise en temps réel les moustiques capturés. Ce dispositif communique à distance depuis un back-office, à l’aide d’une application iOS ou Android via les réseaux 3 G, 4 G ou 5 G. Ainsi, on observe jusqu’à 88 % de piqûres en moins dans un rayon de 25 à 60 m autour du mât, ce qui montre que le dispositif limite de façon efficace la reproduction, une femelle étant capable de pondre 200 œufs en 48 h” précise Pierre Bellagambi, co-fondateur de Qista.

Pour réduire de façon significative une population de moustiques dans un périmètre moyen de 60 m, le piège BG-Sentinel, utilisé initialement par les scientifiques, épidémiologistes et autorités sanitaires, permet de contrôler la présence de ces insectes. dans un périmètre de 60 m.

Les biocides

Aérosols, liquides concentrés, diffuseurs électriques, larvicides, les biocides sont disponibles sous des formulations diverses… L’application de ces biocides nécessite d’être détenteur d’un Certibiocide. Plusieurs produits, détenant une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché), sont à votre disposition pour éliminer larves et adultes : 

• des émulsions concentrées, en phase aqueuse, telles que le Aqua K-Othrine® de Bayer (AMM Biocide n°FR-2017-0078)*. “Ce produit anti-vectoriel agit sur le système nerveux de l’insecte et engendre sa paralysie, puis sa mort. Grâce à la deltaméthrine (dosée à 2  %), le produit est efficace à très faible dose : seulement 1 g de matière active par hectare suffit. Il utilise la technologie brevetée FFAST® qui assure la formation d’un film protecteur autour des gouttelettes pulvérisées, ce qui permet une réduction de l’évaporation et l’obtention d’une taille optimale de gouttelettes. Le temps de contact entre le moustique et le produit est ainsi augmenté pour une efficacité maximale. Aqua K-Othrine®, à usage professionnel, à nébuliser à froid ou à chaud, est approuvé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)” explique Thibaut Karoubi ;

• des larvicides microbiens sélectifs à appliquer dans les gîtes larvaires, pour une lutte ciblée, et qui s’appuient sur des bactéries. “Les bactéries, une fois ingérées par les larves, endommagent leur tube digestif et les tuent. Le larvicide Vectomax® G (certification Ecocert), utilisant la technologie BiofuseTM, est ainsi composé des bactéries Bacillus thuringiensis Israelensis (4,5 %) et Bacillus sphaericus (2,7 %), sélectives vis-à-vis de la larve et efficaces contre les moustiques tigres. Présenté sous forme de granulés dispersibles, il peut être appliqué dans une variété d’habitats, sans causer de dégâts aux poissons, à la faune et à la flore aquatique, avec une durée d’action jusqu’à 8 semaines” ajoute Stéphanie Régnier d’Edialux qui distribue le produit. La société propose également le larvicide biologique Vectobac® WG (AMM n° FR-2015-0038), à base de Bacillus thuringiensis Israelensis, recommandé par l’OMS dans le cadre d’un programme de lutte raisonnée et à appliquer également sous forme de granulés dispersibles dans les gîtes larvaires. Ces bactéries peuvent aussi être intégrées dans des solutions concentrées aqueuses (2,5  L/h), à l’image du Vectobac® 12 AS (AMM n° FR-2015-0037), où la taille réduite des particules améliore l’efficacité du traitement, en restant en suspension longtemps dans la zone cible occupée par les larves.

© Qista. Des bornes anti-moustiques, qui simulent la respiration humaine, permettent d’attirer les femelles, pour une diminution notable du nombre d’individus. Des mâts d’éclairage incluent ce dispositif pour une intégration discrète dans l’espace public.

La lutte préventive

Voici donc de quoi mener une lutte optimisée, en respectant un programme défini en préalable, mêlant les différents moyens à disposition. Dernier point : les chauves-souris et les oiseaux sont friands des moustiques  : l’installation de nichoirs et de gîtes dans la ville est également une solution durable à mettre en place !
Les environnements urbains et pÈri-urbains regorgent
de gites larvaires pour les moustiques : coupelles de pots
de fleurs, arrosoirs, pneus usagés, bâches, gouttières bouchées, réservoirs et cuves de récupération d’eaux de pluie… La prolifération des moustiques peut être limitée en prenant soin de vider régulièrement ces retenues d’eau stagnantes. Aussi, au sein des plans d’eau, une bonne oxygénation (par aérateur ou pompe) est moins propice au développement des moustiques.Malgré ces mesures, certaines zones particulièrement difficiles nécessitent des traitements à grande échelle.

Signalement du moustique tigre 

Lorsque vous pensez avoir détecté un moustique suspect dans votre commune, ressemblant à un moustique tigre (corps gris foncé strié de fines rayures blanches, taille de seulement quelques millimètres et donc plus petit que notre moustique autochtone) vous pouvez le signaler, afin de contribuer à la surveillance de son implantation :

• sur le portail dédié : www.signalement-moustique.fr

• ou en utilisant l’application mobile i-Moustique©, développée par l’EID Atlantique (disponible sur l’AppStore et sur Google play).

A savoir que les seules cartes officielles de diffusion du moustique tigre en France métropolitaine sont disponibles sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé.

* Pour des applications en intérieur par thermo-nébulisation et en extérieur par nébulisation ULV à froid, uniquement autour de cas d’arboviroses (maladies virales dues à des arthropodes, dont les moustiques).

Lutte contre
les rongeurs,

quelles nouveautés ?

Opposées aux surpopulations de rongeurs, et notamment de rats, les villes se retrouvent bien souvent dépassées par ce problème sanitaire de taille. Problème d’ailleurs relayé par les médias étrangers qui ne font pas bonne presse à nos villes françaises… La règlementation sur la mise en œuvre des produits biocides se durcissant, il est temps de faire un point sur les différents moyens de lutte à disposition.

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dans le numéro de Janvier 2020, abonnez-vous

Le pigeon des villes, risques et gestion

Pour le pigeon biset (Columba livia), nos milieux urbains sont particulièrement accueillants, lui en offrant de nombreuses possibilités de nicher et de se nourrir. Ainsi se retrouve-t-il
en densité très importante, provoquant dégâts sur les bâtiments et plaintes des habitants. Avec un comportement modifié par le milieu urbain, il s’agit alors de gérer les populations en mettant en œuvre méthodes d’éloignement et sensibilisation auprès des habitants pour, notamment, stopper le nourrissage illégal.

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dans le numéro de Novembre- Décembre 2019, abonnez-vous

Pour des plans d’eau en bonne santé !

Qu’elle soit ornementale ou sanitaire, la bonne santé des plans d’eau est primordiale pour une collectivité qui gère des pièces d’eau d’agrément, un bassin de récupération d’eaux de pluie, un plan d’eau de loisirs… Mais le développement d’algues, l’arrivée de plantes invasives ou encore l’envasement menacent bien souvent l’équilibre de ces milieux aquatiques fermés, phénomènes amplifiés par des températures de plus en plus élevées tout au long de l’année. Divers moyens, mécaniques ou biologiques, sont alors à votre disposition.

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dans le numéro d’Octobre 2019, abonnez-vous

Moustiques, une diversité de solutions

Chaque année, surtout durant l’été, le calvaire recommence : des piqûres de moustiques incessantes, et cela, même dans nos parcs et jardins en pleine ville et en plein milieu de l’après-midi. Surtout que ces piqûres sont parfois loin d’être inoffensives, à l’image de celles des moustiques tigres de plus en plus nombreux à cause de l’augmentation des températures ou encore des épisodes d’inondations. Il s’agit alors d’agir à tous les stades de développement, en combinant les moyens de lutte.

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dans le numéro d’Avril 2019, abonnez-vous

Lutte anti-moustiques : quelles solutions efficaces ?

La lutte contre les moustiques, et notamment ceux du genre Aedes, Anopheles et Culex, n’est pas à prendre à la légère : en 2018, 96 départements français étaient placés à différents niveaux de vigilance (42 en vigilance rouge, 18 en vigilance orange) et 390 millions de cas de Dengue sont déclarés chaque année dans le monde. Autant donc engager une lutte préventive, ainsi que différents moyens de lutte curative pour protéger la population de vos villes.

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dans le numéro de Mars 2019, abonnez-vous

Rats et rongeurs, quelles méthodes de lutte ?

La lutte contre les rongeurs est désormais une préoccupation majeure pour les villes, avec notamment la recrudescence du rat brun ou surmulot (Rattus norvegicus), du rat noir (Rattus rattus) et de la souris domestique (Mus musculus), tous trois organismes de lutte obligatoire sous certaines conditions. Pour faire face à ces surpopulations de rongeurs, de nombreux dispositifs de lutte sont à disposition, tout cela dans un cadre réglementaire bien défini et qui encourage, désormais, une lutte plus raisonnée.

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dans le numéro de Février 2019, abonnez-vous

Santé et environnement : les produits biocides contre les rongeurs

Avec le réchauffement climatique, les épisodes d’inondation, la multiplication des espaces verts en ville, l’accroissement des déplacements internationaux et les politiques de propreté
et d’hygiène insuffisantes, les nuisibles se multiplient et on assiste à une recrudescence des rats dans toutes les grandes villes de France. C’est d’autant plus problématique que la prolifération atteint des records : un couple de rat peut être à l’origine de 5 000 descendants par an !

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dans le numéro de Novembre-Décembre 2018, abonnez-vous